Publicité
Véronique Zuël-Bungaroo heart to Hart
Caprice et diva, faut croire que cela ne rime pas ! Qui a dit que c?est exagéré ? à l?approche d?un concert ? d?écourter au possible ses conversations au téléphone ? Que c?est une fantaisie de fuir les restaurants où il faut parler plus fort que la musique et le bruit des couverts confondu. De beaucoup dormir, de se tenir loin de la fumée des cigarettes car ?elle rend la voix rauque?. De faire attention à cause de ses allergies. De pratiquer du yoga, de la méditation, du jogging sur la plage de Trou aux Biches le week-end. D?avoir comme cela une série d?habitudes pour ménager son timbre de soprano.
C?est vrai, elles ne sont pas toujours aisées à mettre en pratique. Mais comment en vouloir à Véronique Zuël-Bungaroo quand elle explique candidement que c?est sa façon de rechercher la perfection. ?Je me débrouille?, dit-elle quand on lui parle de son niveau. Un aboutissement à mesurer lors de ses deux concerts prévus le mercredi 30 août et le samedi 2 septembre.
?La soprano, c?est la plus fragile des voix?
?Quand je prépare un concert, je ne pense qu?à ça?. à la justesse des notes. à être naturelle. ?Pendant un récital, je vis à travers les poèmes, la musique me transporte.? Différence de taille avec l?opéra où il faut incarner un personnage, ?où c?est encore plus physique?.
Véronique la volubile se raconte avec enthousiasme et confiance. Parle avec les mains et beaucoup de sourires. Consulte de temps en temps Denis Lesage, comme on parlerait à un confident, au complice des longues heures d?efforts pour trouver l?harmonie piano-voix. Et, puis au beau milieu de l?échange, un petit accès de pudeur. ?J?ai peur que ce ne soit du voyeurisme, j?expose des émotions si personnelles.?
Pour la rassurer, nous lui parlons d?elle. De ses années de formation, du passé. ?Quand je regarde les photos, je m?aperçois que j?ai changé?. Le chant lyrique, c?est comme du sport de haut niveau. D?ailleurs pour les répétitions, Véronique Zuël-Bungaroo est en basket et pantalon ample. ?Ma morphologie a changé, mes joues rondes ont disparu. Le dos devient plus carré à force d?aller puiser le souffle. C?est quand on a des courbatures : mal au dos et au bas-ventre à force de chanter, que l?on sait que l?on est en train de bien faire.?
Des techniques pointues apprises à Londres. ?J?étais partie pour deux ans et je suis restée neuf ans parce j?ai eu du travail.? Apprentissage au British Youth Opera suivi d?expériences avec l?European Chamber Opera. ?La soprano, c?est la plus fragile des voix à cause des notes aiguës qu?elle donne. Un son mal placé peut faire mal.?
Et pourtant, Véronique n?a pas choisi. ?C?est ma voix qui m?a porté vers de nouvelles choses?. Ce qui lui vaut les encouragements de Philippe Ohsan, premier chef d?orchestre mauricien de la police aujourd?hui décédé. ?à chaque fois je me dis que je vais prendre ma retraite.? Mais c?est sans compter avec l?étincelle.
Celle qui la pousse à retourner de temps à autre chez sa prof. ?J?ai passé une semaine en mai chez elle, avant le concert avec les Archets de Paris, à la Sainte Chapelle. Cela m?a fait beaucoup de bien. On retourne chez un référent plutôt que chez un enseignant. Cela stimule le désir d?aller plus loin.? Car ce qui lui manque le plus à Maurice, c?est un coach pour voix. Pour pallier à la situation, elle travaille régulièrement avec Bernard Thomas à la Réunion et Leslie Merven ici.
Une vie de déplacements. Mais Véronique Zuël-Bungaroo affirme n?avoir jamais caressé l?envie de s?installer dans un autre pays. ?On grandit beaucoup, on apprécie mieux son chez soi.? Même si les débouchés sont moindres chez nous. Mais la chanteuse lyrique ne s?en plaint pas. Elle est entourée de ?gens très compréhensifs : mon père, mon mari, une de mes profs aussi?.
Confiance qui lui a valu le succès lors de ses prestations avec les Archets de Paris que ce soit chez nous ou à la Sainte Chapelle à Paris. La soprano a également honoré de sa voix l?inauguration d?établissements hôteliers tels le Hilton et le Taj. Début août, elle chantait l?hymne national lors de la cérémonie d?ouverture des championnats d?Afrique d?athlétisme au stade Germain Commarmond à Bambous. Sourire ému. ?Je me suis dit : c?est la petite Véronique qui chante, mais mon hymne est immense?.
CONCERT CLASSIQUE
Demandez le programme
Présenté comme un concert classique autour des poètes mauriciens et français touchés par la Nature et l?amour, voici le programme des concerts de Véronique Zuël-Bungaroo, soprano et Denis Lesage, pianiste :
Chant d?amour - valse de Brahms ; Les Jardins de la nuit - Louis Le Conte Les Berceaux op 23 - de Gabriel Fauré, Simple Aveu op 25 - Francis Thomé Si mes Vers avaient des ailes ? Reynaldo Hahn C?est l?extase ? Claude Debussy 2 pièces lyriques ? Edvard Grieg Première communion de la Vierge ? Olivier Messiaen Cinq Poèmes de Hart ? Tibor Harsàyni Vers la Flamme - Alexandre Scriabi.
Rendez-vous mercredi 30 août à 20 heures au conservatoire François Mitterrand, puis le samedi 2 septembre à 19 heures à l?Alliance française de Bell Village. Première et parterre : plein tarif à Rs 500, adhérent : Rs 450 et enfants moins de 12 ans à Rs 100. Seconde et balcon : plein tarif : Rs 300, adhérent à Rs 250, enfants moins de 12 ans à Rs 100.
Billets en vente dans le Rezo Otayo.
RECUPERATION
Robert Edouard Hart en musique
?La vraie version de cette histoire, c?est que je suis allé chez mon marchand de musique à Versailles et comme je savais que cette partition existait, je lui ai demandé de la retrouver. Et c?est comme cela que j?ai acheté pour 17 euros une partition originale.? Explications de Denis Lesage, pianiste pour nous dire comment il a mis la main sur Cinq poèmes de Hart mis en musique par Tibor Harsayni. ?Le marchand de musique l?a cherché chez Heugel, l?éditeur de ces partitions. Ma motivation était de remettre Hart à l?honneur après la destruction de La Nef.?
Publicité
Publicité
Les plus récents