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Vent de changement sur les Seychelles
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Vent de changement sur les Seychelles
Les Seychellois vont aux urnes demain. Ils éliront leur président pour les cinq prochaines années. Reconduiront-ils au poste James Michel, le titulaire actuel ou voteront-ils l?alternance ? Selon certains observateurs, le prêtre anglican Wavel Ramkalawan, leader de l?opposition, risque fort de l?emporter cette fois. D?où l?intérêt de l?événement. Depuis son indépendance, il y a trente ans, les Seychelles n?ont pas connu d?autre régime que celui du Seychelles People?s Progressive Front de l?ancien homme fort du pays, Albert René.
Les élections dureront trois jours. Demain et samedi, les habitants des îles éloignées iront voter.Ceux des îles principales, Mahé et La Digue (où vivent 80% des Seychellois), le feront dimanche. L?archipel des Seychelles regroupe 116 îles et îlots, avec une population estimée à un peu plus de 81 000 personnnes, dont 64000 électeurs.
Outre le président Michel et son rival le plus sérieux, le prêtre Ramkalawon, l?avocat Phillipe Boulle est également en lice pour le poste de président qui cumule aussi les fonctions de chef de gouvernement. Lors des dernières élections en 2001, Albert René avait été élu par 54% de votes contre 45% pour Ramkalawon. Boulle avait récolté à peine un pour cent de soutien.
?Autrefois, la roupie seychelloise pouvait être échangée n?importe où dans le monde. A présent, elle ne peut acheter aucune autre monnaie. Pas même ici, aux Seychelles.?
Peu après, en 2004, le président René s?était retiré de la politique active et avait passé le témoin à son dauphin, James Michel. Depuis, c?est la première fois qu?une joute électorale se dispute aux Seychelles sans la présence d?Albert René au premier plan. D?où l?optimisme de l?opposition.
Concurrence au tourisme mauricien
Cet optimisme se fonde également sur le ras-le-bol des habitants par rapport au marasme économique dans lequel le pays reste enfoncé en dépit des réformes amorcées depuis dix ans. Derrière l?image carte postale de cet archipel réputé mondialement pour ses plages, se cache un pays qui peine à se remettre d?une récession et de dettes accummulées après des décennies de largesses pratiquées dans le passé.
Wavel Ramkalawan reproche au président Michel d?avoir failli dans sa tâche de reconstituer les réserves en devises étrangères du pays. Selon les estimations officielles datant de l?année dernière, ces réserves sont de USD 41 millions seulement. En revanche, ses dettes extérieures étaient estimées à USD 508 millions. Et la dette publique, elle, s?élevait à 167 % du produit intérieur brut. Les Seychelles ont perçu quelque USD 16 millions d?aide économique issue de la communauté internationale.
Pour l?opposition donc, le pays est en faillite. Le candidat Ramkalawon s?engage à désindexer la roupie seychelloise par rapport au dollar américain, même si cela entraînera une forte dévaluation de la monnaie locale. Il espère que cela va dynamiser l?économie et nourrir la relance.
Une telle initiative risque d?intéresser fortement Maurice. Actuellement, les Seychelles sont de sérieux concurrents pour le tourisme mauricien et ce, en dépit de leur réputation de destination très chère. Cette concurrence risque de se renforcer si l?opposition l?emporte lors de la présidentielle de ce week-end et l?idyllique Seychelles devenait plus abordable.
Officiellement, le dollar s?échange contre Rs 5,50 seychelloises. Il peut ramener jusqu?à Rs12 sur le marché noir, selon l?agence Reuters. Ce marché noir est justement le bouc émissaire favori du pouvoir. Les déboires économiques du pays sont régulièrement mis au compte d?un marché noir florissant.
?Autrefois, la roupie seychelloise pouvait être échangée n?importe où dans le monde. A présent, elle ne peut acheter aucune autre monnaie. Pas même ici, aux Seychelles?, s?indigne le candidat Ramkalawon, tel que rapporté par Reuters. La pénurie de devises a sérieusement entamé le pouvoir d?achat des Seychellois qui, selon cette agence, ne peuvent même plus se procurer les denrées de base.
Pour ne pas empirer la situation, les visiteurs étrangers ne sont pas autorisés à voyager avec plus de USD 400 comme argent de poche. Cette restriction, ajoutée à d?autres mesures de contrôle notamment sur les importations, n?est pas sans incidence sur l?économie de l?archipel qui dépend lourdement du tourisme. Quelque 120 000 vacanciers ont séjourné aux Seychelles, destination réputée chère, l?année dernière.
Le président Michel oppose un bilan plutôt encourageant à ses détracteurs. Il compte sur un certain ?feel good factor? induit par une certaine reprise de l?économie. L?industrie de la pêche est en pleine expansion, ayant surclassé le tourisme comme source de devises étrangères l?année dernière. Elle a rapporté USD 290 millions contre USD 235 millions générés par le tourisme.
Michel se positionne comme le champion des réformes structurelles qu?il affirme avoir accélérées. Le contrôle sur l?importation a été relaxé. La bureaucratie faisant obstacle à l?investissement étranger est traquée à tous les niveaux au plus grand bonheur des hôteliers mauriciens qui y ont piqué pignon depuis des années déjà. Le monopole de l?Etat est sérieusement compromis grâce à un programme de privatisation. La Banque centrale a été rendue indépendante? Le président sortant sollicitera un deuxième mandat pour pouvoir continuer sur sa lancée.
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