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Risque de pénurie de riz dans la Grande île

28 septembre 2006, 00:00

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De l’inquiétude dans l’air. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Roger Marie Rafanomezantsoa, lance un appel pour la reprise des importations de riz. La filière connaît des couacs. Des signes de grogne apparaissent dans l’Alaotra, les prix découragent les paysans, mais incitent, par contre, à la rétention. Les importations, devenues peu rémunératrices, n’attirent plus les opérateurs. A terme, l’inquiétude pourrait évoluer vers une grande peur. Le riz menace l’élection.

“Les importations de riz doivent reprendre, et les opérateurs doivent donner une réponse avant octobre.” Le ministre de l’Industrie, du Commerce et du Développement du secteur privé, Roger Marie Rafanomezantsoa, se fait pressant. Il craint que “ passée cette échéance et si aucune importation n’est engagée, la situation risque de devenir critique ”. Il fait état d’un gap de 100 000 tonnes à combler pour réguler le marché.

Un rapport alarmant</B>

Le ministre ne l’a pas dit aussi clairement, mais faute d’importation dans les prochaines semaines, la menace de pénurie se fera plus précise, avec ce que cela suppose d’impact sur les prix en période de soudure. Début septembre, l’Observatoire du riz (OdR), au cours du séminaire sur le système d’information et l’intégration des marchés vivriers, a déjà évoqué l’éventualité d’une pénurie avant de se rétracter.

Son rapport sur le mois de juillet était d’ailleurs alarmant. “ Si en juillet 2005, les intentions d’importation, enregistrées par la Banque centrale, se montaient à 30 019 tonnes, elles ne sont, en juillet 2006, que de cinq tonnes ”, y lit-on. Et depuis, aucune importation n’a été enregistrée. Pourtant, le même document précise “que juillet est traditionnellement le mois durant lequel les importateurs commencent à passer leurs ordres d’achat pour des livraisons prévues un à deux mois plus tard ”.

La saison noire 2004-2005 revient dans les esprits. A cause de l’insuffisance des importations, les prix de la denrée ont atteint des pics inimaginables. Le riz était rare et le kilo s’échangeait, au plus fort de la crise, à environ 1 800 ariary.

La plate-forme pour la relance de la filière riz se veut rassurante, en annonçant l’arrivée d’une cargaison de 50 000 tonnes de riz avant la fin de l’année et en affirmant “qu’il n’y aura pas de crise similaire à celle de 2004 ”. Mais la situation n’incite pas à autant d’optimisme. “ Nous préférons attendre et observer l’évolution de la situation avant de nous engager ”, confie le responsable d’une société de collecte et d’importation de riz.

A l’origine du recul des importations de son entreprise et de celles des autres, le manque de compétitivité du riz importé par rapport au riz local. Alors que le second est proposé à environ 800 ariary le kilo sur les étals, le premier est à 850 ariary à son débarquement au port.

Aucune incitation</B>

Le même responsable évoque également les difficultés financières des entreprises et les hésitations des banques à leur donner des lignes de crédit nécessaires à leur activité. “La mauvaise expérience de l’année dernière, avec la stagnation du marché, les incite à prendre moins de risque”, explique un autre opérateur.

Le report du stock de riz importé en 2005, l’augmentation de la production et la diminution des activités de collecte sont autant de raisons avancées par les spécialistes pour expliquer la baisse de la valeur du riz local.

Comme habituellement, en septembre-octobre, le prix du produit commence à remonter. Cette hausse risque pourtant de ne pas influer sur le comportement des importateurs.

L’imminence de l’élection ne les rassure pas. Une abondance de riz sur le marché local, et partant une diminution, au mieux une stagnation, de sa valeur, n’est pasà écarter à l’approche du 3 décembre. D’ici là, rares sont ceux qui croient en l’éventualité d’un prix du riz local susceptible d’inciter à l’importation.

<I>L’Hebdo de Madagascar</I>

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