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Boolell et Bizlallenterrent la hache de guerre
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Boolell et Bizlallenterrent la hache de guerre
À l?heure où tous les fonctionnaires s?apprêtaient à quitter leurs bureaux au 8e étage du bâtiment Renganaden Seeneevassen le 1er septembre, pour le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, c?était l?heure du déjeuner. « Je pars dans quelques minutes à une réunion importante. La journée a été rude, mais je suis quand même satisfait. »
Quelques minutes auparavant, au rez-de-chaussée du même bâtiment, Jack Bizlall s?était adressé à une foule de pêcheurs venus des quatre coins de l?île. « Tous les points de cet accord ont été acceptés. Il sera ratifié mercredi lors d?une réunion avec les techniciens du ministère. Zot kapav all lakaz », lance-t-il avant de disparaître dans la foule.
Ces deux hommes qui, il y a huit jours, avaient des arguments diamétralement opposés autour de la nouvelle formule de compensation versée aux pêcheurs en période de mauvais temps, ont grâce à leur talent de négociateur et leur sens du dialogue, trouvé un terrain d?entente.
Le gouvernement maintient certes le système de compensation sur une base régionale à l?intérieur du lagon. Cependant, ce système qui était jusqu?ici au c?ur de leur désaccord, n?affectera que les pêcheurs qui refusent un statut qui les autorise non seulement à pêcher à l?intérieur, mais aussi à l?extérieur du lagon.
Ils sont près de 400. Et il est peu probable que ceux-ci refusent cette offre. S?ils l?acceptent, ces pêcheurs viendront alors s?ajouter à la liste de 1 222 autres qui détiennent déjà une autorisa-tion pour pêcher à l?intérieur et à l?extérieur du lagon. Ce qui leur donnera le droit de percevoir automatiquement cette compensation dès que les critères basés sur les conditions météorologiques en dehors du lagon sont établis.
Le syndicat, mené par Jack Bizlall, a négocié un plan d?aide pour les pêcheurs de plus de 60 ans. Il propose qu?une somme fixe leur soit versée et qu?ils soient autorisés à poursuivre leurs activités de manière semi-professionnelle s?ils le souhaitent. Mercredi, les deux parties vont se rencontrer pour régler certains détails techniques avant de ratifier l?accord.
« La présence de tant de pêcheurs est un événement en lui-même. J?ai rarement vu une telle mobilisation », soutient Ibrahim Moossa, négociateur de la Marine Trans-port & Port Employees Union qui, comme d?autres dirigeants syndicaux à l?instar de Toolsyraj et de Deepak Benydin, respectivement du National Trade Union Council et de la Fédération des syndicats des corps constitués, et de Cassam Kureeman de la Nurses?Union, sont venus prêter main-forte au syndicat des pêcheurs. Cette mobilisation s?articulait autour d?une réunion au centre social Marie-Reine de la Paix, suivie d?une marche jusqu?au bâtiment Renganaden Seeneevassen, siège du bureau du ministère de l?Agro-industrie.
« Le lagon ne nourrit plus son homme »
« Je suis venu ici aujourd?hui pour que le gouvernement comprenne que les pêcheurs participent activement au développement du pays et qu?à ce titre, ils méritent un meilleur traitement. On ne peut pas nous traiter en moins que rien. Le lagon ne nourrit plus son homme. Les poissons se font rares à moins de 12 miles de la côte. Il nous arrive de ne pas couvrir nos coûts d?opération. C?est pour cette raison que nous n?arrivons pas à rembourser nos dettes », témoigne Louis-Eddy Capiron Massé, de Grand-Baie.
Cette nouvelle formule de compensation pour cause de mauvais temps n?est pas le seul problème auquel les pêcheurs sont confrontés. Cependant, sa résolution aura permis de débloquer une situation qui, à la longue, aurait pu constituer un casse-tête pour les pêcheurs et pour le gouvernement.
L?offre faite aux 400 pêcheurs les incite à exploiter les possibilités hors du lagon. Une formation est prévue pour tous ceux qui veulent être initiés aux méthodes de pêche en haute mer. Durant leur formation, ils reçoivent une allocation de Rs 300 par jour.
Jack Bizlall a invité les pêcheurs à tirer profit de toutes les facilités que le gouvernement met à leur portée pour qu?ils puissent améliorer leur sort. Il a, entre autres, cité les prêts de la Banque de développement de Maurice à des taux concessionnaires. « Lancez vos propres petites entreprises. Frappez à la porte des organisations susceptibles de vous aider à monter vos projets. »
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