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Pirates des Caraïbes 2

20 octobre 2006, 00:00

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La suite tant attendue de Pirates des Caraïbes ne vient pas démentir les promesses du premier film. Le Secret du Coffre Maudit est une production Jerry Bruckheimer, mais pour une fois, le spectacle n’est pas idiot. Revoilà donc, le capitaine Jack Sparrow, Elizabeth Swann et Will Turner. D’autres vieilles connaissances sont aussi de la partie, avec Gore Verbinski, toujours à la réalisation.

La comédie est peut-être un peu moins exubérante que dans le premier film, mais le ton irrévérencieux y est toujours. Témoin, ces longues scènes d’action que sont l’évasion de Jack Sparrow de l’île des cannibales dans la première partie et cette longue bagarre vers la fin, dans laquelle s’opposent pas moins de cinq factions différentes. On y retrouvera les influences des films de pirates du bon vieux temps (avec Errol Flynn ou Douglas Fairbanks), mais revues et corrigées par les maîtres du burlesque et Tex Avery.

Il y a, bien sûr, les combats au sabre et les bordées qui s’échangent en pleine mer, mais il y a aussi une grande roue à eau qui prend le large, des héros qui fuient dans tous les sens et un monstre qui tente de comprendre les instructions que lui crie une tête qu’il a perdue. Ce à quoi, il faut ajouter les propos pseudo-philosophiques que s’échangent les deux matelots (Mackenzie Crook & Lee Arenberg) sortis tout droit d’un film des Monty Phyton. Si, comme l’avancent certains, cet épisode est moins désinvolte que le précédent, on lui trouvera au moins le mérite de ne jamais se prendre au sérieux. Encore qu’il est difficile d’imaginer comment un film avec un personnage central comme Jack Sparrow pourrait céder à de pareilles tentations. Comme dans… Black Pearl, le capitaine Jack semble tout ignorer du mot “sérieux” même lorsqu’il se retrouve face à la gueule béante et dentue d’un kraken.

Le succès de cette saga doit beaucoup à ses personnages et par conséquent à ses interprètes. Johnny Depp en pleine forme – ou en plein délire, comme on voudra – interprète le voyou le plus fringant depuis Han Solo. Et, bien que cela ne soit pas très visible, on est prêt à croire Keira Knightley lorsqu’elle affirme que quelque part en lui, il y a un cœur d’or. Celle-ci semble cette fois plus intégrée à son personnage d’Elizabeth Swann. Le scénario donne dans cet épisode, un tournant inattendu à sa vie amoureuse : un courant passe entre elle Johnny Depp, bien plus qu’entre elle et son fiancé. Et puis, nous découvrons que, s’il y a du bon en Jack Sparrow, il y a aussi quelque chose de diabolique en Elizabeth.

Les vrais héros au cœur pur sont généralement les personnages les moins intéressants dans ce genre d’histoire. On comprendra un peu la déception des fans d’Orlando Bloom, son personnage de Will Turner restant toujours dans l’ombre de ceux qu’interprètent Keira Knightley et Johnny Depp. Pour être juste, Pirates… 2 nous montre un Will Turner un peu plus intéressant, face à Bill Nighy méconnaissable en capitaine du Hollandais Volant (à moins qu’il ne s’agisse du Vaisseau Fantôme) avec une tête de poulpe (en images numériques) et aussi face à son père devenu une sorte de mort-vivant. La mort n’est au plus qu’un inconvénient passager, dans ce film.

On pourra trouver que Pirates…2 nous ressert finalement les mêmes ingrédients que le premier, accommodés à la même sauce. Mais, cette grosse friandise est si bien cuisinée qu’on n’hésitera pas à en reprendre, tout en étant déjà en appétit pour un troisième service.

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