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La Libye divise MMM et PSM et rend soupçonneux le GM

3 octobre 2006, 00:00

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Si septembre 1981 commence par un numéro spécial (d’un journal travailliste) des plus dithyrambiques en l’honneur de la Glorieuse Révolution du camarade-frère Muammar Khadafi, avec des articles les uns plus élogieux que les autres de nos différents partis politiques et de leurs leaders et porte-parole attitrés, faisant assaut de superlatifs et d’encensement dans l’espoir d’obtenir les meilleures grâces possibles aux yeux de Tripoli, ce mois s’achève pourtant sur une note anti-libyenne prononcée, à croire que les thuriféraires du début de ce mois ont été soumis à un lavage de cerveau en règle, suivi d’une délicate opération de coulage de cervelle dans des têtes, privées jusque-là de cette substance nerveuse, sans laquelle notre cerveau ne sert à rien.

Satcam Boolell, passant pourtant pour être le directeur général et propriétaire de la compagnie The Independent Publications Ltd, possédant et publiant le quotidien The Nation, fait savoir que le gouvernement travailliste enquête sur les activités de l’ambassade libyenne à Maurice. Il confesse, devant les journalistes, ne pas avoir de preuves accablantes qu’une ambassade étrangère se soit rendue coupable d’ingérences inadmissibles dans les affaires intérieures de la nation mauricienne. Il y a cependant enquête policière.

Sir Satcam, qui agit en tant que Premier ministre intérimaire en raison des fréquents et incessants déplacements de Sir Seewoosagur et de Sir Veerasamy Ringadoo, répond à un journaliste qu’il a demandé aux SSS (State Security Services) autrement dit la police politique au service du parti au pouvoir de vérifier le bien-fondé d’une nouvelle de Le Cernéen.

Ce défunt journal vient, en effet, d’annoncer la création d’un gang d’activistes pro-libyens. Les policiers-espions ont déjà soumis leur rapport à Sir Seewoosagur Ramgoolam. On ne parle pas encore d’escadron ni de milices secrètes s’entraînant au maniement des armes à l’ouest et au sud de Maurice. Cela viendra.

Selon les policiers-espions au service des locataires de l’hôtel du gouvernement, en 1981, l’objectif principal de ce gang est d’éliminer physiquement tous ceux qui s’opposent aux activités libyennes à Maurice. O Glorieuse Révolution que de crimes et d’assassinats ne prépare-t-on pas en ton nom !

Arrive en tête, sur cette liste noire des inconditionnels du frère Kadhafi, Harish Boodhoo en personne, bien sûr. Ses proches font savoir qu’il faut davantage qu’un gang, à la solde d’une Glorieuse Révolution, pour faire peur à l’homme de Belle Terre, à ce simple enfant de village. Ils profitent pour préciser que le PSM estime qu’aucun gouvernement, digne de ce nom, ne peut tolérer qu’une ambassade étrangère, fut-elle glorieuse et révolutionnaire, puisse soutenir financièrement des politiciens individuellement, des partis politiques et, pire encore, des journaux, fussent-ils des feuilles de choux.

Il semblerait donc que Harish Boodhoo ait réussi là où ont lamentablement échoué tant de ministres, même travaillistes, et en plein cabinet, à savoir dénoncer au grand jour les inacceptables et inadmissibles ingérences de l’ambassade libyenne dans les affaires internes de la nation mauricienne. Des ministres réclament depuis belle lurette de mettre fin à de telles ingérences. Ils butent toutefois sur un SSR plus tergiversant que jamais.

Un lecteur, Hassen Dilmahomed, félicite publiquement le patriotisme dont fait preuve Harish Boodhoo, en dénonçant les ingérences libyennes, n’hésitant pas même à mettre en danger l’accord politique et électoral le liant avec le MMM. Peu de politiciens peuvent se prévaloir d’un tel courage.

Il condamne le MMM qui n’ose pas contredire tout à fait son allié Boodhoo mais lui demande de mettre une sourdine à ses dénonciations et de se contenter de dénonciations d’ingérence à huis clos, in camera, et surtout pas en public, au vu et au su de tous.

Hassen Dilmahomed rappelle à bon escient le triste résultat des ingérences libyennes au Tchad, où Tripoli soutient successivement des putschistes comme Tombalbaye, Hissen Habre et Gokonni Ouedeye, pour finir avec une tentative d’annexion du Tchad par la Libye.

C’est que le torchon brûle entre le MMM et le PSM en raison justement du rôle joué à Maurice par l’ambassade libyenne. Boodhoo ne cesse de s’en prendre aux inadmissibles ingérences diplomatiques. Nul n’oublie une réunion particulièrement houleuse se déroulant jusqu’à 21 heures chez Anerood Jugnauth à La Caverne, au cours de laquelle partisans et opposants des ingérences libyennes et d’Al Jaddi s’opposèrent de toutes leurs forces.

Qui sait si le Jugnauth, devant expulser manu militari les diplomates libyens et leurs proches, en janvier 1984, ne s’est pas inspiré des propos proférés au cours de cette houleuse réunion vespérale à son domicile de la mi-septembre 1981… Sic transit Glorieuse Révolution, du moins à Maurice.

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