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Les examens, une fatalité ?

8 octobre 2006, 20:00

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Avec notre système de certification à la fin de l?année, nous ne bénéficions que d?un recours pour noter l?apprenant. Cela pourrait changer avec une éventuelle introduction de l?évaluation continue. Il est question de suivre l?apprenant durant tout le processus d?apprentissage pour que sa progression ne soit pas handicapée de notions qu?il pourrait ne pas avoir maîtrisées. Le contrôle continu serait donc idéal pour repérer des ratages de l?apprenant.

Il existe un ensemble de notions renvoyant au principe de contrôle continu. L?évaluation, qui se fait durant tout le processus d?apprentissage, n?est pas fixée à des périodes précises comme c?est le cas à Maurice. C?est-à-dire avec les deux tests qui précèdent l?examen final de fin d?année. Il existe plusieurs procédés de contrôle continu. Sur le plan strictement académique, une matière est soumise à des épreuves écrites qui fournissent les éléments diagnostiques permettant de situer l?apprenant. A la suite de cet exercice, l?autocorrection et les modes de remédiation, individuel ou en groupe, sont des moyens de se remettre à niveau.

Le Dr Kaviraj Sukon, docteur en mathématiques appliquées et recherche et manager de la division recherche du Human Resources Development Council, abonde dans le même sens. ?Le contrôle continu permet d?évaluer l?élève durant le processus d?apprentissage, explique-t-il. Il y a l?évaluation de l?apprentissage qui se fait à travers les tests et examens pour les besoins officiels. Et l?évaluation pour l?apprentissage qui fournit les éléments qui vont permettre d?améliorer les compétences de l?apprenant.? Alors que pour l?ancien ministre de l?Education, Kadress Pillay, ?le contrôle continu est le mécanisme qui permet un suivi de chaque élève?.

Si l?évaluation continue présente autant de mérites, pourquoi l?île Maurice s?est, jusqu?ici, focalisée sur le système d?examens de fin d?année ? Dès le départ le contrôle, c?est l?examen pour Maurice. ?Ici, l?examen de fin d?année fait fonction de fitness certificate, soutient l?ancien ministre. Dans notre culture éducationnelle, on n?a jamais senti la nécessité de l?évaluation continue. Or, il faut changer de système, se débarrasser de cette obsession des examens de fin d?année. Certes, on a besoin d?un système de certification mais il faut que ce soit orienté vers l?acquisition des compétences. Le contrôle continu, c?est la reconnaissance que chaque enfant est un être singulier avec ses aptitudes, son intelligence et sa manière d?apprendre.?

Toutes les chances au secondaire

Le Dr Kaviraj Sukon est plus nuancé. ?L?évaluation continue est déjà pratiquée avec succès au niveau tertiaire et au secondaire pour des matières comme les Computer Studies et Arts. A l?université de Maurice, elle compte pour 30 % de la notation globale.? Il rappelle aussi que l?apprentissage de l?anglais oral a été soumis pendant des années au système de contrôle continu sans que cela ne soit pris en compte pour les examens de fin d?année. Ce n?est que maintenant qu?il est inclus dans le calendrier. Il estime que le fait que le concept fonctionne efficacement au niveau tertiaire indique qu?il a toutes ses chances de réussir au niveau secondaire également.

C?est la mise en application du principe de contrôle continu qui pose problème tant sur le plan technique qu?au niveau institutionnel. Même si le processus est mis en cours, il reste encore beaucoup de travail à effectuer. Pour le Dr Kaviraj Sukon, l?élément le plus important reste la formation des enseignants. ?Nous devons former et renforcer les compétences des enseignants et leur accorder plus de temps pour qu?ils puissent trouver un équilibre entre un programme d?études déjà surchargé et un nouveau système de travail. Si nous voulons que l?évaluation soit valide, nous devons aider les enseignants. Autrement les parents pourraient se montrer sceptiques sur le modèle de contrôle continu.?

Pour l?exécution du projet, Kadress Pillay propose que le Mauritius Institute of Education soit transformé en une University of Pedagogy qui soit indépendante de l?université de Maurice et du ministère de l?Education. En outre, il préconise la création d?un Research Council. Autant d?initiatives pour que le principe ne soit pas uniquement qualifiant mais aussi formationnel. ?Il ne faut pas rester bloqué dans la logique du certificat où on ne suit pas l?élève. La réussite de l?élève passe par le fait qu?on doit le suivre avec un juste équilibre entre la certification et l?évaluation continue?, plaide l?ancien ministre de l?Education.

Quatre murs qui ont fait leur temps

Les quatre murs d?une classe comme le temple de l?apprentissage ont fait leur temps. Le décloisonnement doit autant être physique qu?intellectuel. ?L?acquisition des connaissances et la transmission du savoir ne se font pas uniquement entre les quatre murs d?une école. L?enfant apprend mieux si on exploite ses différentes possibilités. Pour cela, il faut une bonne dose d?observation et d?évaluation continue?, confirme le Dr Kaviraj Sukon.

Ce dernier poursuit son plaidoyer en invitant tous les stakeholders à se montrer solidaires pour un perfectionnement du système. ?Tout le monde doit considérer l?évaluation continue comme un outil pour améliorer le processus d?apprentissage?, insiste-t-il. Quant à savoir quel est le modèle de contrôle continu qui serait le mieux adapté à Maurice, il pense immédiatement au système anglais. Un modèle qui repose sur un mélange entre l?observation, le travail à l?école, à la maison et au sein de la communauté. ?Il y a des travaux pratiques qui ne peuvent être évalués à travers des examens.?

Nos deux interlocuteurs sont unanimes. Il faut commencer quelque part. Et c?est maintenant que ça se joue si nous ne voulons pas accumuler encore plus de retard sur ce dossier.

L?APPRENTISSAGE

Questions pratiques

■ Les objectifs de l?apprentissage sont multiples. Outre l?acquisition d?un diplôme, il importe également de savoir ce que l?école apporte à l?apprenant en termes d?attitude et de savoir-vivre. Un examen final et l?évaluation continue constituent des moyens pour vérifier si l?école a atteint ces objectifs et si l?enfant a été suffisamment équipé pour affronter la vie. L?évaluation est à la fois un moyen pédagogique dans le sens qu?il est question de savoir si l?apprenant a reçu la formation nécessaire et un outil de sélection, d?où l?importance de la certification. L?International Baccalaureate, pour sa part, met l?accent sur le fait que l?évaluation est le processus continu où l?apprenant est contraint de travailler de manière assidue. L?évaluation prend place dans des situations réelles à travers des travaux communautaires, par exemple. L?évaluation fournit les données qui permettent à l?éducation de remplir sa fonction première, celle de former l?apprenant.

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