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Les infirmiers de Rose-Belle exaspérés

5 septembre 2006, 00:00

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Le personnel soignant de l?hôpital de Rose-Belle est exaspéré. Ces infirmiers crient leur colère après l?agression physique d?une infirmière. Hier, elle a été giflée par plusieurs proches d?un patient décédé a cet hôpital. Une autre infirmière a, elle, été agressée verbalement. Ses agresseurs lui reprochent de n?avoir pas été informés du décès.

La tension est forte à cet hôpital. Les infirmiers ne se sentent plus en sécurité. Le secrétaire de la Nursing Association, Govindnass Nathoo, pense que le temps est aux actions: ?Enough is enough. Nous ne voulons pas des rapports et de réunions. Nous voulons des mesures de sécurité. Si dans dix jours, rien n?est fait, nous n?aurons d?autre choix que d?avoir recours à un sit-in.?

L?association de médecins Medical and Health Officers Association s?est jointe à la démarche des infirmiers et se propose d?arrêter le travail si rien n?est fait. ?Ce sont des actes inhumains. Un groupe de personnes qui s?attaque à une femme. Ce n?est pas imaginable. Les patients deviennent de plus en plus exigeants et nous agressent verbalement tous les jours. Ils ont franchi une autre étape en ayant recours à l?agression physique. Cette fois, nous arrêterons le travail si nous avons à travailler dans de telles conditions de grande pression?, soutient Ashock Raghubar, président de l?association des médecins généralistes.

Un sit-in des infirmiers, prévu aujourd?hui, a été reporté après discussions entre la Nurses Association et Jaya Veerapen, chef de cabinet du ministère de la Santé. Vers 13 heures hier, ces infirmiers, regroupés dans l?enceinte de l?hôpital, avaient manifesté leur colère.

La direction de l?hôpital de Rose-Belle, qui a réuni un regional security committee hier, rassure : ?Nous avons pris trois ou quatre mesures pour renforcer la sécurité.? Suivant une réunion avec le personnel, la direction de l?hôpital se propose de recruter des gardes de sécurité, comme dans le passé. Des procédures sont enclenchées dans ce sens au niveau du ministère de la Santé. Ce ministère a reçu hier après-midi le rapport de l?hôpital de Rose-Belle et condamne les incidents.

L?accès à l?hôpital revu

La pratique du recours à des gardes de sécurité aux hôpitaux a été interrompue en raison d?anomalies notées dans l?allocation des contrats. Il avait été constaté que des travailleurs manuels (laboureurs) avaient été sollicités pour assurer la sécurité dans les hôpitaux. Un secrétaire permanent avait été suspendu pour le motif de ces anomalies. Il est maintenant question de remettre l?ancienne formule sur le tapis.

Outre ces dispositions, un nouveau protocole a été défini. En cas de décès d?un patient, la police en sera informée par le personnel hospitalier. Pour récupérer le corps du défunt, les parents devront se faire accompagner d?un policier, procédure qui évitera les dérapages d?hier.

L?accès à l?hôpital a également été revu. Des trois entrées, une seule sera désormais accessible après 18 heures. Il est à noter que les infirmiers refusent d?assumer le contrôle de l?accès aux salles à l?heure des visites, contrôle qui est une autre source de confrontation avec le public.

Depuis quelque temps, la Nursing Association travaille sur un projet pour tenter de prévenir la violence verbale et physique dans les hôpitaux. Une campagne publique d?information à cet effet est envisagée.

Entre-temps, les infirmiers se concertent pour décider de la marche à suivre. Le sit-in reste une de leurs options.

VIOLENCES

Des agressions régulières

■ La dernière agression en milieu hospitalier remonte à un mois, à l?hôpital Jeetoo à Port-Louis. Les infirmiers avaient demandé à un patient de rester en observation après une injection. Estimant l?attente trop longue dans son fauteuil roulant, le patient s?en est pris à un médecin. Un policier qui est intervenu a été blessé. Le personnel du service des urgences, se sentant menacé au vu de la violence, avait dû s?enfuir.

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