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Insatiable Pascal Ladaub

11 octobre 2006, 00:00

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L’appétit vient en mangeant pour Pascal Ladaub. Après avoir remporté deux victoires d’étape dans ce Tour des Seychelles, il a inscrit son nom au palmarès des vainqueurs. Qui plus est, il s’est permis le luxe d’enlever trois des quatre maillots en jeu, soit le maillot jaune, le maillot à pois (meilleur grimpeur) et le maillot blanc (meilleur jeune). Un exploit sans précédent pour un Mauricien !

Hier lors du contre-la-montre individuel de 26 km, il a pris la cinquième place à 2:26 du vainqueur, le Seychellois Hedson Mathieu. Ce dernier, qui grâce à cette première place ravit la troisième place au général au Mauricien Yolain Calypso, décroche le maillot arc-en-ciel (maillot à points).

En fait, le seul qui avait les arguments pour inquiéter le maillot jaune Pascal Ladaub avant cette ultime étape était l’autre Mauricien, Yannick Lincoln. Mais l’ancien vainqueur du Tour de Maurice n’a pu reprendre que 2:01 sur le retard de 3:32 qu’il comptait sur le leader. Au final, Ladaub relègue Lincoln à 1:31.

Bien entendu, cette victoire a été accueillie avec faste. Le jeune cycliste de 21 ans nage dans un rayon… de bonheur. “Je suis vraiment content. C’est ma première victoire. On a travaillé en équipe et je tiens à remercier mes coéquipiers Mike, Yannick, Yolain, Hugo et José Achille de même que Clency Sooriah”, devait-il déclarer à l’express. “Même si les conditions étaient difficiles avec la pluie et parfois dangereuses avec du mazout sur la route, je suis content de la victoire finale”, renchérit-il.

Selon lui, c’est lors de l’étape d’avant-hier, avec les cols de La Misère, que s’est joué le tour. “Les premiers et derniers kilomètres de la bosse était très difficiles. Surtout que j’avais chuté la veille et que j’ai encore des séquelles aux bras et aux jambes”, analyse-t-il. “Il faut batailler dur quand on est maillot à pois et les journaux n’en parlent pas beaucoup. C’est dur de gagner un maillot à pois”, ajoute-t-il.

Ses efforts ont été bravement récompensés avec la victoire dans ce Tour, même s’il voulait terminer parmi les trois premiers dans ce CLM. “Ça n’a pas été facile avec les efforts de l’échappée de la veille. J’avais des douleurs aux jambes et la fatigue se faisait sentir”, avoue le maillot jaune.

José Achille : “Il s’est forgé un mental plus fort”</B>

Pascal Ladaub est aussi conscient qu’il a franchi un nouveau palier. “C’est mon premier Tour et ce ne sera pas mon dernier. Mais il faudra travailler encore plus dur surtout avec les Championnats d’Afrique (NdlR : en novembre à Maurice). Mais je tiens à remercier Martial Natchoo, Bernard Olivier, mon club Frezza CT, le sponsor Pharmacie Nouvelle, le président de la fédération, Roland Nicolin, le directeur de mon école, Vishnu Seeruthun, et Bernard Maurel qui m’encourage beaucoup”, conclut-il.

José Achille, entraîneur de cette sélection nationale estime également que le jeune Ladaub a passé un cap. “Je dirais plutôt qu’il a pris de plus en plus confiance en lui comme le démontre son échappée à La Misère. Il a démontré sa pugnacité et s’est forgé un mental plus fort. Mais il va savoir maintenant ce que c’est de souffrir parce que dans le contre-la-montre aujourd’hui (NdlR : hier) il a beaucoup souffert. Il aurait pu sombrer mais il a tenu bon”, analyse le mentor mauricien.

Ce que retient José Achille, c’est surtout “la victoire d’une belle équipe”. “C’est un sentiment de grande joie qui nous envahit. On ne peut pas nous empêcher de la savourer”, lance-t-il avant d’ajouter : “L’objectif était de préparer les Championnats d’Afrique. On pensait à une étape, mais on gagne le Tour et on fait premier et deuxième.”

Cette sur la quatrième étape à La Misère que tout s’est joué. “On était confiant qu’on pouvait jouer sur deux tableaux avec le maillot jaune qui était sur Yannick (NdlR : à l’issue de la 3e étape) et Pascal dans la montagne. Cela s’est joué beaucoup plus tactiquement. On voulait les deux devant et finalement Yannick à accepté de faire les frais. Ça c’est l’équipe et ils ont tous bossé dur. D’ailleurs je pense qu’on a bossé plus dur que si d’autres équipes étrangères étaient là car on a dû contrôler le Tour depuis le début jusqu’à la fin face à des Seychellois qui nous ont rendu la vie dure”, fait ressortir José Achille. Pour rappel, il n’y avait que des Mauriciens et Seychellois à ce Tour.

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