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Méthadone : le programme démarre bientôt

25 août 2006, 00:00

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S?engager dans une cure de désintoxication au moyen d?un traitement par la méthadone : ce sera bientôt une réalité pour les toxicomanes. Dans deux semaines, le programme prévu démarre au centre de désintoxication à Beau-Bassin.

Satish Faugoo, ministre de la Santé, l?a annoncé hier lors d?une rencontre avec la presse à propos de la législation qui doit entrer en vigueur. Rama Valayden, ministre de la Justice, était à ses côtés. Il a souligné que l?objectif sera d?essayer de rendre ce traitement accessible pour au moins 60 % des toxicomanes. Satish Faugoo a ajouté qu?en cas de besoin, d?autres centres offriront aussi ce programme. Les produits sont attendus dans quelque temps.

Une consultante en méthadone, actuellement à Maurice, assure une séance de formation aux dispensors, aux pharmaciens et aux infirmiers du secteur public dans les locaux du Mauritius Institute of Health. Elle soumettra son rapport dans deux semaines. Par la suite, tous ceux que la question intéresse bénéficieront de la formation, assure-t-on à la Santé.

Un produit efficace

La méthadone est une substance utilisée à la place de la morphine pour les cures de désintoxication (notamment en France, en Suisse, en Australie) et elle est reconnue par l?Organisation mondiale de la santé.

Ce produit s?est avéré efficace pour les dépendants aux substances opiacées et qui n?ont pu s?arrêter de le prendre. Le traitement inhibe l?effet euphorisant de l?héroïne et d?autres opiacés, atténuant l?attrait de ces drogues. A des doses appropriées, la méthadone est sécuritaire. Son utilisation prolongée n?engendre pas d?effets néfastes importants. Toutefois, une overdose peut provoquer un arrêt respiratoire. Prise avec de l?alcool, des tranquillisants ou des somnifères, la méthadone peut présenter des risques importants.

Les ministres Faugoo et Valayden ont tous deux annoncé un délai d?un mois pour l?élaboration d?idées et la collecte de suggestions relatives au projet de loi HIV and Aids Preventive Measures Bill. Après cette étape, une table ronde sera organisée le 28 septembre, avant les débats à l?Assemblée nationale en novembre.

?Il s?agit de promouvoir la prévention pour mieux contenir cette maladie. Elle est aujourd?hui encore concentrée chez une catégorie de personnes et dans une certaine région. Il faut agir maintenant pour qu?elle ne se propage pas. Nous avons déjà pris du retard?, a soutenu le ministre Faugoo.

Le texte de loi proposé prévoit, entre autres, de rendre les tests pour le sida plus accessibles. Ils seront désormais disponibles dans le privé, avec toutefois l?autorisation du chef de cabinet au ministère de la Santé. Dans le secteur public, les tests sont effectués dans les hôpitaux. Mais, a ajouté le ministre, si le besoin se fait sentir, il pourrait étendre ce service aux centres de santé régionaux.

Le projet de loi prévoit aussi un test HIV avant toute transfusion sanguine. Il sera interdit d?utiliser du sang qui n?aurait pas subi cette épreuve. De plus, en cas de test positif, la loi prévoit une série de procédures à respecter. Il s?agit, entre autres, de la prise en charge de la personne contaminée et des conseils à lui prodiguer sur divers aspects liés à sa maladie, dont le traitement médical et l?importance de révéler sa séropositivité à son partenaire sexuel.

L?échange de seringues pour les toxicomanes est aussi un des points forts de la nouvelle loi. A ce propos, Rama Valayden a assuré qu?une campagne de sensibilisation sera organisée avant la mise en pratique de cette mesure. Les modalités précises de cet aspect du problème n?ont toutefois pas encore été définies.

Le ministre de la Justice a aussi évoqué les ?forces conservatrices? quant à l?utilisation de la méthadone et à l?échange de seringues. Celles-ci, a-t-il dit, ont misé sur la peur pour faire obstacle à l?exécution de ces deux mesures. Actuellement, 2 440 personnes vivent avec cette maladie, dont 12 enfants.

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