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Le regroupement des petits planteurs démarre
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Le regroupement des petits planteurs démarre
Gérant 25 arpents sous cannes à Flacq, Krishna Dwarka se met à l?heure du regroupement. ?Il faut donner la chance au projet?, affirme le planteur de 60 ans. Il fait désormais partie de la Queen Victoria Multi-Purpose Cooperative Society. Ces petits planteurs ont accepté de regrouper leurs terres afin de moderniser leur culture de la canne. Le projet, une première à Maurice, est lancé ce matin, à Queen Victoria. Il sera par la suite étendu à tout le pays.
Longtemps souhaité, le regroupement est, enfin, une réalité. Car les tentatives dans le passé se sont avérées vaines. D?une part, les petits planteurs, ont résisté puisqu?ils voulaient préserver un droit de regard sur la gestion et la vente de la canne à l?établissement sucrier. Des écueils légaux se sont également dressés sur la route des décideurs politiques. Mais dans un contexte de baisse de prix garanti du sucre sur le marché européen, les petits planteurs ont un choix limité. Abandonner la culture de la canne ou moderniser et se regrouper.
Portant sur 102 hectares (205 arpents), ce projet-pilote regroupant 62 planteurs, a mobilisé des fonds de Rs 2,7 millions. Ils se sont engagés de cultiver la canne sur leurs terres pendant sept ans et contribuent à un tiers du coût. En contrepartie d?un paiement annuel de Rs 500 par arpent, l?Etat leur apporte tous les intrants, à chaque étape de la culture. Après l?épierrage fin de leurs terres, ce seront de nouvelles boutures de canne, avec un rendement supérieur en sucre, qui seront plantées. L?Etat s?assurera également de l?achat et de la distribution des herbicides fertilisants. Des systèmes d?irrigation seront installés sur des parcelles spécifiques.
Collaboration et savoir-faire de Fuel
Avec l?épierrage, la mécanisation sera facile, de la mise en terre des boutures jusqu?à la récolte. Au moment de la coupe, ce sont des moissonneuses qui raseront les cannes à la base. Moins de main-d??uvre sera utilisée. Et à la fin de la première année, selon les projections de la Mauritius Sugar Authority, le tonnage de canne et de sucre par arpent augmentera de 20 % et les coûts de production diminueront par la même marge.
?Le projet est viable. Je suis confiant de sa réussite. Sa concrétisation a été retardée car on posait la question sur les responsabilités de gestion des terres. Avec cette formule de sociétés coopératives, chacun d?entre nous sera appelé à jouer convenablement son rôle?, explique Esshan Rahimbaccus, gérant 25 arpents qui passeront sous la charge de la société.
Qui plus est, la participation de tous les partenaires de l?industrie sucrière est requise pour mener à bien le projet. Dans ce présent cas, l?établissement de Fuel apportera, gratuitement, son savoir-faire pour la supervision, la gestion et l?inspection des multiples étapes de la culture.
Le regroupement s?adresse aux plus vulnérables de l?industrie sucrière. Avec la chute de 36% des revenus en 2009-10, ces planteurs possédant moins de dix hectares, sont dans l?obligation de réduire leurs coûts de production tout en améliorant le rendement dans les champs. Alors que les propriétés s?y sont déjà mises, les 30 000 petits planteurs sont en retard. Certains cultivent toujours la canne selon la méthode traditionnelle, sans l?appui de la mécanisation.
Obligations
Déjà, un amendement législatif permet à quelque 8 000 de ces planteurs de se retirer de l?industrie de la canne pour vendre leurs terres en petits morcellements ou se lancer dans une culture agricole plus rentable. Ce projet de regroupement s?adresse donc aux planteurs qui continueront à dépendre de la canne. Ils représentent quand 12 000 hectares. Sous l?égide de l?Etat et des organismes parapublics de l?industrie, ils seront initiés aux nouvelles pratiques culturales impliquant moins de main-d??uvre et le recours à des cannes ayant un rendement supérieur.
Dans le plan stratégique pluriannuel pour réformer le secteur sucrier, soumis à l?Union européenne, le regroupement est un élément clé pour se transformer en une industrie de la canne viable. D?ailleurs, une somme de Rs 500 millions a été votée pour aider ces petits planteurs vulnérables à mécaniser et irriguer leurs terres.
Par ailleurs, le projet de Queen Victoria servira également de test pour les petites et moyennes entreprises dans la préparation des terres, la main-d??uvre saisonnière et l?accès des agriculteurs à des terres préparées pour la culture vivrière. ?En faisant, nous adressons le volet favorable aux pauvres, tel que défini dans le plan pluriannuel, en ligne avec les recommandations de l?Union européenne?, affirme un porte-parole du ministère de l?Agro-industrie.
Le revers de la médaille, cependant, reste l?obligation du planteur à cultiver la canne pendant sept ans. ?Admettons que j?ai des terres à Trianon, qui sont désormais gérées par une société. Même si ces lopins prennent une valeur commerciale sous forme de morcellement, je ne pourrai pas aller de l?avant?, fait ressortir Krishna Dwarka.
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