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Les amazones

27 août 2006, 00:00

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Il n?y a pas d?égalité. Il ne peut pas y en avoir. Il n?y a que des différences. Notre hérédité (l?inné) s?assure que chaque individu naît différent de son prochain. Et l?existence (l?acquis) ne fait que renforcer cette différence. Oubliez les clones, les zombies, les réincarnations, les fantasmes. Il n?y a pas d?égalité.

La séparation des sexes dans le monde vivant qui nous concerne date de quelques petits milliards d?années. C?est cette spécialisation (mâle et femelle) qui a permis l?évolution des espèces les plus avancées.

Les physiologies des deux sexes ont été parfaites et achevées après un processus évolutif immémorial. Les quelques siècles de la plus récente civilisation (la nôtre) sont incapables d?en modifier un iota. En fait, la science est encore à découvrir comment ça marche, un être humain. Tous les êtres vivants, a fortiori dans l?espèce humaine, sont des êtres complets et indivisibles. Prétendre que les différences physiologiques et corporelles n?ont aucune influence sur les facultés émotives et intellectuelles relève de la pure fantaisie.

La femme ne sera donc jamais l?égale de l?homme. L?homme ne sera jamais l?égal de la femme. Avec tout le bon vouloir du monde ils ne seront jamais pareils. C?est la différence dans tout ce qui vit qui a assuré le progrès. Ne crachons pas sur le progrès.

Ce n?est certes pas dire, qu?à mérite égal, des femmes ne peuvent pas remplir certaines fonctions non-biologiques de l?homme. On constate aujourd?hui dans les sociétés « avancées » (dans beaucoup d?autres l?inégalité est non seulement une tradition ; c?est un tabou !) que le mérite des femmes pour certaines fonctions est sous-estimé. Et selon la prévalence des m?urs, cela devient une injustice. Mais pour ne pas perdre le sens des réalités, il faut se dire que si les femmes sont restées handicapées par les traditions, c?est que les conditions de vie, de travail et de société ne permettaient pas qu?elles fassent autrement. Dans les sociétés occidentalisées surtout, une femme, pour certains postes, peut présenter autant ou plus de mérite (connaissances, personnalité, indépendance, adaptabilité, énergie?) qu?un homme. Ce serait une erreur grossière de conclure que cette possibilité établit entre les deux sexes une rivalité. Partout où une société reconnaîtra qu?il n?existe pas de critère de choix plus juste que le mérite, que le seul mérite, une rivalité entre les sexes sera un non-sens.

Dans la culture plutôt occidentale contemporaine (le plat de lentilles et la loi salique sont loin derrière nous), on évoque souvent l?égalité comme un droit irrécusable ; comme un théorème de la justice sur terre. Mais si la suprématie de l?Occident était demain remplacée, on assisterait à la prévalence d?autres perceptions sociologiques. Toute idée d?égalité ne peut, en aucun cas, s?appliquer aux caractères physiologiques (et leurs effets secondaires) qui font de la femme et de l?homme des modèles d?inégalité complémentaires. Le propos d?égalité à la mode, pour qu?il ait un sens quelconque, doit être qualifié et balisé. En attendant que la raison ait raison des slogans, la vraie injustice serait de passer sous silence ce en quoi la femme est glorieusement constituée pour un rôle spécialisé dans la procréation, la survie et le bonheur de l?espèce.

Il faut évidemment tenir compte, dans ce débat (?), de ceux et de celles qui ne veulent rien entendre. Et il y a, comme dit l?autre, plus de malentendants que ne révèlent les statistiques.

Des femmes douées, volontaires, compétentes, sont prêtes à échanger leur fonction biologique primordiale et exceptionnelle contre les satisfactions d?une carrière. Parmi les hommes aussi il y a des carriéristes pour qui « arriver » justifie tout. Mais ni les premières ni les seconds ne peuvent être proposés comme des modèles à généraliser.

L?homme au foyer est certes capable de s?adapter aux tâches dites ménagères et de maintenir un climat apaisant, attirant, pour le retour des amazones. La femme au travail est certes capable d?accomplir des fonctions intellectuelles, administratives et créatrices quand elle en a le mérite. Qu?un vent de folie furieuse établisse un jour un projet de société systématiquement intervertie, et il ne restera rapidement ni société, ni femmes, ni hommes. Les vingt-huit jours et les neuf mois sont des paramètres inflexibles. Il est sans doute possible d?imaginer un modus vivendi. Si tel pays se trouvait en situation de dénatalité, le rôle reproductif de la femme mériterait une prime sans prix. Ou encore, une femme peut certes combiner son devoir reproductif au moment choisi et reprendre, après, études, carrière, responsabilités industrielles. Mais il faudrait inventer un modèle socio-économique qui veuille bien se prêter à cette mutation. Il faut aussi, peut-être, retenir qu?un pays où les femmes les plus douées choisissent une carrière plutôt qu?une famille serait en danger d?abaisser progressivement le quotient d?intelligence moyen. Singapour en a pressenti le danger.

Ici, nous sommes loin d?un tel déséquilibre, mais à entendre certains propos irréfléchis on se demande si les mauvaises graines ne risquent pas de germer. Toutes les mutations sont lentes à s?établir. Les politiques sociales expérimentales ont leurs risques propres. Il vaudrait mieux laisser les évolutions se poursuivre sans révolutions. Même parmi les anges, paraît-il, il en a qui finissent diables.

<B>Périscope</B>

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