Publicité

Mettre en perspective les productions locales

21 octobre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Audrey Vas, c?est d?abord un joli minois. C?est ensuite une douce voix, modulable à souhait. Et pour finir, c?est une présence indéniable. Des qualités qu?elle a toujours su mettre à profit, tant au Couvent de Lorette de Quatre-Bornes où elle a effectué sa scolarité secondaire, que sur les courriers d?Air Mauritius où elle a travaillé comme hôtesse de l?air, qu?à Eruption Studio, boîte de productions audiovisuelles où elle agit comme coordonnatrice de studio et de production.

Si Audrey paraît aussi à l?aise devant la caméra, c?est parce qu?elle poursuivait deux rêves à l?issue de ses études. Elle voulait être comédienne ? ses prestations dans les pièces théâtrales scolaires ont été appréciées ? mais elle s?est rangée à l?avis de ses parents qui n?étaient pas convaincus qu?elle trouverait des débouchés professionnels une fois son diplôme d?art dramatique décroché. Comme Audrey était tout aussi fascinée par les avions et que les voyages l?attiraient, avant de prendre part aux examens de Higher School Certificate, elle a postulé pour être hôtesse de l?air à Air Mauritius. La première interview est tombée juste avant les examens. «Je ne faisais pas de fixation sur cet emploi. Je me suis dit que je ferai mon maximum lors de l?entretien, c?est tout. J?ai été agréablement surprise d?être recrutée du premier coup.»

Elle s?investit à fond dans le métier et au bout de sa quatrième année de service, elle est nommée chef de cabine. Ni son mariage subséquent avec Gilbert Vas, responsable de marketing et de la communication à Parabole Maurice, ni l?accouchement de leur fils, Romain, aujourd?hui âgé de 11 ans, ne la retiendront à terre. «J?étais passionnée par mon travail. C?est vrai que vu de l?extérieur, ce métier a l?air plutôt glamour et qu?on ne voit que le côté voyages et élégance du personnel navigant. Mais en réalité, c?est un travail exigeant, nécessitant une condition physique hors du commun car il faut passer des nuits blanches et rester de longues heures sur pied.»

Le côté gratifiant de l?emploi, souligne-t-elle, c?est le contact avec les passagers et la rencontre avec des gens à la culture autre que la sienne. Un peu superficiel, non ? «A priori, cela pourrait paraître superficiel mais il y a des liens d?amitié réels qui se nouent parfois. Certains de mes ex-collègues et moi avons trouvé notre bonheur lors de ces voyages.»

?J?ai rencontré mes vedettes préférées?

Grâce à Air Mauritius, Audrey a pu visiter des pays dans lesquels elle n?aurait jamais aspiré aller, observer les us et coutumes d?autres peuples et faire le tour des musées et des sites historiques. «Et puis, j?ai rencontré mes vedettes préférées à bord. Dans les années 80, j?adorais Simon Lebon du groupe Duran, Duran. Imaginez le choc que ça fait de le voir dans l?avion à converser avec les PNC le plus simplement du monde ! C?est extraordinaire. C?est ainsi que j?ai également pu bavarder avec le chanteur français Marc Lavoine et d?autres personnalités étrangères.»

Comme Audrey a la parole facile, elle est régulièrement sollicitée lors des fêtes de fin d?année du personnel d?Air Mauritius pour présenter la soirée et elle ne se fait pas prier.

C?est un ennui de santé risquant, selon son médecin, de devenir chronique qui l?a fait s?arrêter pour réfléchir sur son avenir. «Ce problème de santé a été un signe. Je me suis dit que bien que j?adore mon métier, je dois penser à ma santé et qu?il est temps que je passe à autre chose.»

C?est un peu la mort dans l?âme qu?Audrey démissionne d?Air Mauritius et s?accorde une année qu?elle envisage d?abord comme sabbatique. Or, des agences de publicité et des boîtes de productions audiovisuelles dont Eruption Studio, lui demandent de prêter sa voix pour des enregistrements publicitaires et elle se prête au jeu.

Elle est son pire public

«Prêter sa voix, c?est se mettre dans la peau d?un autre personnage et vu qu?on ne peut pas faire référence à une image, il faut pouvoir pour passer des émotions. J?aime ce jeu et je le joue, tout en restant la plus naturelle possible. Cela m?amuse toujours. De toutes les façons, il faut qu?il y ait du plaisir, que je m?éclate dans tout ce que je fais. Quand cela ne me plaît plus, je dis stop.»

Audrey est aussi sollicitée pour présenter la cérémonie d?inauguration de l?Aventure du Sucre, les cérémonies protocolaires des Jeux des Iles, les trophées aux femmes entrepreneurs, de même que les Tecoma Awards.

C?est au cours d?un enregistrement de publicité chez Eruption Studio que Jean-Claude Labat, le directeur, lui propose de l?embaucher comme assistante à la production. Audrey accepte. Depuis un peu plus de trois ans maintenant, elle prépare tout ce qui tourne autour de la production publicitaire, qu?elle soit radiophonique ou télévisée, supervisant chacune des étapes jusqu?à ce que l?enregistrement soit remis au client.

Lorsque Clap Productions, avec qui elle a déjà collaboré dans le passé, lui propose d?apporter sa contribution pour mettre en perspective les productions locales, que ce soit des courts-métrages ou des documentaires d?une vingtaine de minutes, Audrey accepte pour que les Mauriciens puissent découvrir ce dont leurs compatriotes réalisateurs sont capables. «Il n?y a que le cercle restreint des professionnels de l?audiovisuel qui connaissent ces productions locales. Et pourtant, elles méritent d?être diffusées. J?ai accepté de présenter ces réalisateurs et leurs films afin que les Mauriciens les découvrent et sachent ce qui se fait dans leur pays. D?un point de vue personnel, c?est clair qu?il y a des réalisations qui sont plus parlantes que d?autres. Clap Productions a choisi d?en présenter une quinzaine pour l?instant.»

C?est ainsi qu?Audrey se retrouve à présenter l?émission La séance des jeunes réalisateurs, enregistrée sur un plateau de tournage par l?équipe technique de Clap Productions et diffusée par la Mauritius Broadcasting Corporation le vendredi sur la 3 à 20 h 30 et le dimanche sur la Une à 14 heures.

Mais avant l?enregistrement, Audrey prend plaisir à visionner les films et à rajouter sa petite touche personnelle aux textes pour mieux valoriser les réalisateurs et leur ?uvre.

Bien qu?elle se prête docilement au jeu, Audrey est son pire public. «La première fois que j?ai écouté l?enregistrement de ma voix, je l?ai trouvée horrible. C?était pareil quand j?ai fait le premier enregistrement télévisé. Quand on fait un enregistrement vocal, on est confortablement installé dans une cabine et placé derrière un micro. Personne ne vous voit. Par contre, dans le cadre d?une émission télévisée, on se retrouve devant une caméra. C?était assez perturbant au début. Lorsque j?ai visionné le premier enregistrement de La séance des jeunes réalisateurs, je n?ai pas arrêté de trouver que je n?avais pas la tenue qu?il faut. On est davantage conscient de son image et c?est un peu affolant.»

Audrey s?est calmée par l?autosuggestion. «Je me suis efforcée de me dire que par-delà la caméra, c?est à un public que je m?adresse. Et une fois que j?ai ingéré cela, je me suis sentie mieux.»

Les téléspectateurs ont jusqu?au 29 décembre pour mémoriser son visage et sa voix. «Si l?on me propose un autre projet qui me plaît, c?est sûr que je le considérerai». Tant qu?elle s?amuse?n

Publicité