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La gouvernance en action

18 octobre 2006, 00:00

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<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

Fait rarissime dans le monde des affaires à Maurice. Un actionnaire minoritaire d’une compagnie “blue-chip”, en l’occurrence l’United Docks Ltd (UDL) parvient à renverser le conseil d’administration. Les petits actionnaires de la société ont pu profiter de ce développement pour faire entendre leur voix.

C’est une des rares fois que les petits porteurs ont pu vraiment faire une différence lors d’une assemblée des actionnaires. Les minorités ont rarement l’occasion de s’exprimer au moment de choisir les membres des conseils d’administration des compagnies. Dans trop de cas, l’élection (?) des directeurs se fait par le biais de rituels qui font fi de toute considération d’équité, de transparence et de bonne gouvernance.

Le poids des petits actionnaires n’est presque jamais reflété au sein des “boardrooms”. Cela leur prive toute influence dans les affaires de la compagnie dans lesquelles ils ont mis leur argent, parfois même une grosse partie de leurs épargnes.

La révolution de palais à UDL représente en quelque sorte un pas dans la bonne direction, même si les mérites de la prise de pouvoir ne sont pas tout à fait au crédit des groupes minoritaires. L’initiative de la prise de contrôle revient à la société Horus qui un est gros actionnaire d’UDL. Par un jeu de coalitions tactiques avec des petits porteurs, regroupés ici et là pour la circonstance, les contestataires sont parvenus à prendre le pouvoir.

Les conditions ne sont certes pas idéales, mais c’est déjà un moyen par lequel les forces du “shareholders’ activitism” ont pu s’exprimer.

Il y a encore de gros efforts à faire pour rehausser les pratiques de bonne gouvernance à un niveau international. Le code national du gouvernement d’entreprise est en opération depuis deux ans. Beaucoup de grosses pointures ont adhéré aux nouveaux principes établis. Le niveau de “disclosure” dans les rapports annuels s’est sensiblement amélioré dans certains cas.

Les nouvelles normes de comptabilité, d’audit et de “financial reporting” encouragent à améliorer le niveau de transparence dans les compagnies. Mais ce n’est pas suffisant pour préserver les intérêts des actionnaires minoritaires.

En attendant que la dynamique d’un activisme des actionnaires prenne forme, il faut peut-être compter davantage sur les fonds d’investissement pour garder la pression sur le management des sociétés dans les lesquelles ils ont placé l’argent de leurs clients.

Les conseils d’administration sont le point de départ d’un système de gouvernement d’entreprise moderne et efficace. La composition des “boards” est d’une importance vitale à cet effet. Il faut faire de la place aux directeurs indépendants formés pour que ces derniers puissent exercer leurs responsabilités de chien de garde correctement.

Faire de Maurice une plate-forme de business propre, équitable et transparente n’est pas l’affaire du gouvernement seulement. Le secteur privé traditionnel a un rôle à jouer pour gagner la bataille des investissements étrangers.

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