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Qui veut aider Marie-Lindley ?
Son mari a quitté le toit conjugal, leur premier avocat s?est désisté de l?affaire et tous ceux qui avaient pris position en faveur de cette femme de manière véhémente tiennent aujourd?hui un autre discours? Marie-Lindley Savriacooty a berné l?opinion publique : c?est l?avis de beaucoup d?entre eux, et sa dernière mésaventure, presque calquée sur le même scénario que la précédente, vient s?ajouter à une histoire de plus en plus bancale.
Le capital de sympathie engendré au départ s?est transformé en agacement. Celle qui soulevait la compassion il y a quelques mois, provoque aujourd?hui le mépris ou l?incompréhension.
« Cette femme a besoin de soins »
Sandra O?Reilly a été parmi les premières à témoigner son soutien à Marie-Lindley. Depuis, le ton a changé : l?ancienne victime d?un viol collectif déclare avoir pris beaucoup de recul dans cette affaire, mais qu?elle ne porte aucun jugement. Elle attend que la police fasse son travail et ajoute : « S?il y a un point à soulever, c?est qu?au départ, ce sont les médias qui ont induit les gens en erreur. Les journaux ont parlé d?un rapport du médecin sur la présence d?une tige de canne dans les parties intimes de Marie-Lindley, pour ensuite dire que ce n?était pas le cas ! »
Selon Jean-Claude Bibi, le premier avocat de la famille Savriacooty, « cette femme a d?urgence besoin de soins », en évoquant un dysfonctionnement de la personnalité. Elle pouvait l?appeler plus de quinze fois pendant qu?il était en réunion, confie-t-il, ou faire du chantage à son mari en sa présence : « Je te raconterai ce qui s?est passé entre Rose-Hill et Fuel si tu reviens à la maison. » Est-ce pour cela qu?il a préféré ne plus représenter Marie-Lindley ? « Non, je lui proposais une ligne de conduite dans cette affaire, mais elle n?était pas d?accord. J?ai donc préféré me retirer », avoue l?avocat.
Loga Virasawmy de Media Watch, confirme : « Cette femme a besoin de soins, il faut oublier le passé et l?aider. » Mais qui doit l?aider ? Où sont les ONG maintenant ? « Media Watch est une organisation qui s?occupe de l?image de la femme et du genre dans les médias, elle n?est pas bien placée pour ce genre de situation. C?est aux autorités de jouer leur rôle, la ministre de la Femme était d?ailleurs au chevet de Marie-Lindley. Où est-elle maintenant ? », se demande-t-elle. À cette question, la ministre ne peut répondre, étant absente du pays.
L?affaire Savriacooty a été l?événement déclencheur pour la création d?un collectif masculin pour soutenir les victimes de telles violences. Son initiateur, Jean-Marie Richard, demande que les événements ne détournent pas l?attention de l?essentiel, qui est « la nécessité de protéger les femmes qui sont victimes de viols et d?autres atrocités ».
Et concernant Marie-Lindley ? « On ne peut pas juger ! », clame Jean-Marie Richard. « Qui peut affirmer sans aucun doute que cette femme a menti ? »
La question est là : qu?elle ait menti ou dit la vérité, dans les deux cas, Marie-Lindley a besoin d?aide. Est-elle victime de la méchanceté d?autrui ou de ses propres égarements et d?un mal-être qui la poussent à attirer l?attention ? Pourquoi a-t-elle accepté, au départ, de se faire examiner par des psychiatres pour ensuite changer d?avis ? Nous avons besoin d?aide pour vous comprendre, Marie-Lindley?
Rappel des faits
Agressée sexuellement au début de janvier, une femme enceinte de 37 ans perd son bébé : l?opinion publique s?en émeut, d?autant plus que cette agression a lieu en public et dans l?indifférence générale. La deuxième fois, le 27 juin dernier, l?onde de choc est plus puissante : la pauvre femme est kidnappée à Rose-Hill et retrouvée inconsciente dans un champ de cannes à Fuel. Elle raconte qu?elle a été battue, violée et qu?on lui a même enfoncé un morceau de canne dans le sexe.
Les Mauriciens n?en reviennent pas ! Choc, crime, barbarie, les mots pour décrire cet acte se font concurrence. Marie-Lindley éveille un élan de sympathie dans toute l?île. Les associations se mobilisent, la ministre de la Femme lui promet le soutien de son ministère? mais tout le monde déchante vite quand au fur et à mesure, les zones d?ombre apparaissent dans cette histoire. Un camionneur affirme l?avoir vue marchant sur le bord de la route au moment où elle affirme avoir été agressée. Et puis, aucune trace dans son sang des comprimés que ses ravisseurs lui auraient fait ingurgiter. On évoque même des blessures qu?elle se serait elle-même infligées. Enfin, il y a une semaine, rebelote ! Elle disparaît jeudi pour être retrouvée lundi dernier à Mahébourg. Encore une fois, elle allègue un enlèvement et cette fois-ci, elle accuse trois haut gradés de la police? Trop c?est trop, disent certains, d?autant que le parcours de Marie-Lindley Savriacooty ne s?avère pas très clean, avec notamment des allégations de viol et de sodomie, il y a six ans à l?encontre de son ex-mari et qui n?ont pas abouti, car la jeune femme ne s?était pas présentée au tribunal.
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