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Arnaque au retapage
L?avènement des importateurs de véhicules d?occasion avait ouvert la porte à de nombreuses pratiques illicites. La compétence et les habitudes de certains garagistes permettaient à des personnes de faire venir des voitures en piteux état, avant de les retaper à Maurice et de les revendre à un prix nettement supérieur à leur valeur réelle. Toutefois, la législation a vite été amendée pour empêcher cette dérive.
Il faut savoir que certains concessionnaires se permettaient même d?importer des voitures complètement démontées, avant de les assembler à Maurice. Si aujourd?hui il est interdit d?importer des véhicules d?un certain âge, de même que les pièces de rechange d?occasion, certains commerçants ont trouvé le moyen de passer outre les dispositions des lois en vigueur.
Ainsi, à défaut de pouvoir importer des épaves et de les retaper à Maurice, ils envoient des garagistes spécialisés, notamment des tôliers, dans des pays tels que le Japon pour procéder aux réparations. Dans ce cas, il s?agit souvent d?épaves qui se trouvent dans les cimetières de voitures ou autres recovery yards. Ces véhicules, sans propriétaires, conservent néanmoins le numéro d?identification du moteur et du châssis.
Devant la malléabilité des gérants de ces cimetières de voitures, les agents des concessionnaires locaux réussissent à en sortir les véhicules qui pourraient être remis en circulation moyennant réparations. Les garagistes « expatriés » s?attellent alors au maquillage complet du véhicule avec des pièces d?occasion, dont l?importation est illégale à Maurice.
À la fin des travaux, qui s?étalent souvent sur plusieurs mois, les garagistes rentrent à Maurice, et les véhi-cules sont importés en « toute légalité » avant d?être vendus sur le marché local pour des sommes qui couvrent largement « l?investissement » des importateurs concernés.
Ces concessionnaires de l?ombre auraient plusieurs équipes de tôliers et autres « experts » en mécanique. Ce que nous confirme un garagiste de la capitale, très au fait de ces pratiques. « Ils peuvent envoyer, à tour de rôle, leurs mécaniciens en Asie pour deux ou trois mois afin qu?ils retapent des voitures qui ont été endommagées lors de sinistres », explique le garagiste.
Zaid Ameer, président de la Dealers of Imported Vehicles Association (Diva) avance, quant à lui, que l?ensemble du trafic pourrait être « paralysé ». « À Singapour ils ont récemment dépensé plus de 90 millions de dollars singapouriens pour l?informatisation de l?enregistrement des cartes grises des véhicules. Cela permet aux concessionnaires de déterminer rapidement l?identité d?un véhicule. Nous avons eu des séances de travail avec la NTA et la question a été soulevée, mais ils ne veulent pas aller dans cette direction. L?enregistrement continue à se faire à la main, ce qui ouvre la voie à des abus tels que la falsification de documents », explique-t-il.
Un autre garagiste laisse entendre qu?un tel état de choses ne peut se faire sans une complicité à la douane. « Une chose est sûre, les douaniers sont ou complices, ou incompétents », déclare-t-il.
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