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Le sucre justifie ses investissements non-sucre

20 août 2006, 20:00

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Au terme de sa réplique à ses détracteurs, entre autres ministériels, politicards et bureaucrates (voir ?l?express? des 17 et 18 août 2006), l?association des producteurs sucriers de Maurice (MSPA), principal porte-parole de cette industrie, justifie ses investissements non-sucre, notamment dans le tourisme, l?hôtellerie, le textile, les fonds de développement et d?investissement. Auparavant, elle compare le taux de croissance des revenus sucriers à ceux des dépenses courantes et de développement du secteur sucre.

Depuis 1977, les ventes de nos sucres rapportent 30 % de plus uniquement en raison de la dévaluation, par le même taux, de notre roupie, le 24 octobre 1979. Cette bonne nouvelle est tout de suite annihilée par les hausses du coût des dépenses qu?elle entraîne automatiquement. Les salaires des laboureurs et des artisans augmentent de 45 %, entre 1977 et 1981, ceux de l?état-major de 21,3 %. Le coût des fournitures croît par 91,7 %, celui des amortissements par 120 %, et des autres charges par 38 %, soit une moyenne de 76 %.

La MSPA arrive, enfin, à l?utilisation, tant décriée, des gains inattendus du boom sucrier de 1973 à 76 et de la dévaluation de notre roupie du 24 octobre 1979. Elle tient à éclairer l?opinion publique sur les prétendus gains fabuleux et considérables, soi-disant accumulés par le Sucre depuis 1973, pour ne rien dire de la malhonnêteté intellectuelle, consistant à se prévaloir d?un boom sucrier, intervenant une ou deux fois par siècle (1920 et 1973 à 76), pour exiger les mêmes générosités à un secteur donné pendant ses années maigres, de beaucoup plus nombreuses.

De 1971 à 1979, le Sucre produit des profits accumulés de Rs 1,5 milliard auxquels s?ajoutent des provisions pour amortissements de Rs 485 millions, soit des profits avant investissements de près de Rs 2 milliards. Que sont-ils devenus ? L??Income Tax? s?en approprie à hauteur de Rs 548 m. (le gouvernement pourrait-il nous dire comment a-t-il dépensé cette manne sucrière ?). Les actionnaires sucriers reçoivent Rs 510 m. Le renouvellement du matériel manufacturier et des équipements agricoles ont coûté Rs 691 m., le financement des entreprises Rs 66 m. Les fameux investissements sucriers, tant décriés, s?élèvent à Rs 166 millions, soit seulement 8,37 % des profits avant amortissements.

La situation est encore plus précaire car les amortissements prévus de Rs 485 m. coûtent en réalité Rs 691 m. De 1971 à 1979, le GM prélève, en sus des Rs 549 m. d??Income Tax?, quelque Rs 928 m. de taxe de sortie sur le sucre, pour ne rien dire de l?impôt sur les revenus prélevé sur les actionnaires sucriers. Ajoutons la taxe de sortie de 1980 (Rs 234 m.) et nous arrivons au pactole de Rs 1 162 millions sur lequel le GM ne pipe mot pour mieux déplorer, sinon convoiter, les investissements non-sucre de Rs 166 m., pourtant approuvés et même bénis par des voix ministérielles et non des moindres, nonobstant leur auteur.

Les dividendes payés aux actionnaires (Rs 510 m.) ne représentent que 4,8 % des capitaux investis alors que les banques sont en mesure de leur offrir des intérêts de 10 à 12,5 % et sans risque. Et le Sucre de demander combien d?emplois productifs aurait-il pu créer si seulement l?insatiabilité fiscale ne l?avait privé d?une telle somme.

Pour survivre à la voracité gouvernementale, le Sucre doit prendre les mesures suivantes allant à l?encontre du développement réel du pays :-

? suppression partielle de l?irrigation des plantations cannières ;

? réduction de l?application des engrais et autres fertilisants ;

? réduction de la superficie plantée en cannes ;

? annulation de toute dépense de renouvellement ;

? annulation des dépenses d?entretien non indispensables ;

? non-remplacement du personnel démissionnaire ;

? cessation de toute nouvelle diversification.

Le Sucre refuse le faux prétexte à l?effet que le FMI impose au GM le maintien de l?inique taxe de sortir avec surcharge de 75 %. Il se fait fort de convaincre ce dernier qu?il a de meilleures chances d?être remboursé avec la suppression de cette taxe arbitraire plutôt qu?avec une industrie sucrière ruinée par elle. Vains demeurent ses efforts de plaider directement et officiellement sa cause auprès du FMI.

Le sucre réitère avec force sa requête de suppression de la taxe de sortie afin de renflouer sa rentabilité, réduire son endettement, redonner confiance à ses créanciers et à ceux des planteurs, relancer l?économie, créer des emplois productifs, assurer la sécurité d?emploi, éviter une nouvelle dévaluation de notre roupie qui se profile pourtant à l?horizon (et devant se matérialiser en septembre 1981).

Les recettes sucrières ne permettent plus de supporter les dépenses imposées à ce secteur. Trop c?est trop. Le Sucre peut s?écrouler à tout instant et le pays avec. Il s?en remet à l?opinion publique.

Il n?y a plus qu?à attendre le prochain dénigrement de Ringadoo.

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