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Le SOS de Sithanen

18 octobre 2006, 20:00

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Le manque de solidarité au sein du gouvernement exaspère le ministre des Finances. Or, s?il ne bénéficie pas du soutien de l?ensemble des ministres il aura du mal à faire accepter les mesures douloureuses qui accompagnent les réformes. Et, s?il ne trouve aucun relais, non plus, chez les députés travaillistes, il devra se résoudre à assurer seul la communication du gouvernement.

C?est un appel au secours que lance le ministre Sithanen dans son interview à ?l?express-dimanche?. ?Évidemment, quand les prix et les taxes augmentent, les personnes qui sont affectées ne sont pas contentes. Il faut expliquer et la population comprendra. Mais il faut plus de cohésion à l?intérieur du gouvernement pour atteindre nos objectifs.? se lamente Rama Sithanen. Pour qu?il en arrive là, c?est qu?il s?est senti esseulé, mal à l?aise au sein de son équipe. Certes, il a l?appui total du Premier ministre, y compris sur les mesures les plus contestées. Mais cela ne suffit pas. C?est sur le terrain, avec l?aide des réseaux animés par les députés de proximité, qu?il faut faire l?effort de pédagogie et obtenir l?adhésion populaire aux réformes.

Pour l?instant, c?est plutôt la tentation populiste qui détermine l?action de bien des collègues du ministre des Finances. Même si le Premier ministre affiche la détermination et la fermeté sur certaines questions, cela n?a pas incité beaucoup des ministres à s?engager dans une campagne pour expliquer le bien-fondé des réformes. Si une équipe pouvait être constituée, disons avec l?aide de ministres Rashid Beebeejaun, Xavier Duval et Anil Baichoo pour coordonner la campagne en faveur des réformes Sithanen, le pays traverserait plus facilement la période de turbulences sociales que suscite forcément la transition actuelle. Autrement, la résistance populaire, alimentée par l?opposition forcerait le gouvernement à abandonner certaines réformes vitales.

Un exemple typique d?un projet qui pourrait avorter est celui de la mise en place d?un système de transport en commun sur le corridor Curepipe?Port-Louis. Malgré l?urgence du problème, ce n?est pas certain que la solution préconisée par les experts, et entérinée par le gouvernement, atteindra le stade de réalisation durant l?actuel mandat législatif. Certains politiciens de l?équipe au pouvoir tremblent déjà devant l?idée d?avoir à défendre un droit de péage de Rs 100 par véhicule à l?entrée de la capitale.

Pourtant, si rien n?est fait, le pays sera bientôt livré au chaos d?une circulation sauvage. Les officiels estiment que dans une quinzaine d?années le parc automobile passera à environ 500 000 véhicules contre 170 000 actuellement. Avec seulement 2 000 kilomètres de route, le pays sera vite menacé d?asphyxie. La solution n?est pas simple, selon les experts. Des routes construites ça et là ne rapporteront pas de résultats probants, disent-ils. Il faut un ensemble de mesures pour le désengorgement de nos routes. Non seulement, faut-il créer un ?busway? sur le tracé de l?ancien chemin de fer, mais il faut également prévoir un ?buslane? longeant l?autoroute entre Ebène et Caudan, une route reliant Terre-Rouge et Verdun, une route circulaire allant de Montebello à l?entrée nord de la capitale en passant par les Guibies, Vallée-Pitot et un tunnel creusé dans la montagne, sans compter le controversable péage de Rs 100. C?est comme au domino : enlevez un pion et toute la construction s?écroule.

Pour bien des problèmes, le gouvernement a déjà identifié le chemin vers une sortie de crise. Mais nous vivons dans un pays où les voies sont encombrées de ralentisseurs.

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