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L?économie indienne déjoue sans cesse le piège du terrorisme
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L?économie indienne déjoue sans cesse le piège du terrorisme
La machinerie économique défie les armes. L?Inde célèbre aujourd?hui le 59e anniversaire de son Indépendance sous la menace de nouvelles attaques terroristes. C?est dire que les instabilités locales et régionales représentent toujours une menace à la stabilité sociale et politique de ce gigantesque pays.
Pourtant le monde du business indien respire la plus grande sérénité face aux forces déstabilisatrices domestiques ou venant de l?autre côté de la frontière, plus précisément du Pakistan. Les récentes attaques meurtrières à Mumbai ne sont jamais parvenues à perturber, de manière significative, les activités économiques dans la capitale financière et commerciale indienne ou ailleurs.
L?économie indienne qui a pris son envol au début des années 90, a su résister aux conséquences du conflit frontalier indo-pakistanais. Comble d?ironie, c?est justement lorsque le contentieux a pris une tournure des plus violentes, avec notamment la présence active et meurtrière des guérillas séparatistes au Cachemire indien (le territoire disputé), que l?Inde a connu sa plus grande période de prospérité économique.
Aujourd?hui encore, rien n?indique que le terrorisme (indigène ou transfrontalier), ou encore les menaces d?une guerre ouverte (qui est peu probable) avec le Pakistan, puisse freiner la dynamique de l?expansion économique indienne. Les opérateurs indiens semblent déjà avoir incorporé le risque géopolitique dans leur modèle de décision.
Le pays a connu une croissance de 7 % en moyenne au cours de ces trois dernières années. Cette capacité de maintenir une expansion du revenu national à un niveau élevé est le fruit de quinze années de réformes et d?ouverture. La Grande Péninsule a su se défaire d?un héritage socialiste paralysant pour embrasser une économie de marché qui lui a ouvert la voie aux multiples opportunités de l?économie globale.
Le progrès spectaculaire réalisé dans la technologie informatique a été une des premières moissons de cette ouverture. D?autres industries high-tech tels la pharmaceutique, la biotechnologie, la recherche médicale et scientifique et le Business Process Outsourcing sont venues se greffer à la plateforme d?affaires indienne tournée résolument vers les marchés européens et américains.
Il faut ajouter à cela les services financiers et d?affaires et une immense entertainment industry avec, en prime, une activité cinématographique qui ne cesse d?étendre ses assises internationales. L?économie des services pèse aujourd?hui plus de la moitié dans le produit intérieur brut et emploie au moins un quart de la main-d??uvre d?un pays qui compte toujours une forte activité agricole en zone rurale. Celle-ci abrite 70 % de la population.
Des réformes difficiles à entamer
Mais gare aux excitations. Même si la géopolitique ne dérange pas trop les affaires, les dirigeants indiens ne devront pas perdre de vue les nombreux handicaps qui menacent l?économie. L?Inde, malgré ses réussites, traîne loin derrière la Chine. A titre d?exemple, le voisin chinois a pu mobiliser dix fois plus d?investissements directs extérieurs que la Grande Péninsule ces dernières années.
L?administration publique indienne n?accepte pas toujours les réformes. Les services publics, rongés par la corruption et l?inefficience, ne sont toujours pas à la hauteur d?une économie qui aspire à rivaliser avec les plus grands de la planète. La qualité des infrastructures physiques, d?autre part, laisse beaucoup à désirer.
Sur le plan politique, les communistes, alliés du Congrès, le parti au pouvoir, s?opposent souvent aux initiatives d?ouverture dont le processus de privatisation. L?Inde a encore trop de compagnies d?Etat peu performantes (sur les 240 entreprises en opération) qui entravent le bon fonctionnement de l?économie de marché.
Les investisseurs peuvent toutefois compter sur le Premier ministre, Manmohan Singh, et son ministre des Finances, Palaniappan Chidambaram, grands défenseurs des réformes. Mais tout en oeuvrant pour encore plus de dynamisme dans l?économie, le gouvernement indien devra également veiller à ce que les fruits de la croissance soient équitablement distribués à l?ensemble de la population.
L?Inde high-tech a profité, selon les observateurs, à seulement quelque 250 millions d?Indiens sur une population de 1,1 milliard d?habitants. Les régions rurales restent toujours sous l?emprise d?activités agricoles. Les villages et bidon-villes des grandes métropoles abritent la grande majorité des 25 % de la population indienne qui vit en dessous du seuil de pauvreté.
L?éducation de masse est un autre défi majeur auquel les dirigeants indiens devraient s?attaquer au plus vite. L?Inde qui vante souvent ses institutions d?enseignement de technologie et de médecine, de standard international, compte un niveau d?analphabètes encore très élevé.
Les autorités indiennes savent pertinemment bien que les disparités sociales peuvent engendrer des tensions sociales susceptibles de faire plus de mal à la stabilité intérieure que le terrorisme.
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