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SSR se plaint de la presse irresponsable

29 août 2006, 00:00

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Fin août 1981, Sir Seewoosagur Ramgoolam tient une conférence de presse, entre autres, pour reprocher à la presse mauricienne son irresponsabilité. Celle-ci tient au fait qu’elle critique sans hésiter les décisions gouvernementales qui lui déplaisent, pour ne parler que du programme gouvernemental de l’opposition. Il accuse des journalistes de mal interpréter l’action gouvernementale et l’administration du pays.

Pour lui, il ne fait pas l’ombre d’un doute que son Parti Travailliste milite toujours en faveur de la liberté de la presse, même si de temps en temps il doit la restreindre et décréter l’état d’urgence qu’il ne faut surtout pas confondre avec la dictature que le MMM ne manquera pas d’imposer aux Mauriciens si, par malheur, ce parti communiste s’empare du pouvoir. La presse est libre, bien sûr, de “participer à l’évolution du progrès” et de collaborer à l’action bénéfique du PTr. Toujours libre à condition de danser au rythme la musique labourite. SSR prend à témoin de nombreux pays d’Afrique et du tiers monde où la liberté de la presse n’existe pas. L’île Maurice se distingue aussi par la stabilité dont jouit sa population alors que tant de peuples ne connaissent que violence et guerres civiles.

SSR ne comprend pas pourquoi des journalistes parlent du PTr comme d’un parti condamné alors qu’il a, avec le CAM et l’IFB, il est vrai, donné le suffrage universel et le droit de vote aux jeunes de 18 ans. A Maurice, on respecte même la vie des animaux, et des journalistes veulent condamner un parti comme le PTr.

Prenant un ton plus sévère, le Premier Ministre menace : Pas d’élections législatives si les Mauriciens ne font pas “bons zenfants”. Les voilà prévenus : renvoi des élections générales et instauration de l’état d’urgence en cas de désordres. Comme en 1972.

Plus sérieusement, il rappelle que, si au 28 décembre 1981, des élections ne sont pas tenues, l’Assemblée législative, élue le 21 décembre 1976, sera automatiquement dissoute. Les prochaines élections doivent avoir lieu en toute démocratie. Cela ne sera pas possible s’il y a du désordre et de l’intimidation.

Le PTr n’a pas encore commencé sa campagne électorale car décembre 1981 est “encore bien loin”. Il attend le moment propice (“quand lé temps mîre” et “ki li bon pou banne partis dans gouvernement”) pour organiser les élections. “Si péna la paix ek l’harmonie, zélections naïba”. A ceux qui s’étonnent de cette remarque plutôt bananière, il ironise : “Si zotte lé violence, zotte pas pou gagne zélections. Na !”. Il revient alors sur sa différence entre le GM qui agit et l’opposition qui “nek kozé et pas faire narien”. La presse devrait être assez responsable pour comprendre cela et s’interdire de critiquer le GM pour mieux commenter favorablement l’opposition.

SSR en veut surtout à ceux qui critiquent l’endettement national. Il se veut catégorique : Maurice n’a pas encore atteint son plafond d’endettement. Le pays n’a pas encore dépassé sa capacité d’emprunt. Il reproche à Bérenger de s’appesantir tout le temps sur ce point. “Se prend-il pour un expert financier ?”. D’ailleurs, si Maurice emprunte, c’est uniquement pour accélérer son développement et payer l’éducation secondaire prétendument gratuite. Le progrès, c’est bien sûr l’œuvre du PTr.

Il accuse le MMM de dresser une liste noire de sorcières à chasser. Il condamne catégoriquement par avance toute politique de “lève paquet, allé !”. Le PTr n’a jamais pratiqué de chasse aux sorcières, rappelle-t-il fièrement. Il condamne pareillement toute politique d’espionnage et de surveillance au travail. Il ne faut pas que la dictature s’installe à Maurice. SSR craint par-dessus toute la manifestation monstre qu’organise Gaëtan Duval pour le 7 septembre 1981. Les murs de nos villes et villages se couvrent alors du chiffre 7 peint en bleu. Impossible de ne pas savoir que quelque chose de géant se prépare pour ce jour-là.

Il ne prétend pas, comme le MMM pouvoir obtenir les trois quarts des sièges, aux prochaines législatives mais il est sûr et certain de les remporter. D’ailleurs si le MMM l’emporte, les Mauriciens sont bons pour une Fédération indocéanique avec Madagascar et les Seychelles, belle charrette dont Maurice sera bien sûr le…bœuf.

Il accuse le syndicalisme d’avoir ruiné la zone franche, le port et le transport avec ses grèves et ses revendications, les unes plus démagogiques que les autres.

Il demande à l’industrie sucrière de céder au GM 30 à 40% de ses actions afin que celui-ci puisse résoudre tous les problèmes qui se posent dans ce secteur et écarter à jamais la menace de nationalisation que fait planer le MMM. Le GM propose au Sucre le dialogue et la concertation. Du Sucre dépend la prospérité de Maurice. Il ne comprend pas comment les petits planteurs peuvent se plaindre que le PTr ne défend pas leurs intérêts alors qu’il ne fait que cela..

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