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Patricia Sophie, femme de c?ur et de courage
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Patricia Sophie, femme de c?ur et de courage
Été comme hiver, Patricia Sophie est présente sur la plage de Péreybère. Assise dans un coin à l?ombre d?un parasol, elle a l?air toute frêle vêtue d?un short, d?un t-shirt et d?une casquette. Les yeux marron clair et pétillants, le sourire aux lèvres, elle va à la rencontre des touristes et leur propose un moment de détente et de bonheur à bord de son hors-bord grâce à ses accessoires de sports nautiques comme la banane ou la bouée.
À la tête d?une petite équipe de jeunes gaillards surnommés les Beach Boys, elle est là, tous les jours, de 8 h 30 à 17 h 45.
Ses 50 ans ne se remarquent même pas, vu la vitalité qu?elle dégage dans la parole comme dans les gestes.
En jetant un bref coup d??il à son passé, Patricia Sophie avoue que rien ne semblait indiquer qu?elle allait prendre la tête d?une équipe et de tout un arsenal d?équipements de sports nautiques. Dernière d?une famille de sept enfants, elle a côtoyé la pauvreté depuis sa naissance. « Je sais ce que c?est que d?être pauvre et je ne veux pas que mes deux enfants connaissent le même sort. C?est pour cela que tout ce que je gagne, je l?investis dans l?achat d?autres équipements pour faire grandir mon business », confie-t-elle.
Son père étant pêcheur et sa mère, employée dans une pêcherie, la famille de Patricia a du mal à joindre les deux bouts. « Je ne sais pas combien de fois je me suis réveillée et il n?y avait même pas une tasse de thé à boire », raconte-t-elle. Les repas étaient très modestes : « Parfois, on ne mangeait que des brèdes mouroum pendant des jours. »
Toute jeune déjà, Patricia mettait la main à la pâte pour aider financièrement sa famille. À onze ans, elle s?attelait, en dehors des heures de classe, au nettoyage des cours des personnes habitant les environs en échange de quelques roupies. Mais, pauvreté oblige, elle arrête sa scolarité après la dernière année du primaire.
Elle enchaîne ensuite avec les petits boulots. Elle travaille en tant que femme de ménage chez un infirmier pour Rs 30 par mois dont Rs 15 étaient destinées à payer les frais de transport. Elle n?y reste pas longtemps et en 1973, elle est serveuse à l?hôtel Paul et Virginie, à Grand-Gaube.
Des projets plein la tête
La pauvreté continue, néanmoins, à faire partie de son lot. Pour s?en sortir, elle décide d?accepter une union avec un policier avec qui elle aura une fille. Elle n?avait alors que 17 ans. Mais Patricia n?est pas femme à rester inactive. Sa nouvelle situation ne l?empêche pas d?apprendre la couture au centre social de sa localité pour en faire son métier. Très vite, elle devient une couturière renommée à Goodlands.
« Durant 30 ans, j?ai travaillé en tant que modiste. Grâce à ce travail, j?ai pu construire deux maisons », lance-t-elle avec fierté.
Son métier devient vite sa passion : « La couture est comme une drogue pour moi. Je ne peux pas m?en passer. Aujourd?hui encore des touristes me demandent de leur confectionner des vêtements. » La persévérance de cette petite femme force l?admiration. Tous les deux mois, elle se rend à l?île de la Réunion pour vendre ce qu?elle coud. Nous sommes en 1993. Mais elle flaire la situation précaire de la couture avec la venue du prêt-à-porter et décide de se frayer un chemin dans le monde du tourisme.
Elle investit donc ses économies dans les équipements de sports nautiques pour proposer des services aux touristes. Petit à petit, elle agrandit son business. Là aussi les coups durs ne s?arrêtent pas : « Au début, j?étais la seule femme sur la plage à faire ce travail ! Ce n?était pas facile. On m?a même volé un bateau qui m?avait coûté Rs 300 000. Mais ma foi et ma confiance en Dieu m?aident à tenir. Je sais que je dois réussir. »
La précarité que Patricia Sophie a connue durant toutes ces années, la pousse aujourd?hui à aller vers les autres pour les aider. « J?ai déjà accueilli deux enfants qui allaient être abandonnés chez moi. Je me suis occupé d?eux jusqu?à ce que leurs parents les reprennent. » Elle donne aussi la chance aux démunis de connaître la joie des sports nautiques et offre des séances gratuites aux enfants qui n?en ont pas les moyens.
Une vraie mère courage au grand c?ur et qui est toujours prête à aider ceux qui viennent frapper à sa porte. Des projets, elle en a encore plein la tête. « Un jour, j?espère pouvoir m?acheter un catamaran. »
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