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?Une radio pour lutter à armes égales?

9 octobre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● Mardi dernier, toute la presse internationale faisait état de violences aux Seychelles. Que s?est-il passé au juste ?

Le Parlement allait amender le ?Broadcasting and Telecommunication Act? de sorte à pouvoir légalement refuser notre demande d?un permis de radio privée. Notre parti a invité les Seychellois à venir devant le parlement pour signer une pétition demandant au président James Michel de revenir sur sa décision. C?était une démarche pacifique et tout à fait en ligne avec mon rôle de parlementaire. Mais les forces de l?ordre s?en sont mêlées et nous avons été sauvagement agressés.

● Quelles sont les blessures que vous avez personnellement subies ?

J?ai été matraqué à la tête et j?ai reçu six points de suture. Jean-François Ferrari, mon camarade de parti, a été encore plus grièvement atteint. Il a reçu 25 points de suture à la tête ! Et comme si cela ne suffisait pas, j?ai appris de mon lit d?hôpital que j?étais en état d?arrestation. J?ai été libéré contre une caution de Rs 500 seychelloises. Je vais au quartier général de la police demain pour connaître les charges qui sont retenues contre moi.

● Vous avez formulé des reproches à l?encontre de l?avocat mauricien Kishore Pertab?

Celui-ci est un politicien qui a été recruté par le régime Michel après avoir perdu aux élections dans son pays. Il n?aurait pas dû se mêler de la politique chez nous en conseillant au pouvoir de ne pas nous autoriser l?opération d?une radio.

● N?a-t-il pas fait que son travail ?

Si c?est le cas, il aurait du tenir compte des spécificités des Seychelles. Avant de nous proposer le modèle mauricien, il aurait dû savoir que les deux pays sont très différents l?un de l?autre. Seychelles est une démocratie jeune et titubante. Notre système électoral a de sérieuses faiblesses. Face à nous, le régime au pouvoir détient toutes les rennes de la machinerie gouvernementale, y compris celle de l?audiovisuel. La lutte est inégale. Il nous faut cette radio pour informer et éduquer le Seychellois sur ce qui se passe dans son pays.

● Que comptez vous faire à présent que la loi a été amendée ?

J?écris une lettre ouverte au président Michel l?invitant à ne pas y accorder son assentiment. De toute manière, nous allons en contester la constitutionnalité. Je poursuis également la police pour agression alors que je me trouvais dans l?enceinte du Parlement. Un troisième procès questionnera la justesse du coût d?un permis de radio privée. A Rs 800 000 seychelloises par an, celui-ci est excessivement cher et antidémocratique.

La rumeur veut que votre parti opère déjà sa radio depuis une semaine?

Elle n?est pas infondée ! Nous procédons effectivement à des tests presque quotidiennement sur la fréquence FM 87.5?

Propos recueillis par Shyama SOONDUR

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