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Une femme d?affaires s?en va-t-en-guerre
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Une femme d?affaires s?en va-t-en-guerre
Marie Noëlle Andée, femme d?affaires mauricienne établie à Paris, s?en va-t-en-guerre contre le ministère des Terres et du Logement. Elle réclame, par voie de mise en demeure, le droit d?exploiter un terrain loué à bail à Melville, terrain qui lui a été repris par ce ministère.
La mésaventure de cette Mauricienne commence en 2000, lorsqu?elle décide d?investir à Maurice. Engagée dans le tourisme de luxe, à Paris, à Londres et au Maroc, Marie Noëlle Andée rachète la totalité des actions de la compagnie Brabant Ltd pour Rs 8 millions.
Cette compagnie loue à bail un terrain sur les Pas géométriques de Melville, Grand-Gaube. Un projet de création de bungalows de luxe prend forme.
Marie Noëlle Andée opère dans ce créneau depuis de nombreuses années. Elle propose des bungalows de luxe en location, tant ceux du littoral mauricien que des villas au Maroc. Sa clientèle comprend notamment des personnalités françaises choisies, comme le chanteur Pascal Obispo ou l?ancien Premier ministre Edouard Balladur. Des clients qui se déplacent en famille, qui recherchent la tranquillité, le service personnalisé et le luxe. Champagne et limousine?
Offre ?inacceptable?
A Maurice, elle veut opérer avec ses propres bungalows et le site de Melville correspond à son souhait. Elle affirme s?être acquittée, dès l?origine, des divers frais nécessaires au démarrage du projet, surtout le coût du bail qui aurait été, au départ, de Rs 100 000.
Mais, en juillet 2004, le projet de Marie Noëlle Andée connaît un premier coup d?arrêt. Le ministère des Terres et du Logement l?informe que son option sur le terrain de Melville ne tient plus. L?Etat reprend le terrain. On lui indique qu?elle sera remboursée et on lui propose en échange un terrain ?marécageux en face d?un barachois, loin de la mer?. L?offre est, selon elle, inacceptable et elle décide de se battre pour récupérer le premier terrain. Elle loge une mise en demeure.
Pendant plus d?un an, Marie Noëlle Andée fait de fréquents va-et-vient entre Paris et Maurice. Elle frappe alors à toutes les portes. Peine perdue. Finalement, en juin 2006, le ministère des Terres et du Logement lui accorde un bail sur un terrain à Balaclava.
Mais la femme d?affaires s?estime lésée. Une zone agricole, sans route, encore en friche, qui n?est pas raccordée au réseau? Comment y développer son projet ? Elle affirme que cette région ne convient pas à son projet de luxe.
Marie Noëlle Andée critique tant l?ancienne administration que la nouvelle. ?Une telle attitude va porter un coup dur aux désirs d?investir des étrangers?, note la femme d?affaires. Elle est donc déterminée à se battre pour réaliser son projet d?origine. Elle affirme avoir déjà dépensé quelque Rs 12 millions. Le plan d?architecture, conçu par Maurice Giraud, est prêt, comme l?affirme la femme d?affaires elle-même.
Mais elle avoue avoir aussi dépensé de fortes sommes en déplacement et en frais d?avocats pour faire valoir son projet. Celui-ci pèserait Rs 100 millions. Elle est donc décidée à obtenir réparation.
Sollicité pour un commentaire, le ministère des Terres et du Logement n?a pas souhaité s?exprimer. Un porte-parole a confirmé la réception de la mise en demeure et qu?il ne peut donc y avoir de commentaire. ?No comment?, a-t-on conclu au ministère.
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