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4 octobre 2006, 00:00

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Par Akilesh ROOPUN

Les colères contre la récente hausse du prix des carburants viennent s’ajouter aux nombreuses critiques dans le public contre les mesures budgétaires et certaines initiatives de la restructuration économique dans un registre plus large.

Certes, le changement apporte souvent son lot de résistances et de critiques parfois très injustifiées. Un gouvernement ne peut toutefois les ignorer malgré toutes ses bonnes intentions. D’abord, les critiques sont importantes pour permettre aux décideurs politiques d’apporter certaines retouches aux projets de réforme sans toutefois remettre en question le fondement même de la restructuration.

Deuxièmement, l’humeur de la population est un élément déterminant dans la réussite des programmes de réforme. La manière dont les salariés et les opérateurs perçoivent les décisions économiques influence les objectifs recherchés.

Par exemple, si les gens de la classe moyenne estiment que les hausses de prix sont préjudiciables à leurs revenus – même si dans la réalité tel n’est pas le cas – ils peuvent réduire leur consommation afin de s’ajuster à ce cas de figure imaginaire. Cette démarche risque fort d’influer négativement sur la croissance dans la mesure où la demande des classes moyennes est un des principaux moteurs de l’activité économique.

L’humeur et la perception sont des notions incontournables dans la théorie économique. Elles sont des variables à part entière – et non pas des éléments accessoires – dans l’équation. Ces facteurs doivent au fait être analysés dans une perspective dynamique, au moyen de modèles macro-économétriques, ensemble avec les autres agrégats économiques.

Un traitement comptable des prévisions économiques dans le cadre des réformes en profondeur nous prive d’une vue d’ensemble des interactions entre les différentes variables, dont les réactions (rationnelles ou pas), aux décisions annoncées et leur impact sur les objectifs recherchés.

L’Etat doit tenir compte de plusieurs équilibres très fragiles dans sa stratégie économique, qui de surcroît prône la rupture. Il est dans une position très délicate et difficile. Les réformes sont indispensables pour nous éviter le gouffre. De l’autre côté, il y a le gros danger que les réformes soient mal comprises par la population, et que cela risque de tout faire capoter.

L’arme le plus efficace contre la mauvaise perception est une bonne stratégie d’explication axée sur la transparence et la vérité.

Les grognes contre les augmentations des prix pourront êtres gérées si les consommateurs comprennent le pourquoi des mouvements des prix. L’“Automatic Pricing Mechanism” se veut une institution crédible qui pratique la vérité des prix. Or, lors de la récente hausse des prix de l’essence, la State Trading Corporation, l’agence publique ne semble dire toute la vérité sur les conditions de son approvisionnement.

Après avoir annoncé des économies de Rs 350 millions grâce à un nouvel accord d’achat de produits pétroliers, la STC est venue, lundi dernier, annoncerune hausse du prix de l’essence. Elle a peut être ses raisons. Mais elle ne rassure personne en la circonstance. Cela ne fait que rendre les gens encore plus perplexes surtout à un moment où la confusion gagne rapidement du terrain.

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