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Questions au Dr Renaud Ng Man Sun

3 octobre 2006, 00:00

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● Pourquoi avoir pris ce poste pour la prévention du VIH/SIDA à la Commission de l?océan Indien ?

Je l?ai fait car cette proposition constituait un défi. A l?AIDS Unit, je m?occupais de la prévention du VIH/SIDA pour Maurice. Maintenant, je le fais pour les pays de la région de l?océan Indien incluant Maurice.

● Quelles sont vos responsabilités à la COI ?

J?administre un projet régional de prévention et de prise en charge par rapport au VIH/ SIDA et aux infections sexuellement transmissibles (IST) qui se nomme Projet d?appui à l?initiative régionale du VIH/SIDA/IST dans les pays membres de la COI. Ce projet a pour but de s?aligner sur l?objectif du millénaire pour le développement : stopper la propagation du VIH/SIDA et même inverser la tendance actuelle dans les pays de la COI. Bien qu?étant en augmentation, la prévalence est heureusement encore en-dessous de 1 % dans chacun de ces pays. L?objectif spécifique de ce projet est de prévenir de nouvelles infections dans et entre les pays de la COI.

● Comment vous emploierez-vous à atteindre cet objectif ?

Il faut que les populations de la sous-région soient sensibilisées aux risques du VIH/SIDA/IST et évitent les comportements à risques. Pour cela, nous devons sensibiliser la population et les populations à risques par diverses activités telles que des campagnes d?information nationales, régionales, par le renforcement des capacités de la société civile, par la sensibilisation au niveau des écoles, des ports, du secteur privé.

Pour que les prestations préventives et curatives soient de qualité dans les pays de la région, il faudra renforcer les capacités des prestataires de services que sont les centres de dépistage anonyme et gratuit, les centres de prévention de transmission de la mère à l?enfant, de même que du personnel s?occupant de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA/IST.

Nous ferons aussi une surveillance de l?épidémie en mettant en place à Maurice un observatoire régional qui travaillera de concert avec des antennes nationales. L?observatoire analysera les données de chaque pays et leur enverra les conclusions. Ces pays pourront alors réajuster leurs ripostes en fonction des données recueillies.

● Quelle est la durée de ce projet et qui le finance?

Ce projet, qui a commencé avec mon recrutement en février, dure quatre ans. Son principal bailleur de fonds est la Banque africaine de développement qui donne 7 millions d?euros. La Coopération française met 1 million d?euros, la COI 600 000 euros et l?ONUSIDA 500 000 dollars américains. L?unité de coordination du projet comprend le Dr Agnès Chetty, chargée de formation, Jacques Misago, expert en passation de marchés, Rijasou Rakotondravelo, le comptable et moi. Il est clair que pour mener à bien ce projet, nous devons également acquérir les services d?autres consultants. L?évaluation finale reviendra à l?ONUSIDA.

● Dans le concret, avez-vous les moyens d?influer sur les programmes nationaux de lutte contre le SIDA?

Le projet d?appui prévoit un inventaire des politiques et de prise en charge de chaque pays. On essaiera de les harmoniser par la formation, ce qui est en elle-même un fort plaidoyer. C?est un bon élément pour faire avancer les choses.

Nous avons constaté que certains pays de la région, en recul par rapport à d?autres, sont arrivés à parité dans la prévention et la prise en charge après un renforcement de capacités. Le pays est certes souverain de ses décisions et le projet n?impose rien. Mais de par son mandat, la COI est habilitée à en parler à son Conseil des ministres. Et puis, comme l?indique son nom, c?est un projet d?appui. En d?autres termes, nous disons au pays : aide-toi et le ciel t?aidera. Nous ne sommes là que pour t?appuyer.

Propos recueillis par Marie-Annick SAVRIPÈNE

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