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Sai Baba et le renouveau hindou

30 août 2006, 20:00

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A la fin d?août 1981, l?hebdomadaire travailliste, Mauritius Time, consacre un article, signé des initiales transparentes B.R., au renouveau de l?hindouisme à Maurice et au phénomène Sai Baba. Il souligne ceci : - Approximativement tous les quarts de siècle, les hindous de Maurice bénéficient d?un mouvement de réforme et de renouvellement. Aux premiers jours de l?immigration massive de travailleurs agricoles indiens engagés au service de notre industrie sucrière, à la mi-XIXe siècle, le Sewnarain Panth est prédominant. Toutes les castes, y compris les plus opprimés y trouvent réconfort et soutien dans ses enseignements et dans ses pratiques cultuelles. Graduellement, il cède la proéminence à une école de pensée plus élaborée et plus efficace : le Kabir Panth, encore très vivace en 1981.

Puis arrive l?Arya Samaj qui consolide et rationalise considérablement toute la pratique religieuse antérieure, grâce à ses méthodes missionnaires modernes et efficaces, son enseignement plus rationnel et mieux structuré, son militantisme, sa condamnation radicale du castéisme, de la bigoterie, du conservatisme, du traditionalisme, ainsi que par ses activités philanthropiques et éducatives. L?impact est décisif sur les hindous avides d?adopter les meilleures idées occidentales et qui se méfient de ce qu?un hindouisme mal compris et rétrograde peut encourager l?illettrisme et le maintien de traditions obsolètes. Fondé en 1875, à Bombay, par Dayananda Sarasvati, l?Arya Samaj prône le retour aux pratiques védiques, la pure croyance dans la révélation divine des Védas et rejette catégoriquement les ajouts postérieurs. Dès 1930, cette école de pensée compte plus d?un million de membres, en Inde, et un grand nombre de collèges, d?universités, de fondations hospitalières, caritatives. Elle milite en faveur du nationalisme indien et présente l?Inde comme la mère de l?humanité. L?implantation de l?Arya Samaj à Maurice doit beaucoup à l?action décisive de Manilal Doctor.

Les années 1930 et 1940 sont marquées par les puissantes réformes menées par la Ramakrishna Mission et par le mouvement mené par les frères Bissoondoyal. La Ramakrishna Mission est fondée, en 1897, à Calcutta, par le swami Vivekananda, pour réunir les dévots fidèles à l?enseignement de Ramakrishna, philosophe bengali né en 1836 et décédé en 1886. Disciple du Brahma Puri et de prêtresse tantriste Bhairavi Brahmani, il prêche une pratique religieuse plus adaptée aux besoins de l?homme moderne. Il fonde son premier ashram à Calcutta. Ses disciples recueillent ses exhortations dans le Shivayana ou Enseignements de Ramakrishna. Son épouse Sharadi Devi (1853-1920), puis le swami Vivekananda (1862-1902) poursuivent son ?uvre. Ce dernier visite l?Europe et les Etats-Unis, propageant les idées de son maître. Il participe, en 1893, à Chicago, au Parlement des Religions où il fait sensation. Il participe de même au Congrès de l?Histoire des Religions à Paris en 1900. Ses disciples multiplient les ashrams, hôpitaux, dispensaires, hospices, écoles s?inspirant de ses écrits et de l?enseignement de son maître. Le swami Ghanananda introduit à Maurice la Ramakrishna Mission, en 1939. Une cérémonie d?accueil est organisée en son honneur à l?école soonee sortee, rue de la Corderie, Port-Louis, le 30 juillet 1939. Une autre a lieu le 6 août suivant à la Shradhanand Mission, 2, rue Jacob, Port-Louis.

S?établissent par la suite à Maurice d?autres mouvements réformistes religieux comme l?ISKON (Hare Rama), l?Age d?Illumination prônant la méditation transcendantale, le Bramah Kumaris, la Chinmaya Mission, la Sarvoday Sanatam Sabha, le Sewa Shivir, le Human Service Trust, le Deen Bandhu et enfin la Sai Baba Mission.

Ils enseignent tous ou presque les prières collectives, les exercices de yoga, la pratique de la méditation. Ils prônent la plus grande fraternité entre les hommes, l?esprit de tolérance et l?unité de tous les croyants.

B.R. de Mauritius Times évoque la poussée de matérialisme qui accompagne le boom sucrier des années 1973-76. Reviennent ensuite les années de vaches maigres avec son cortège d?appauvrissement et de misères. Les masses évoluent aussi considérablement. Plus cultivées qu?auparavant, ayant un accès plus aisé à l?information, elles réfléchissent davantage, se font leurs propres idées de ce qui se passe dans l?homme et autour de lui. Elles réclament un enseignement spirituel rationnel pouvant répondre logiquement à toutes leurs interrogations. Elles sont moins disposées qu?auparavant à adhérer sans comprendre à des directives religieuses que voudraient leur imposer des autorités de moins en moins acceptées comme allant de soi.

Dans les années 1960, la Satya Sai Baba Mission démarre ses activités à Curepipe. L?initiative revient au pandit Seeparsad Jassoodanand, selon B.R. Il loue le caractère priant et méditatif des cérémonies cultuelles du mouvement qui attire de plus en plus des intellectuels dont M. Devbanslal Ramnauth. Décisives aussi ont été la visite et la prédication de M. Lowenberg, un des compagnons de Sai Baba, assure B.R.

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