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L’Irak et Al-Qaida, au centre des élections américaines
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L’Irak et Al-Qaida, au centre des élections américaines
À un peu plus d’un mois des élections législatives américaines du 7 novembre, le climat s’est subitement durci entre les républicains, qui s’efforcent de concentrer les débats sur la “guerre contre le terrorisme”, et les démocrates, qui entendent replacer l’Irak au centre de la campagne. Alors que la gauche bénéficiait d’un net avantage dans les sondages, le “septembre sécuritaire” des républicains, doublé d’une diminution notable du prix de l’essence, a vu l’écart se réduire, provoquant la nervosité des démocrates et l’entrée en piste de l’ancien président Bill Clinton.
Depuis fin août, le président George Bush avait réussi à imposer un ordre du jour correspondant au sujet qui donne encore un léger avantage à son camp, la protection des Américains. Le Congrès, qui n’a encore voté aucune loi de finances et encore moins la réforme de l’immigration, a été entièrement mobilisé sur les projets de loi sur la détention des suspects d’Al-Qaida, les écoutes téléphoniques et la sécurité des ports. En parallèle, une polémique s’est développée sur la prétendue faiblesse des démocrates de l’équipe Clinton. Alors qu’il avait accepté de parler de ses oeuvres caritatives sur la chaîne conservatrice Fox News, l’ancien président s’est soudain retrouvé obligé d’expliquer pourquoi il n’avait pas plus vigoureusement pourchassé Oussama Ben Laden, le chef d’Al-Qaida. Il s’est penché en avant, l’index accusateur. “Au moins, j’ai essayé, a-t-il dit. Contrairement à certains...”
Son épouse Hillary, candidate dans l’Etat de New York, l’a défendu en estimant que George Bush était mal placé pour critiquer, ayant reçu un mois avant les attentats une note l’informant que Ben Laden cherchait à “frapper à l’intérieur des Etats-Unis”.
La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, qui était à l’époque conseillère à la sécurité nationale à la Maison- Blanche, a vertement répliqué. “Les démocrates n’ont pas laissé de plan stratégique” contre le terrorisme, a-t-elle dit. Les chaînes de télévision ont immédiatement montré son témoignage devant la commission officielle d’enquête sur le 11-Septembre. Elle y reconnaissait que l’équipe Clinton avait laissé “un ensemble d’idées”, certaines étant potentiellement opérationnelles.
L’Irak est tout à coup revenu au premier plan cette semaine avec la parution dans la presse d’articles résumant la teneur d’un rapport confidentiel du National Intelligence Estimates (NIE), rédigé par les seize agences du renseignement et remis au Congrès le 26 avril. Le document affirme que la guerre a accentué la menace terroriste et que le mouvement djihadiste mondial est en expansion. Le président Bush, visiblement agacé, a dénoncé ces fuites et a pris la décision, très inhabituelle, de mettre le document sur la place publique. Il ne s’agit que de trois pages mais les extraits sont sans appel. Dès le milieu de l’après-midi, tous les médias reprenaient l’expression de “cause célèbre”, en français dans le texte, contenue dans le rapport pour décrire ce qu’est devenu l’Irak pour les djihadistes.
Les démocrates ont tenté de profiter au mieux de la situation. Leur chef de file à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a essayé d’obtenir un débat en séance, mais il a été rejeté. Les républicains ont contrecarré en soulignant que le NIE indique qu’un retrait d’Irak serait considéré comme une victoire par les djihadistes.
La stratégie irakienne de l’administration n’a pas évolué. M. Bush attend les conclusions du groupe de réflexion sur l’Irak conduit par l’ex-secrétaire d’Etat James Baker. Celui-ci a déjà prudemment indiqué qu’il ne publiera pas ses recommandations avant les élections.
POLÉMIQUE
<B>Nouveau rapport sur l’Irak </B>
■ L’administration Bush a mis en chantier un nouveau rapport du renseignement sur l’Irak qui ne devrait pas être achevé avant les élections du 7 novembre, a-t-on appris hier . Mais ce document, sur lequel travaillent des responsables du renseignement depuis six semaines environ, a immédiatement été aspiré par la polémique qui fait rage aux Etats-Unis sur l’Irak et le terrorisme dans le contexte de la campagne électorale. Il s’agira d’une nouvelle synthèse des différentes agences fédérales du renseignement, ou National Intelligence Estimate, du même type que le rapport sur le terrorisme mondial dont les fuites le week-end dernier dans la presse américaine ont déclenché une intense bataille entre l’administration Bush et l’opposition démocrate. Ce rapport doit faire le point sur la façon dont les 16 agences de renseignement des Etats-Unis perçoivent la stabilité du gouvernement irakien et anticipent l’évolution des violences en Irak. Plusieurs démocrates, affirmant qu’il exposera une image beaucoup plus sombre de l’Irak que celle que relaie la Maison- Blanche, ont réclamé qu’il soit diffusé avant les élections de “midterm”.
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