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A quand une campagne anti-avortement ?

18 octobre 2006, 00:00

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Cette mise au jour d?une ?clinique? avec des avortements pratiqués par médecin et personnel infirmier vient relancer le débat sur l?avortement. Pour certains, c?est une occasion en or de demander la légalisation de l?avortement en faisant miroiter les arguments d?égalité de chances pour les femmes qui auront accès à des conditions plus hygiéniques dans les hôpitaux.

Il est rappelé que la Task Force prône la légalisation dans quatre cas très précis. Combien de ces trois femmes trouvées en flagrant délit d?avortement et ?ces 20 000? autres tombent dans ces seuls ?cas spécifiques?, c?est-à-dire sont des victimes de viol, d?inceste et de sida ou qui avortent à cause du risque d?un handicap de l?enfant ? La question de légiférer à cause de la santé de la mère ne se pose pas car le devoir de tout médecin est de soigner celle-ci si sa vie est en danger.

L?avortement dans la majorité des cas a pour unique but d?arrêter la vie de son enfant parce que sa venue n?a pas été programmée. Toute femme qui avorte est en état de panique parce qu?elle ne sait pas qu?elle peut faire confiance à la vie malgré tous les problèmes immédiats qui l?accablent.

A-t-on conscience des séquelles de ce geste pour la femme, pour le père concerné et pour leurs proches ? En milieu hospitalier, il est certes possible de minimiser les risques immédiats d?hémorragie et d?infections mais il peut y avoir des séquelles à long terme : le col de l?utérus qui perd de son élasticité

(ce qui peut impliquer des risques de fausses couches et d?enfants prématurés), risque de cancer du sein à cause de l?arrêt brutal des hormones associées à la grossesse.

Mais qu?en est-il des blessures psychologiques : mutilation du sentiment maternel, une culpabilité qui remonte périodiquement à la surface, risque de dépression qui peut se révéler, entre autres, par l?accoutumance à l?alcool et le besoin de s?étourdir. Diminution de la libido. Fragilisation des liens dans un couple ou dans une famille ?

Des associations sont mises en place à l?étranger pour accompagner celles qui souffrent d?avoir avorté. A Maurice persiste une chape de silence à ce sujet. Il est souhaitable que certaines aient le courage de témoigner, même si tout s?est passé dans les meilleures conditions médicales.

L?avortement ne sera jamais un geste anodin, même s?il est légalisé.

Voilà pourquoi il est important que nous ayons une campagne à propos de l?avortement pour informer, démontrer les séquelles et faire régresser le nombre trop élevé d?avortements. Même si nous n?en avions que 5 000 comme à la Réunion où l?avortement est légalisé et remboursé ? et encore plus si nous en avons 20 000, comme le préconise la Mauritius Family Planning Association.

Une culture de la vie passe par des étapes essentielles : connaître son corps et savoir quand on est féconde. Nombreuses sont les femmes qui ignorent que leur ovule ne reste en vie que 24 heures dans un cycle et que c?est leur glaire fertile qui garde en vie le spermatozoïde quelque cinq jours. De le savoir de façon précise responsabilise l?homme et la femme qui ne souhaitent pas l?arrivée d?un enfant. Il y a de plus tout l?arsenal contraceptif à leur disposition.

Il faut aussi connaître les gestes essentiels à la base de tout avortement : ouvrir le col de l?utérus, tuer l?enfant et l?extraire...

Il y a déjà trop de violence. Ne venons pas en rajouter en préconisant de l?inscrire dans nos lois. L?avortement reste une violence envers l?enfant non né, innocent et dont l?histoire a déjà commencé. Il faut le faire connaître afin d?avoir le courage de faire le choix de la vie, même quand cela comporte problèmes et souffrances.

Monique DINAN

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