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S?en sortir par la formation

28 août 2006, 00:00

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Rien de tel qu?une tranche de vécu pour frapper les esprits. Jocelyn Gracieuse, président du conseil d?administration du Centre culturel Nelson Mandela, a raconté sa vie. C?était samedi à l?ouverture du séminaire d?un jour placé sous le thème Ansam anou get lavenir. L?événement avait pour but de ?sortir de l?ordinaire du centre?, d?inciter les descendants d?esclaves à briser les chaînes de la marginalisation économique.

Justifiant cette démarche, Jocelyn Gracieuse a parlé de sa naissance à Grand-Gaube. Orphelin de père, il grandit avec sa mère et son grand-père à cité Sainte-Claire, à Goodlands. ?Mo lakaz ti premie pou pran dife dan emeut.? Pour les examens, sa mère et son grand-père acceptent de ?gagn maltrete ar tonton ar matant pou gagn kass pou pay fiz ». Il sera tour à tour électricien, ?man?uvre maçon?, policier. ?Aujourd?hui je suis directeur d?une banque.? Ce que Jocelyn Gracieuse n?a pas dit c?est qu?il cumule aussi les fonctions d?adjoint au maire de Port-Louis.

Remarquable ascension sociale, avec pour moteur, la volonté de s?en sortir. ?Li ilistre seki nou pe rod fer.? Dans cette mission, le centre a fait appel à des intervenants du monde de l?entreprise pour qu?ils expliquent le fonctionnement des institutions qu?ils représentent et comment en bénéficier. Parmi eux : Jean Claude de l?Estrac, président du Steering Committee de l?Empowerment Programme et Amédée Darga, directeur d?Enterprise Mauritius.

Le premier intervenant a d?abord cerné le contexte économique ?extrêmement difficile?, situation causée par la conjonction de facteurs locaux et internationaux.

Le sucre durement touché

L?un des secteurs les plus touchés : le sucre.?En 2009, Maurice subira une baisse de 36 % de ses revenus pour le même volume exporté.? Alors que pour le textile, avec l?arrivée de nouveaux compétiteurs, telle la Chine sur le marché international, et le départ des Hongkongais de Maurice, plusieurs milliers d?emplois ont été perdus ces deux dernières années. Du coup, le pays est devenu plus pauvre. Une situation économique aggravée maintenant par la hausse du prix des produits pétroliers et le niveau d?importation qui n?a pas diminué. Il nous faut maintenant plus d?argent pour assurer nos importations, mais nous en obtenons moins par nos exportations.

?Ce qui ne veut pas dire qu?il n?y a pas de solutions?, a affirmé Jean Claude de l?Estrac. ?Aujourd?hui, nous sommes dans une phase de transition car les entreprises du secteur traditionnel sont fragilisées et les nouveaux secteurs commencent à peine à se développer.? D?où la raison d?être de l?Empowerment Programme, avec ses deux objectifs : soutenir les plus pauvres, ceux directement affectés par la crise, ainsi que les nouveaux venus sur le marché de l?emploi, les préparer, par la formation, au monde nouveau du travail.

?Nous identifions les secteurs où des demandes d?emplois existent pour du personnel qualifié. Par exemple, en collaboration avec le Joint Economic Council, nous dressons la liste des entreprises qui accepteraient de recruter des stagiaires.? Un soutien assorti d?une mise en garde de l?intervenant : ?Nou pa la pou donn enn ti sarite, enn ti depanaz?. Il s?agit de formation. Cette formation des stagiaires sera prise en charge moitié-moitié par l?Empowerment Programme et l?entreprise elle-même.

La construction,secteur d?avenir

Parmi les domaines d?activités identifiés : le tourisme. En considérant les projets soumis au Board of Investment (BOI), ?il y aura 4 000 emplois nouveaux dans ce secteur en 2006-2007 et 5 000 l?année suivante?, a expliqué le président du Steering Committee. ?Pas que des serveurs, mais toutes sortes de métiers?, a-t-il précisé. ?L?année dernière, l?Ecole hôtelière a formé 600 personnes alors qu?il en faudrait 1 500.? Le comité recensera les intéressés pour les orienter vers des écoles de formation publiques ou privées. Celles-ci s?occuperont ensuite du placement des élèves en milieu professionnel.

Deuxième secteur d?avenir : la construction où les chantiers qui, faute de bras locaux, en importent d?Inde et de Madagascar. Tout aussi prometteur, le secteur de l?Information and Communication Technology (ICT). Citant les projets déposés à la BOI, Jean Claude de l?Estrac déclare que selon les estimations des experts, ce secteur aura besoin de 12 000 personnes dans les trois prochaines années.

Autre manière de s?en sortir : ?Pa al rod travay, fer ou prop travay.? C?est en substance le message d?Amédée Darga, directeur d?Entreprise Mauritius, à la centaine de participants. Pour lui, les clés de la création d?entreprise sont une question d?attitude, de ressources et de la loi du marché. ?Un entrepreneur, c?est d?abord quelqu?un qui décide de prendre des risques calculés, qui accepte de commencer petit. Pena bizness ki degradan.? Il a encouragé les participants à être novateurs, à ne pas copier ce qui existe déjà sur le marché. ?Pa get seki ou envi fer me seki dimoun pou aste.?

Et d?expliquer les divers types de financement disponibles. D?abord les prêts inférieurs à Rs 50 000 pour les micro-entreprises, sans garantie, accordés par la Small Enterprises and Handicraft Development Authority. ?En sus du prêt, un officier vous accompagnera au cours de la première année.?

Les prêts de Rs 50 000 à Rs 300 000 sont du ressort de la Development Bank of Mauritius (DBM), qui s?engagera comme actionnaire dans la compagnie. Au-delà de Rs 300 000 et jusqu?à Rs 3 millions, les entrepreneurs seront dirigés vers l?Empowerment Fund, via Enterprise Mauritius. ?Notre rôle : aider les entreprises à obtenir des fonds de l?Empowerment Fund.?

Amédée Darga a terminé son intervention en identifiant d?autres marchés ouverts aux entrepreneurs, outre celui des consommateurs locaux. Il a cité le corporate market dont, entre autres, les hôtels, les ?grosses compagnies? et les organismes parapublics. Sans compter le marché touristique ? avec la création envisagée de villages touristiques ? celui de la région et le marché international.

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