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Cerf-volant contre cyclone
Comme un coup de rotin bazar. La Trup Sapsiway a frappé fort vendredi soir en ouverture de l?édition 2006 du Festival de théâtre de Port Louis. Sortie en règle ou ?critique artistique? comme l?a qualifiée Rama Poonoosamy, directeur de l?agence Immedia, organisateur de l?événement. Toujours est-il que c?est le théâtre qui a été le lieu d?une virulente caricature du système des A+.
Des parents zombies, des enfants-robots. Et un prof qui régente ce petit monde avec des airs de commandant de régiment d?une division de blindés. Blindée aux rêves de l?enfance. à cette récréation si nécessaire qui s?appelle jouer.
Enseignant lui-même, Gaston Valayden expliquait lors de la présentation du festival que ?l?idée de cette pièce a germé, il y a deux ans, quand j?ai consulté un programme scolaire de la CPE. Je me suis demandé si notre système éducatif était centré autour de l?enfant ou de l?adulte.?
Un calvaire qui n?épargne personne
Et de raconter son expérience d?enseignant de sciences, choqué de constater que dans une classe, ?la moitié des enfants n?écoutent pas de musique du tout?. Alors que l?autre moitié n?écoute ?soit uniquement des tubes bollywoodiens ou soit que des chansons occidentales. Est-ce que nous formons des humains ou des machines ?? s?interrogeait le dramaturge.
Des interrogations portées aux nues sur scène. Rien ne manque dans cette peinture de m?urs, tableau vivant du parcours du combattant vécu par les centaines d?enfants prenant part aux examens de la CPE chaque année. Un calvaire qui n?épargne personne. Ni l?emploi du temps des parents, ni même leur vie intime. La plume de Gaston Valayden frappe juste. Restitue sans se tromper ces parents qui deviennent des monstres d?égoïsme et d?individualisme à cause de ce rat race.
A+, A+, A+, A+. L?enterrement de première classe que met en scène la Trup Sapsiway n?aura pas lieu. à la place, les parents devront faire le deuil de leurs ambitions. Les comédiens, aidés par un texte fort et engagé, les y incitent énormément en jetant sur leurs plaies la douceur des jeux d?antan.
La mise en scène a poussé l?effort jusqu?à accrocher sous le lustre du théâtre à l?italienne (qui ne brille pas de tous ses feux) des cerfs-volants. ?Pour une fois, le décor n?est pas sur scène mais dans la salle?, expliquait Gaston Valayden à l?issue de la représentation. Roi des airs, patangue, carambole ne manquent pas l?appel. Tout comme le talent des comédiens. Des plus aguerris aux deux petits nouveaux de l?école Sapsiway, ils sont su véhiculer le message. Halte aux A+.
A L?AFFICHE DU FESTIVAL
■ ?Fil mo servolan?, reprise mercredi 30 août à 20 heures.
■ ?The tribulations of Prem Pandey?, reprise lundi 4 septembre à 20 heures.
■ ?Kas pli ser? de la troupe rodriguaise Dark Crystal : vendredi 1er septembre à 20 heures et dimanche 3 septembre à 14 heures
■ ?Tablo? de Komiko : samedi 2 septembre et mardi 5 septembre à 20 heures.
■ ?Ways of dying? de Windybrow Theatre d?Afrique du Sud : jeudi 7 septembre et samedi 9 septembre à 20 heures.
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