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Navin Ramgoolam durcit le ton

23 septembre 2006, 00:00

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Si les thèmes évoqués hier par le Premier ministre (PM) aux Nations unies étaient récurrents aux discours de PM mauriciens à cette même tribune, Navin Ramgoolam a par contre surpris par son ton. Prenant la parole à la 61e réunion annuelle des chefs d?Etats et de gouvernements, il a adopté un ton très sobre pour son discours de 17 minutes. Mais à l?évocation des Chagos, et en parlant de l?absence de l?Inde et d?un pays africain au conseil de sécurité des Nations unies, il durcit ses propos.

«Ma délégation voudrait attirer l?attention de cette assemblée sur le fait que 38 ans après son indépendance, Maurice ne peut toujours pas exercer sa souveraineté sur l?archipel des Chagos qui inclut Diego Garcia. L?archipel a été excisé par l?ancien pouvoir colonial pour être utilisé à des fins militaires. Derrière notre dos. Dans le mépris total de la résolution de l?Assemblée générale des Nations unies 1514 et 2066. Cet exercice comprend aussi le déplacement honteux des habitants des Chagos de leur patrie en les privant de leurs droits fondamentaux.»

Le PM ajoute que la loi internationale, aussi bien que le respect de la souveraienté de tous les pays, doit prévaloir. «Nous demandons ainsi encore une fois au Royaume-Uni d?entamer un dialogue constructif avec mon gouvernement pour que Maurice puisse exercer sa souveraineté sur l?archipel des Chagos.»

<B>«C?est moralement inacceptable»

La question de la souveraineté mauricienne sur Tromelin a aussi été évoquée et l?espoir du PM d?arriver à un accord repose sur «l?excellente relation bilatérale qui existe entre la France et Maurice».

Navin Ramgoolam s?est aussi montré impatient en ce qui concerne la réforme du conseil de sécurité, évoquée il y a 50 ans déjà. La résistance de «some members» qui défendraient leur propre intérêt a été déplorée.

«C?est inacceptable que l?Afrique, l?Amérique du Sud et les Caraïbes ne sont pas représentés en tant que membres permanents du conseil de sécurité. C?est aussi moralement et politiquement inacceptable que la plus grande démocratie du monde, l?Inde, n?a toujours pas sa place permanente au conseil de sécurité», s?est insurgé le PM mauricien.

Maurice, a-t-il ajouté, fera tout ce qu?elle peut pour la promotion et la protection des droits humains. La pauvreté et les efforts qu?il faut faire pour l?éradiquer, le développement, le sida, le réchauffement de la planète et la prolifération des maladies comme la malaria, l?instabilité au Moyen-Orient, la mondialisation «qui n?est pas en train de tenir ses promesses» et les problèmes auxquels Maurice fait face, les réformes entreprises au niveau local, l?adhésion de Maurice au principe de justice sociale, l?Empowerment programme entre autres, ont aussi été évoqués.

Ramgoolam estime que les chef d?Etats et de gouvernements des différents pays réunis à l?Assemblée générale des Nations unies «se sont vu confier la destiné de (nos) peuples et (nos) pays. Nous sommes les gardiens temporaires du bien-être de nos peuples (?) Si nous voulons construire un monde meilleur pour nos citoyens, (?) il faudra arrêter de parler de nos intentions nobles. Il nous faudra walk the walk et pas seulement talk the talk».

Le PM a terminé son allocution en français. Il a souligné que les Mauriciens sont les «enfants de différentes origines. Notre identité a été tissée par des fils du Nord, Sud, Est et Ouest» .

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