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Toliara, témoin vivant de la beauté du sud
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Toliara, témoin vivant de la beauté du sud
En arrivant d?Antananarivo à Sanfil, la gare routière, au bout de neuf heures de route, les voyageurs sont épuisés. Mais l?accueil chaleureux des proches revigore et remonte le moral. Quelques heures de repos et tous sont prêts pour une grande virée dans la ville. Après tout, ce sont les vacances. Direction : le bord de mer.
Dans les rues, les va-et-vient joyeux des pousse-pousse, des bicyclettes et des charrettes à zébus encombrent la chaussée. Les piétons, notamment les femmes, se protègent du soleil avec un parapluie.
Le boulevard Gallieni, avec ses jardins et ses bancs, offre aux Tulérois une aire de repos. ?Ce lieu est très prisé, surtout dès que le soleil se couche?, confirme Zaody, un féru de la place. ?Bon nombre d?enfants y jouent en attendant leurs parents qui les récupèrent en revenant du travail?, continue-t-il.
Après 15 minutes de marche, le marché des produits artisanaux, qui se trouve près du front de mer, vous accueille avec ses trésors. Une dizaine d?étalages proposent des articles qui mettent en valeur les richesses du Sud : des coquillages et des colliers qui expriment la beauté du fond marin, des masques, des statuettes et autres produits de décoration, faits en bois ouvré? ?Les masques sont sculptés dans du palissandre et coûte chacun Ar 30 000?, déclare Vaosolo, tout en montrant une de ses plus belles pièces.
Des coquillages mariés à la mode</B>
?Chaque fois que je passe à Toliara, je ne manque jamais de passer dans ce marché pour acheter des articles de souvenir et de cadeau?, souligne Marie-Louise, une touriste. Pour attirer plus de clients, certains artisans marient la mode avec les beaux coquillages du Sud, étalant des vêtements très légers, de jolis sacs, des ceintures tendancielles et même des bijoux de fantaisie, tous ornés de coquillages d?un choix indiscutable. ?Cet ensemble en lin coûte Ar 50 000?, signale Nirilanto, couturière, qui crée elle-même ses modèles. ?J?ai des fournisseurs permanents qui m?approvisionnent en coquillages?, précise-t-elle.
Juste à côté, la stèle de Madagascar, sur laquelle sont dessinées les armoiries de Toliara, capitale du Sud, constitue une place privilégiée pour les photos dites souvenir. En passant devant l?Alliance française avec son architecture hexagonale, l?hôtel-restaurant Palétuvier et le restaurant Étoile de mer, on ne peut que s?émerveiller de l?originalité particulière qu?ont toutes ces constructions.
À chaque coin de rue, une petite table est installée, sur laquelle du siramamy gasy (sucre roux fabriqué artisanalement), de la patate douce (bele) et des soubiques contenant de la pistache et du jujube sec sont présentés. Quelquefois, un thermos de thé les accompagne.
Il s?agit de marchandises à vendre. ?Le bele coûte Ar 150 l?unité et le jujube sec, Ar 100 la boîte de mesure?, annonce Perline, tout en continuant à faire frire de la pistache dans du sable. ?Cette technique est très efficace pour obtenir une bonne cuisson?, conseille-elle. Derrière elle, quelques femmes, cheveux tressés et la taille ceinte d?un lambaoany, attendent impatiemment l?arrivée des clients.
Un peu plus loin, Valope, une autre femme, dans la bonne quarantaine, s?occupe à griller ses bele, sous une petite cahute. ?C?est mon activité principale et je passe toute ma journée ici, de 6 heures à 18 heures?, explique-t-elle. ?Il me faut 20 minutes pour les petites patates et une heure, voire plus, pour les grandes.? Elle achète les bele au marché Sakama. Les achetant Ar 300 la pièce, elle arrive, en fin de journée, à réaliser un chiffre d?affaires d?Ar 5 000.
<B>Ce n?est qu?un au revoir</B>
À partir de 15 heures, la gare routière de Sanfil connaît une grande animation. Les bureaux des coopératives de transport sont remplis de voyageurs désireux d?acheter des billets, Ar 35 000 pour relier Antananarivo en minibus. ?C?est toujours la même chose en période de vacances. Par contre, c?est un lieu déserté durant l?année?, déclare le responsable de la Sonatra.
À 16 h 30, l?ambiance devient très mouvementée. Divers types de véhicules, des minibus aux camions à double pont, se garent dans l?enceinte. OK Vale, Manja be? à chaque véhicule son nom de baptême. Les dockers se mettent à charger les bagages, les voyageurs prennent place. Les proches et les amis donnent les dernières consignes, transmettent des messages et saluent ceux qui vont partir, l?air assez triste.
?Notre véhicule, Mercedes 1417, assure le circuit Manja-Morondava-Sabotsy. Pour ce trajet, les frais sont d?Ar 40 000?, indique Walter Mariano, fils du propriétaire du camion OK Vale. À 19 heures, le gros véhicule avec ses 70 passagers démarre pour entamer un voyage de deux jours.
Des services qui motivent les visiteurs</B>
Soleil, mer, sable blanc, toutes les conditions sont réunies pour faire d?Ifaty, située à 28 km au nord de Toliara, une des plus belles stations balnéaires de la Grande île. De plus, les couleurs vives des lambaoany mis en vente, des voiles des pirogues et des maillots de bain accentuent cette beauté bariolée. La plage d?Ifaty est un lieu touristique très réputé, ce qui engendre une source de revenus des plus intéressantes aux habitants.
En effet, des activités nautiques aux ventes d?articles utilitaires, en passant par l?organisation de ballades à cheval et la préparation de poissons frais, la population offre des services qui motivent les visiteurs à apprécier le lieu. ?Les prix des lambaoany varient entre Ar 3 000 et Ar 5 000, selon la qualité du tissu?, précise Gerline, célèbre marchande de la plage. Ses articles avec des motifs de toute beauté et des couleurs chatoyantes, intéressent beaucoup de touristes.
Sous des chalets, des femmes et des hommes en tenues typiques de la région écoulent des produits de l?artisanat. Avec leurs modèles très variés, les articles donnent l?envie de les caresser des yeux et du bout des doigts. Au bord de la mer, le marchandage est ardu entre Zène, le piroguier, et un groupe de personnes qui souhaitent faire un tour : ?Vu l?itinéraire que vous voulez suivre, je vous demande Ar 60 000?, annonce Zène.
Entre-temps, d?autres personnes se promènent à cheval, ou profitent du magnifique soleil pour s?allonger sur des transats après la baignade. Comme la journée est longue, les habitants pensent également à satisfaire les visiteurs côté alimentaire. Ainsi, ils proposent du poisson frais grillé ou cru pour être grillé sur place.
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