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Tout Madagascar dans un zoo
Les vacances sont bien là. À cause de la montée incessante des dépenses qu’occasionne un déplacement hors de la capitale, les parents cherchent d’autres alternatives pour occuper leurs enfants. Visiter le Parc botanique et zoologique de Tsimbazaza en est une.
Ce jour-là, à 9 heures, des groupes d’enfants, accompagnés par quelques adultes, arrivent au parc de Tsimbazaza. D’abord, passage au guichet installé près du portail d’entrée, pour acheter les tickets. “200 ariary pour les enfants malgaches de 6 à 11 ans et 400 ariary pour ceux dépassant 12 ans. Quant aux étrangers, il est de 4 000 ariary pour les moins de 11 ans et de 10 000 pour les plus de 12 ans”, rappelle le guichetier.
En franchissant le portail, la première impression est qu’on se sent loin de la ville, au beau milieu de la nature. Les lacs où flottent les nénuphars, les arbres sur lesquels le vent bruisse, les chants d’oiseaux et les cris troublants des lémuriens, tout cela crée un environnement particulièrement apaisant.
Les enfants courent vers les cages des lémuriens. Ils sont curieux de voir leurs gestes, qui ressemblent d’ailleurs à ceux des humains. Tels ceux de ces deux macaques qui se font un câlin, assis sur une branche. Dans une autre cage, les lémurs vrai rouge, dont un a été ramené par le président allemand, présentent leur spectacle en sautant d’une branche à l’autre. Car ils sont conscients qu’on les observe. Tout cela sur fond de cris qui s’entendent alentour.
Tout d’un coup, Eric, un petit garçon de quatre ans, pousse un cri et se met à pleurer. La vue d’un lémurien s’approchant de lui, lui fait peur. Juste à côté, un maki aux yeux turquoise frotte ses reins contre le grillage. “Il marque son territoire”, explique Joseph, le soigneur, tout en continuant à nettoyer la cage et les chambrettes de ces mammifères.
Que de beaux oiseaux</B>
Après s’être amusés des gestes fascinants des lémuriens, les enfants se dirigent directement vers le territoire des deux pygargues de Madagascar. L’un s’installe sur une branche artificielle sous forme de T et se met à lisser ses plumes. L’autre a plutôt l’air agité et vole ici et là.
Les enfants continuent leur trajet pour atteindre leur prochaine destination : les cages des oiseaux. Les couleurs arc-en-ciel des plumes des faisans dorés, accentuées par un décor irréprochable, attirent immédiatement l’attention des visiteurs. Il en est de même pour le paon. Les canards de Meller, quant à eux, préfèrent rester dans leur petit bassin, indifférents au froid persistant.
Tout au milieu du zoo, un crocodile du Nil sort de son bassin pour prendre un bain de soleil, la bouche grande ouverte. Les enfants le regardent, certains essaient même de le surprendre, mais le crocodile ne pense qu’à profiter du soleil hivernal.
À 11 heures, les soigneurs passent dans chaque cage pour donner à manger à leurs pensionnaires. Ils remplissent de provende, de fruits et légumes coupés en petits morceaux, de pistaches, les bacs à nourriture. Les pygargues, eux, ont un régime spécial. On leur sert du poisson entier cru dont ils avalent tout.
Sur leur territoire, les sangliers à poil raide se taquinent voire se mordent. En avançant toujours, on se retrouve aux rocailles, un lieu spécialement conçu pour mettre en valeur les plantes endémiques, pour la plupart originaires des régions arides du Sud, à l’exemple de ces longues épines de euphorabia et de didieraceae. On y trouve également des maquettes de maisons traditionnelles, une autre expression de la richesse de notre patrimoine national.
Un peu plus à l’écart, les autruches hautes de 2 mètres et les grosses tortues presque centenaires avec leur carapace résistante sont bien entourées. Si on respecte un itinéraire logique, le passage dans les allées aux palmiers est obligatoire. Il donne la sensation de se trouver sur la côte.
Des lémuriens nocturnes</B>
Le lac des échassiers avec les plantes qui y poussent, notamment la forêt de mangroves, et le petit pont qui le traverse, embellit le paysage. Tout y est vert et blanc. Plus loin, les lémuriens nocturnes s’abritent dans un bâtiment spécial, où la luminosité peut être réglée suivant les circonstances. “Par le biais des luminaires, on décale le jour et la nuit pour que les visiteurs puissent les observer, n’importe quand”, explique Haja, une responsable du département faune du Parc de Tsimbazaza.
