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Ces partis futiles

20 septembre 2006, 00:00

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par Nazim ESOOF

La crise que traverse le Mouvement républicain de Rama Valayden est symptomatique d?un mal congénital à nos formations politiques. Si le cas du MR fait un peu de bruit, c?est que ce parti fonde son action sur une culture de proximité qui le pousse à une certaine expansivité. Toutefois cette aporie, qui fait ressortir l?asymétrie entre responsabilités politiques et responsabilités gouvernementales, est propre à l?ensemble des partis politiques. S?ils étaient un tant soit peu organisés, les MMSM, PMXD, PMSD auraient connu les mêmes difficultés. Heureusement pour leurs leaders, ce ne sont des partis que de nom et ils ne servent strictement que les intérêts personnels de leurs dirigeants.

Le paradoxe est patent. Les dirigeants politiques des partis de la majorité, et c?est le cas pour toutes les majorités, s?échinent à manifester une solidarité au pouvoir mais, parallèlement, se retrouvent en mésintelligence avec leurs électorats et leurs partis. S?il n?était question que de la vie des partis, on ne se serait pas arrêté à ce phénomène. Cependant plus en profondeur, c?est la cause principale de l?appauvrissement généralisé du débat politique mauricien.

Il ne s?agit pas ici de dénoncer ce fait avéré qui veut que les partis ne servent qu?à assouvir l?ambition des leaders. Aspiration certes légitime mais fondamentalement antidémocratique. La démocratie présuppose une vie des partis qui ne soit pas enrégimentée par la logique du pouvoir. Ce n?est pas le cas à Maurice. Bien au contraire, les hommes au pouvoir dépouillent les partis de leurs sens.

Sauf pour le MMM des années 1970, on subit une longue incurie des partis à alimenter en idées le débat national. Si on souffre d?un tel désert d?idées, c?est principalement dû aux structures des politiques. Aujourd?hui comme hier, elles sont interchangeables. Même s?il faut préciser que désormais, en affichant sa foi dans le libéralisme économique, l?Alliance sociale ouvre la voie à une contestation de gauche de sa manière de gouverner.

Les partis d?opposition auraient pu tirer avantage de cet état des choses pour favoriser une bipolarisation de la chose politique qui ne repose plus sur les critères ethniques ou populistes. Mais on est à Maurice. Et à Maurice, on ne croit pas le peuple suffisamment intelligent pour comprendre de telles nuances. C?est ce qui fait qu?à présent, on retrouve, par exemple, le MSM adopter les mêmes thèmes de campagne qui ont fait la réussite de l?Alliance sociale.

Les partis politiques sont pris dans ce cercle vicieux. Constitués de suiveurs, de ?roder de bout? et de quelques individus motivés d?intentions nobles, ils ne proposent aucune alternative, aucun décloisonnement idéologique, aucune remise en question des schémas classiques de gestion des affaires de l?Etat.

La quête du pouvoir est un exercice himalayen. Elle nécessite l?engagement d?une vie. Celles et ceux qui arrivent à donner un sens à cette quête n?appartiennent pas à la catégorie des cupides dont le seul objectif est de se faire une place sur les travées de la majorité gouvernementale. C?est la réalité de la vie politique mauricienne. C?est le cauchemar de ces structures des partis politiques qui n?ont de pertinence que durant une campagne électorale.

Entre les partis à l?organigramme dysnastique et les partis asservis au charisme d?un leader, il n?y a à Maurice aucune formation qui réfléchit au fonctionnement de la société et qui a un projet de réingénierie politique et économique. Le contraire aurait permis l?émergence de nouvelles figures nationales. Simplement?

Lorsque le général de Gaulle milita en faveur du républicanisme, c?était pour diminuer le pouvoir parlementariste des partis. A Maurice, c?est le pouvoir qui étouffe les partis et, ce faisant, freine la possibilité de renouvellement des idées et des hommes.

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