Publicité

Espéranto, pour chanter plus haut

9 octobre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

De la langue maternelle à la langue ?universelle?. Negro Pou Lavi fait le grand saut. De perseverans (en créole) à La Persito en espéranto. Le groupe réuni autour de Tony Farla est en demi-finale du concours La Verdana Stelo, concours du programme Muzikume, diffusé sur une télévision par Internet, Internacia Televido, en espéranto. Le groupe mauricien est en demi-finale contre une formation d?Israël.

Pour passer ce cap, il lui faudra réunir des votes d?ici les dix prochains jours. Avis aux compatriotes. Il ne suffit pas seulement de dire ?Allez Maurice?, mais surtout de voter sur le site http://internacia.tv. à la clé : un contrat avec Sony Music Entertainment qui s?engage à produire et distribuer un album du vainqueur. Condition expresse : cet opus devra contenir cinq chansons en espéranto.

Au-delà de notre absence d?exposition à l?espéranto, l?initiative de Negro Pou Lavi illustre la volonté d?artistes de faire connaître la créativité locale en dehors de nos frontières. En dehors du marché réunionnais, friands des medley de séga bollywood. En dehors des tournées ?triomphales? dans les capitales européennes devant un public composé de Mauriciens qui y sont établis.

N?est-ce pas là le fantasme de nombreux artistes locaux ? Celui que des générations d?efforts et quelques exemples leur font miroiter. Percer. De Menwar à Éric Triton. Montrer que le Mauricien est de classe mondiale. Qu?il n?est pas condamné au circuit des fancy-fairs des albums qui marchent chez nous et qui rayonnent à la rigueur dans l?océan Indien.

Percer. Avec le son bien de chez nous. Arriver, qui sait jusqu?aux hauteurs explorées par Mario Ramsamy du groupe Image, mais avec une identité bien îlienne, pas celle d?un collectif franco-français.

Tony Farla l?avoue candidement. Il ne connaît pas d?autres mots d?espéranto que ceux de la traduction de la chanson. Mais cela ne semble nullement atténuer son enthousiasme. Rien ne fait vaciller son intérêt pour une langue construite en 1887 à partir de racines des langues romanes.

Si l?espéranto n?est la langue officielle d?aucun pays, elle n?est pas tout à fait absente de certains classiques artistiques. Remontons le temps jusqu?à Charlie Chaplin. Nous apprenons que dans son film Le Dictateur, les enseignes des magasins du ghetto juif sont en espéranto, décrit comme ?langue juive internationale? par Hitler dans Mein Kampf, littéralement ?Mon combat?, ouvrage qu?il écrivit en prison.

Plus près de nous, Michaël Jackson prononce quelques phrases en espéranto dans son album HiStory. Par ailleurs, dans le jeu vidéo Final Fantasy XI, le thème principal accompagnant l?introduction, est chanté en espéranto.

Loin de nous de comparer l?incomparable. Il y a plus à gagner à accorder plus qu?un coup ?il amusé à cette tentative de Negro Pou Lavi. Certes l?espéranto universel n?a pas encore touché nos rives (nos enfants semblent déjà éprouver les pires difficultés à acquérir l?anglais). Regardons plutôt en direction de l?exposition que cela donne à Maurice. Dans un monde qui cherche à transcender les barrières de langue. Et éviter la focalisation sur son nombril.

Publicité