Publicité

Les aides au rattrapage

27 septembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La diplomatie économique mauricienne a trouvé un nouveau credo : militer pour que les ?aids for trade? (AFT) prennent forme, malgré l?échec des négociations commerciales multilatérales à Genève. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, rentre d?une mission de Singapour où il en a été beaucoup question.

Maurice joue la carte de la discipline dans la gestion macroéconomique et de la bonne gouvernance pour se signaler au niveau des initiatives d?AFT. L?économie mauricienne est aux urgences. Les remèdes et autres interventions pour une remise en état durable nécessiteront des investissements de Rs 150 milliards pour les dix prochaines années. Le gouvernement mauricien est à la recherche d?assistance financière auprès des institutions financières internationales et auprès des pays amis, pour pouvoir financer les réformes vitales, dans les délais. Une bonne partie de ces ressources devraient provenir des éventuelles enveloppes consenties sous les AFT.

Les AFT sont une initiative de l?Organisation mondiale du commerce (OMC), en conformité avec la vocation de développement du présent cycle de négociations commerciales entamé à Doha, au Qatar en 2001. Ces mesures devraient soutenir l?effort d?ajustement des pays pauvres et ceux en développement aux secousses de la libéralisation du commerce international.

Maurice se qualifie pour ces aides car elle a déjà souffert de l?ouverture du marché du textile-habillement et du démantèlement du régime sucrier européen. Mais le pays ne joue pas que sur la défensive. Il veut accélérer sa croissance et passer à la ligue des high income countries dans les dix prochaines années. Pour cela, il est en train de développer de nouvelles industries tout en consolidant celles existantes. Les AFT correspondent à ce besoin également, dans la mesure où elles sont censées aider les pays comme le nôtre à développer leurs infrastructures et leurs compétences pour mieux exploiter les nouvelles opportunités d?exportation avec l?ouverture des marchés.

Maurice est à la recherche d?aides financières et techniques pour moderniser ses infrastructures de commerce extérieur dont l?aéroport, le port et le réseau de télécommunication. Le pays interpelle le sens de solidarité des nations riches pour que les aides au développement se concrétisent et les décaissements éventuels se fassent au bénéfice des candidats méritants. Lors de son intervention à l?assemblée nationale des Nations unies la semaine dernière, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a mis l?accent sur la ?responsabilité spéciale? des pays du Nord en vue de soutenir les stratégies de développement des pays moins fortunés. Ils ont les moyens de rendre opérationnelles les initiatives d?AFT et d?aider ces derniers à intégrer l?économie internationale. La grande question est de savoir la forme que prendront les AFT. Les membres de l?OMC sont en attente des recommandations de la WTO Aid for Trade Task Force à cet effet.

Mais Maurice a déjà pris les devants pour suggérer les formes que ces aides pourraient prendre pour aller plus vite. Le gouvernement attire l?attention de la communauté internationale sur les instruments de coopération qui existent déjà, comme le Fonds européen de développement, mais qui nécessitent néanmoins un certain remodelage.

Le directeur général de l?OMC, Pascal Lamy, s?inquiétait dans un discours lundi dernier du danger que les économies vulnérables pourraient perdre l?unique occasion de s?intégrer au système de commerce international avec la suspension des négociations à Genève. Les AFT représentent plus que jamais un moyen pour se rattraper.

Publicité