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L’île soeur va construire le plus haut pont ferroviaire au monde
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L’île soeur va construire le plus haut pont ferroviaire au monde
L’un s’étire sur un peu plus d’un kilomètre, l’autre ne s’étend que sur 730 mètres. Ensemble les deux ponts de la Grande Chaloupe et de la ravine à Jacques constitueront l’emblème du tram-train, le symbole de cette infrastructure exceptionnelle dont le coût total avoisinera 1,3 milliard d’euros. Inspirées du viaduc de Millau, ces deux passerelles jetées au milieu des remparts relieront la Possession au plateau du massif de la Montagne.
Là haut, à plus de 200 mètres d’altitude, les voyageurs glisseront le long de la falaise et distingueront en contrebas les automobilistes empruntant la route du littoral. La conception des ouvrages d’art de la Grande Chaloupe et de la ravine à Jacques a nécessité de très longues études préliminaires. Il a d’abord fallu effectuer des repérages précis sur le site, puis ébaucher les premières esquisses, et enfin apporter une réponse à des difficultés que l’on aurait pu croire insurmontables.
Afin de ne pas écraser le paysage avec des blocs de béton, les concepteurs du tram-train ont imaginé une structure légère et transparente, s’insérant avec élégance dans l’environnement. Un choix esthétique et technique à la fois. Une prouesse architecturale également qui, au final, accentuera davantage l’escarpement et la profondeur des vallées. Très profilé – il ne fera que 3,5 mètres d’épaisseur - le tablier sur lequel circuleront les rames sera posé sur des piles très hautes de deux jambes. En surface, des pylônes prolongeront les appuis. Chaque pylône supportera une paire de haubans, d’énormes câbles de 25 centimètres de diamètre destinés à rigidifier la construction.
500 ouvriers mobilisés</B>
A la différence d’un pont suspendu soutenu aux extrémités par deux gros câbles, le pont à haubans est relativement plus facile à construire et à entretenir. Sur ce chantier, pourtant, les 500 ouvriers qui seront mobilisés pendant près de quatre ans devront redoubler d’efforts et d’ingéniosité. Car il ne sera pas facile à certains endroits de franchir les falaises et de creuser des puits afin d’implanter les piles dans les pentes abruptes.
Compte tenu de la durée des travaux, les ingénieurs redoutent aussi d’éventuels cyclones. Il suffirait, en effet, que l’air s’engouffre dans l’une des piles en cours d’assemblage pour que l’ensemble de l’édifice soit fragilisé. L’impact des phénomènes météorologiques reste d’ailleurs l’une des obsessions des experts. Le tracé étant très proche de la mer, il n’est évidemment pas question qu’une simple brise marine empêche demain les rames de circuler à près de 100 km/h sur ce tronçon aérien. A partir d’une maquette physique réalisée à l’échelle, des essais en soufflerie seront bientôt menés par le Centre scientifique et technique du bâtiment basé à Nantes (CSTB). L’objectif est de vérifier l’intensité des vents sur le plateau et d’apprécier comment se comportent les trains. La décision n’est pas encore prise, mais des écrans de protection seront vraisemblablement installés le long des ponts afin de réduire les effets des masses d’air.
“La construction de ces deux ponts constitue l’un des plus gros chantiers d’ouvrage d’art français au cours de la prochaine décennie”, confirme Michel Virlojeux. Recruté il y a un an et demi par la Région comme consultant, cet expert de renommée mondiale (lire en hors-texte) adore relever les défis. Lorsque les travaux seront terminés, la Réunion abritera le plus haut pont ferroviaire au monde. Aujourd’hui, seuls le viaduc de Millau, avec une hauteur maximale de 343 mètres, et le Royal Gorge Bridge du Colorado (321 mètres), sont plus impressionnants. Mais ces ponts n’ont qu’une vocation routière.
<B>Extraits : Clicanoo.com</B>
<B>Pierre Vergès : “Bâtissons ensemble les transports de demain”</B>
“Le tram-train ne se limite pas à être un moyen de transport, même si l’on peine encore à prendre la mesure des bouleversements qu’il va entraîner pour notre quotidien. Le tram-train est un extraordinaire vecteur de développement et d’aménagement. Sa vocation de rapprocher les quartiers et les populations influencera nos modes de vie. C’est certain ! Parce que ce mode de déplacement nous permettra surtout d’aller plus vite et en toute sécurité d’un point à un autre, et ce, tout en préservant notre environnement. C’est pour cela que dès à présent, nous devons être conscient que bientôt, il nous faudra reconsidérer nos repères, tant dans l’espace que dans le temps : domicile, travail, loisirs... Au vu des difficultés de circulation qui s’aggraveront d’année en année et l’arrivée du tram-train, le moment est venu pour la Région et les deux autorités organisatrices de transport que sont le TCO et la CINOR, de se mobiliser autour d’un syndicat mixte de transport afin de définir et mettre en œuvre une véritable politique de déplacements axée sur la performance. Enfin, je voudrais dire que derrière les discours et le débat sur le tram-train et le début d’une campagne de communication et de concertation qui fera date, il y a toute la passion, le savoir-faire, le sérieux et le dévouement d’une équipe. Celle de la mission tram-train, composée d’ingénieurs, de techniciens et d’administratifs de la Région, de la SR21, des bureaux d’études qui ont su déjouer les embûches qui auraient pu contrecarrer le projet des Réunionnais. Certes, le chemin est encore long et les défis techniques qui nous attendent sont à la hauteur des enjeux. Mais ça y est, nous avons maintenant un tracé défini et un mode de financement avantageux pour la collectivité. Nous pouvons dire aujourd’hui que notre île vivra désormais au rythme d’un projet réaliste et unique au monde que les Réunionnais vont découvrir et se l’approprier. Paulo Coelho disait : “Ce qui rend un rêve impossible c’est la peur d’échouer.” Notre histoire est là pour nous montrer que les Réunionnais ont toujours su relever les défis. Alors, encore un peu de patience et notre rêve deviendra réalité, avec une île transformée où il fera bon s’épanouir”.
<B>Michel Virlojeux, un expert de renommée mondiale</B>
L’homme est affable et brillant. Polytechnicien, ingénieur en chef des Ponts et chaussées, professeur à l’École spéciale des travaux publics pendant 20 ans, Michel Virlojeux compte à son actif plus d’une centaine de ponts dont celui de Normandie, de l’Ile de Ré, de Cheviré, de Seyssel sur le Rhône... Ce spécialiste en ouvrage d’art est aussi le père du viaduc de Millau, ce pont autoroutier à haubans qui traverse la vallée du Tarn. Sollicité par la Région comme consultant, Michel Virlojeux a multiplié depuis un an les visites sur le site. En ayant à l’esprit cette préoccupation majeure : trouver un compromis entre la valorisation du site et les impératifs géologiques. Cette démarche associant systématiquement techniciens, paysagistes et architectes a toujours fait ses preuves dans le passé. Dans le monde des grands bâtisseurs, cet expert de renommée mondiale est aujourd’hui incontournable. Il a construit des viaducs en Turquie, en Allemagne, et vient de remporter un appel d’offres international de 700 millions de dollars à New York. Les Américains ont décidé de remplacer le “Kosciusko Bridge”. Connu localement sous le nom de “ponts jumeaux”, ce vieil ouvrage en acier achevé en 1959 enjambe le fleuve mohican entre les villes de Colonie et Halfmoon.
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