Sous les doux effets de la lumière, les aye-aye, des espèces en voie de disparition, se sentent mieux et accomplissent des gestes quotidiens : saut sur les branches et grillages, manger, etc.
Pour terminer cette visite enrichissante, il faut passer par le bâtiment des reptiles, le vivarium qui imite leur milieu naturel mais avec des vitres pour protéger les visiteurs. Des lézards de différentes tailles et couleurs se promènent sur les branches. Les uns sont difficilement repérables, prenant la couleur des branches par mimétisme, alors que d’autres attirent facilement l’attention avec leurs couleurs très vives.
Le grand boa arboricole de Madagascar reste immobile. “Durant l’hiver, les reptiles sont en hibernation”, précise Haja. “Ils ne se nourrissent généralement qu’une fois par semaine”, poursuit-elle. C’est-à-dire avaler des poussins.
Après 3h 30 de temps, les visiteurs peuvent avoir un aperçu et apprécier la beauté de la faune et la flore malgaches. Pour passer plus de temps dans ce bel environnement, certains groupes de personnes y pique-niquent.
Du domaine royal au parc</B>
Tsimbazaza tire son nom de l’emplacement choisi par Andrianampoinimerina pour le rituel du “tampi-masoandro” qui marquait la fin du deuil d’un membre de la famille royale, pendant lequel seuls les bœufs royaux sont sacrifiés. La vallée de Tsimbazaza est alors confiée à des compagnons d’Andrianampoinimerina, en récompense des services rendus. Radama et sa femme Rabodonandrianampoinimerina (Ranavalona 1ère) aiment se promener en ces lieux reposant où des fleurs et des arbres provenant de différentes régions conquises sont plantés.
Lorsque Radama I aménage les quartiers de Fiadanana et de Soanierana, il fait creuser le lac Amparihy. Les soldats doivent y prendre un bain avant de se présenter devant le Roi, lors des revues militaires bimensuelles. Après sa mort en 1828, le lac laissé à l’abandon, se transforme en marécage. Son épouse et successeur Ranavalona l’utilise alors pour étouffer les nobles condamnés à mort, dont on ne peut verser le sang. Par la suite, la zone devient le lieu de parcage des troupeaux bovins de la noblesse.
Après l’annexion, le terrain est confisqué par l’administration coloniale. La propriété, d’abord répartie entre quelques dirigeants malgaches, sera choisie par la suite pour l’implantation du jardin botanique et zoologique.
Constatant la richesse et l’originalité de la faune et de la flore de Madagascar, d’une part, et la menace qui pèse sur la biodiversité, d’autre part, l’administration locale crée en 1925, sous l’impulsion des scientifiques, le Jardin botanique de Tananarive. Pierre Boiteau en dessine le plan.
<B>Un problème financier</B>
Grâce au soutien des amis du parc, l’établissement s’équipe progressivement en outillage scientifique. En 1973, l’Etat prend en main la recherche scientifique. Ainsi son appellation devient Parc botanique et zoologique de Tsimbazaza.
Actuellement, ses collections en faune sont constituées de huit espèces d’amphibiens, 22 de reptiles, 25 d’oiseaux, quatre de carnivores, deux d’artiodactyles et dix espèces de lémuriens. Quant à la flore, on y trouve les plantes endémiques du Sud, des palmiers et autres fleurs spécifiques.
“Tout cela est réalisé grâce à la collaboration entre le ministère de l’Education nationale et de la recherche scientifique et ses partenaires nationaux et étrangers qui interviennent surtout dans l’amélioration des infrastructures”, précise le Dr Haingoson Andriamilison, directeur du Parc. “Les prix d’entrée constituent notre principale source financière. Le Lundi de Pâques dernier, le jour où il y a eu le plus de visiteurs, nous avons perçu Ar 8 millions”, déclare-t-il.
“Afin d’assurer le bon fonctionnement du parc, nos actions se poursuivent dans la formation du personnel. Quoiqu'il en soit, notre problème majeur se situe sur le plan financier. Rien que pour la nourriture, nous dépensons plus d’Ar 6 millions par mois”, continue-t-il.
Le but étant de faire connaître et aimer les plantes et les animaux de l’Ile par ses habitants, ces derniers sont ainsi inciter à contribuer à leur sauvegarde.
<I>L’Hebdo de Madagascar</I>
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