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Pétrole: une fin d?année sereine

19 octobre 2006, 00:00

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Les marchés pétroliers jouent à l?apaisement, après les folles envolées au-delà de la barre des $ 70 le baril, il y a trois mois. Les cours ont chuté de 20% environ depuis leur plus haut niveau enregistré en juillet. Les Mauriciens ne devraient pas craindre de mauvaise surprise au prochain exercice de l?automatic pricing mechanism (APM) au début de 2007.

Le dernier ajustement du prix de l?essence n?a pas reflété la baisse des cours mondiaux (après le niveau record de juillet) sur le prix de vente au détail. Selon les spécialistes, si le coût du baril fluctue entre $ 60 et $ 70 au cours du présent trimestre, le prix à Maurice devra connaître une baisse après le prochain exercice de l?APM.

Les risques de dérapages dans le court terme sont faibles. Les instabilités géopolitiques au Moyen-Orient, qui étaient susceptibles de rendre le marché nerveux, ont été grandement atténuées. Le golfe du Mexique, qui abrite plusieurs installations pétrolières américaines, a connu une saison cyclonique très calme.

Les sources de déstabilisation qui se traduisent par des primes de risques élevés restent plutôt calmes. L?Organisation des pays exportateurs de pétrole essaye ces jours-ci de faire stabiliser le cours du brut autour de $ 60 le baril, en étudiant la possibilité de réduire la production.

Cependant, même si la baisse se matérialise, les prix restent élevés, surtout pour les économies fragiles comme Maurice. Face à ce choc (prolongé), le pays joue la carte des biocarburants pour les voitures et celle de la diversification des sources d?énergie pour la production d?électricité.

?Le prix fondamental du baril brut variera entre $ 50 et $ 60. Avec les primes de risques, le prix devrait tourner autour de $ 65. Le prix est assez élevé. Cela devrait encourager Maurice à faire des économies sur les carburants. Le gouvernement doit encourager la production de l?éthanol dans le but de réduire l?importation de l?essence?, déclare le professeur Swalay Kasenally, observateur des marchés énergétiques.

Ne plus dépendre du pétrole

Nos voitures rouleront bientôt avec un mélange d?essence et d?éthanol (90% essence et 10% éthanol). Un projet pilote est en cours avec la participation de Total Mauritius. Les résultats des premiers tests devraient être connus incessamment. ?Le groupe Total est le premier distributeur de biocarburants en Europe. Il est donc normal que nous participions à un projet pareil à Maurice. Nous pensons que l?éthanol ici peut trouver sa raison d?être car il permettrait une réduction de la dépendance aux carburants issus du pétrole brut et donc de la facture pétrolière?, souligne Maurizio Libutti, directeur général de Total Mauritius.

50% moins cher

Mais en attendant que le mélange essence-éthanol entre dans les m?urs des automobilistes, le nombre de voitures roulant au liquified petroleum gas (LPG) est en nette progression. Le facteur prix y est pour quelque chose. ?A ce jour, le prix du LPG auto est la moitié de celui de l?essence. C?est une différence énorme qui permet d?économiser environ Rs 1 600 par mille kilomètres. De nombreux automobilistes l?ont déjà compris?, fait remarquer Maurizio Libutti.

La consommation du LPG auto a plus que doublé entre 2004 et 2005. Toujours est-il que la part du gaz utilisé dans le transport est encore très faible, soit seulement 3% de la consommation totale des automobilistes. Le gaz s?est, par contre, très bien installé dans les foyers où il talonne l?électricité comme source d?énergie (45,3% venant de l?électricité et 40,4 % provenant du LPG en 2005).

Les transports routier et aérien sont les plus gros consommateurs d?énergie avec la moitié de la consommation totale du pays (846 000 tonnes équivalent d?énergie en 2005). Le secteur industriel suit en seconde position, avec 30% de la consommation. Les ménages, le secteur de la distribution et l?agriculture ont consommé respectivement 13,6%, 6,6% et 0,6% des énergies produites dans le pays.

Le Central Electricity Board (CEB) a une énorme responsabilité dans cet objectif de réduction de la facture pétrolière. Il produit 56% de l?électricité fournie à partir de produits pétroliers. ?Le CEB et le gouvernement sont en train de revoir la planification de la production d?électricité jusqu?à 2013. L?objectif de notre stratégie est de réduire notre dépendance sur les produits pétroliers. Nous voulons qu?une plus grande partie de notre production provienne des sources renouvelables, tels la bagasse, les parcs éoliens et la conversion des déchets en énergie?, indique Ravin Dajee, general manager du CEB.

Déjà en avril 2007, une nouvelle centrale à base de charbon et de bagasse à Savannah entrera en opération. D?autres projets similaires des sucriers sont sur la table. Le CEB a, lui, un projet de production d?électricité à Montagne Jacquot, mais seulement à partir du charbon.

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