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La comédie du loser

28 août 2006, 00:00

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On en connaît tous au moins un. Un de ces types portés sur la bouteille, qui négligent tout, qui finissent la fête dans le caniveau et qui, un beau jour, se retrouvent seuls. Peu de choses, presque plus rien parce qu?ils sont seuls, sans famille, sans amis.

C?est ainsi que l?on peut résumer The tribulations of Prem Pandey, pièce écrite par Wal Krishna Bapoo et mise en scène par l?Academy of Film and Theatre. Déjà jouée en Afrique du Sud, elle a été recréée chez nous samedi soir, durant le Festival de théâtre de Port-Louis qui se déroule actuellement.

Une pièce qui a fait rire l?assistance clairsemée qui s?est déplacée samedi (même pas une centaine de personnes dans le théâtre, organisateurs, participants et enfants compris). Comme son titre l?indique, The tribulations of Prem Pandey est en anglais. Nous butons évidemment sur les différents accents mauriciens. Pas épais, mais demandant quelques minutes d?ajustement de l?oreille avant de saisir les dialogues.

Au fil des paroles, l?auteur égrène tous les clichés (qui ont hélas toujours cours) de la femme au foyer, affligée d?un poivrot de mari. Elle est toujours aux fourneaux, sur la ros kari ou la ros lave. Qui est toujours oubliée à la maison pendant que lui sort avec ses amis et rentre totalement ivre.

Une mise en scène qui repose sur les ficelles de la galerie de portraits. Réunir en un lieu clos des personnages différents qui ne se seraient pas autrement côtoyés. Le prétexte utilisé : Prem Pandey se rend chez le dentiste. Une salle d?attente peuplée de vieillards, d?un improbable travesti où débarque Olga (Jany Naraidoo) qui parce qu?elle a baillé à se décrocher la mâchoire, ne peut plus refermer la bouche. Jeu d?acteur inégal, avec une palette d?à peu près. Parmi, le trop plein d?énergie de Rowin Naraidoo ( guest actor) et son habitude de surjouer.

Une bonne saga divertissante

Dans l?ensemble, The Academy of Film and Theatre nous a servi une de ces sagas hilarantes, même un peu lente, qui font les bons divertissements. Et si les acteurs n?impriment pas de rythme réel à la pièce et qu?une heure en leur compagnie a l?air d?être interminable, nous sortons l?esprit passablement rafraîchi. Avec en prime dans les oreilles un bon coup de séga en bhojpuri, avec le Nissa Nissa de Bhojpuri Boys, servi par les danseuses menues et vives de la taverne Jolies femmes.

Car qu?est-ce que les tribulations de Prem Pandey ? C?est un homme qui passe son temps à raconter des histoires de poivrot. Enn tas palabres. De celle de l?arracheur de dent qui vous attache un bout de ficelle à une dent et l?autre au bout d?un pied de jacque. Avant de vous tordre le cou dans tous les sens pour arracher la dent. Il finira en prison.

Nous aurons aussi droit à l?histoire de ? femme?, prononcer ?jolly fame?, propriétaire d?une taverne qui se retrouve enceinte d?un adolescent de 14 ans. Ou encore celle de l?énorme abcès sur le postérieur de l?une de leurs connaissances. Une bonne ambiance alimentée par l?alcool et les gajacks. Jusqu?à ce que cela finisse par une bagarre. À charge de revanche.

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