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A l?école d?artisanat
Desirée Call, assise en face de Monique Seenean, défile à l?aide d?un couteau les plantes de vacaos empilées dans une pièce jouxtant l?école d?artisanat St François d?Assise, à l?Escalier.
Elles sont environ une trentaine qui viennent trois fois la semaine à cette école d?artisanat fondée en février de l?année dernière par le père Raj Dorah.
?Avec le nombre élevé de femmes sans emploi dans ce village, nous avons cru utile de les regrouper pour les aider à développer leur potentiel, à mieux gérer leur temps et, éventuellement, trouver des marchés pour écouler les produits qu?elles ont fabriqués?, précise le père Dorah.
?Nous préparons le vacoas pour les autres collègues, C?est le matériau qu?elles utilisent pour confectionner les objets artisanaux?, confie Monique, licenciée d?une usine de textile.
?Personnellement j?ai appris à gérer mon temps depuis que j?ai commencé à fréquenter cette école. L?initiative du père Raj mérite d?être reprise d?autres endroits?, suggère Désirée.
Pour trouver de nouveaux marchés et faire le marketing des produits, la direction de l?école a déjà pris contact avec des établissements hôteliers du Sud pour avoir un emplacement permanent. ?Nous ne sommes qu?au stade de discussions mais nous souhaitons que l?Etat nous accorde un endroit, à l?aéroport de Plaisance par exemple, pour en faire un coin qui attire les touristes?, explique le père Raj.
Des règles strictes
Aidées de Suzy Félicité, d?Elizabeth Chung, de Nathalie Brocard, de Sybille Luk Hang, de Rosemay Babazy et de Maryline Pauline, les trois enseignantes, ces habitantes de l?Escalier, doivent impérativement se plier à certaines règles qu?exige la direction pour faire partie du groupe.
?Chaque participant doit comprendre l?esprit de ces règlements si nous voulons atteindre notre objectif. Au cas contraire, nous prenons un risque : que nos sponsors ne nous prennent pas au sérieux?.
C?est le devoir de chaque stagiaire, par exemple, d?éviter d?être absente pendant trois cours consécutifs sans aucune raison valable. ?La stagiaire n?aura malheureusement pas le certificat qui est remis à la fin de chaque cours?, précise Suzy.
Elle pense que c?est une manière de prouver le sérieux de l?institution aux organisations ou aux institutions qui sont intéressées à les aider financièrement.
Sylvie est une ancienne élève d?une institution secondaire de Mahébourg. Ayant quitté les bancs de l?école pour des raisons personnelles il y a deux ans, elle n?avait aucune notion de l?artisanat. Lasse de rester à la maison, elle décide, un beau jour, de prendre elle aussi le chemin de l?école d?artisanat de la paroisse de St François Xavier.
?Je ne savais pas que j?avais le potentiel. Je suis heureuse de pouvoir apporter ma contribution de manière positive dans la société, grâce à cette formation?, dit-elle, très émue.
Son rêve aujourd?hui : se mettre un jour à son propre compte et ouvrir une boutique artisanale.
Pour que le travail se fasse de manière professionnelle, la direction de l?école a jugé utile d?imposer un calendrier de travail en trois phases pour donner un plus grand choix aux apprenants.
Pour le 1er trimestre de février à avril, les stagiaires ont appris la broderie, sur des nappes, pour le sofa, la peinture sur toile et sur paillasson.
2e trimestre de mai à août : nattage avec le vacoas, confection de cadres de photos, de sous-plats et de coussins et 3e trimestre : décoration, fleurs en vacoas, fibres de coco et fibres de bananier.
Il n?y a pas de frais d?inscription mais tous les participants pourront contribuer selon leurs moyens pour le fonds de l?école qui est alimenté par Caritas.
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