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Les désaccords mèneraient à la fin du cycle de Doha

26 juillet 2006, 00:00

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Les négociations engagées dimanche à Genève entre six grands acteurs de l?OMC (Australie, Brésil, états-Unis, Inde, Japon, Union européenne) dans le cadre du cycle de Doha ont échoué, lundi 24 juillet, et ne reprendront pas à la fin de la semaine comme initialement prévu.

Le directeur général de l?OMC, Pascal Lamy, a recommandé aux 149 pays membres de l?organisation de ?suspendre les négociations? commerciales du cycle de Doha sine die, ?afin de permettre aux participants d?engager une réflexion sérieuse qui est clairement nécessaire?.

Interrogé sur la date d?une éventuelle reprise des négociations, entamées en 2001, il s?est borné à répondre : ?Le temps sera venu seulement quand les pays membres seront prêts à jouer le jeu.? ?Il est clair que la balle est maintenant dans leur camp?, a-t-il ajouté.

L?Union européenne, les états-Unis et les économies émergentes se sont mutuellement accusés lundi de l?échec des négociations. à la sortie de la réunion, la représentante pour le commerce américaine, Susan Schwab, a expliqué qu?elle avait maintenu sa position, exigeant une ouverture accrue des marchés tiers aux exportations agricoles américaines. ?Malheureusement, nos partenaires semblaient plus intéressés par des échappatoires que par l?ouverture des marchés?, a-t-elle expliqué.

Le commissaire au commerce européen a imputé l?échec des négociations aux états-Unis et à leur refus de réduire davantage leurs subventions agricoles. Selon lui, Washington a?jugé préférable de suspendre les négociations commerciales à ce stade?, un geste que ?l?Union européenne regrette profondément?. Réfutant les arguments américains selon lesquels l?ouverture des autres pays à leurs exportations agricoles était insuffisante, il a rappelé que l?UE était prête à offrir de baisser de moitié ses droits de douane en ce domaine et à réduire ses exigences en matière de protection des ?produits sensibles?. Peter Mandelson a toutefois assuré que l?UE ne renonçait pas à reprendre la négociation ?une fois que la fumée se sera éclaircie?, jugeant ?énorme? le coût politique d?un échec en cette période de tension internationale croissante.

<B>?Ce n?est pas loin d?être un échec total?

?Une suspension sine die, ce n?est pas loin d?être un échec total?, a jugé la ministre déléguée au Commerce extérieur française, Christine Lagarde, selon qui il ne faut en tout cas plus ?rien attendre dans l?immédiat?. Et d?estimer qu??on doit regarder maintenant les alternatives, c?est-à-dire les négociations plurilatérales de nature régionale?. L?ONG britannique Christian Aid a dénoncé dans un communiqué ?l?intransigeance égoïste des états-Unis et de l?Europe?, qui a ?finalement ôté toute chance de réussite à ces négociations commerciales qui étaient censées aider les pays en développement?. L?échec des négociations est ?presque une catastrophe?, a réagi le ministre des affaires étrangères brésilien, Celso Amorim, l?un des animateurs du groupe des pays émergents (G20), qui tente d?obtenir une baisse des subventions agricoles des pays riches, accusés de pénaliser les agriculteurs des pays pauvres en pesant sur les prix. Le Brésil réclame aussi une baisse des droits de douane imposés par les pays développés aux produits agricoles des pays du Sud.

Les 149 pays membres de l?OMC devraient décider s?il convient ou non de suspendre le cycle de négociations de Doha, ouvert en 2001 dans la capitale du Qatar, avec pour objectif de mettre en place un commerce mondial plus équitable envers les pays pauvres.

Un accord devait être trouvé avant la fin de l?année et l?expiration des pouvoirs spéciaux de négociation du gouvernement américain. Après cette date, le Congrès américain n?aurait plus à se prononcer sur l?ensemble du texte, et pourrait le détricoter point par point.

<B>© Le Monde 2006.

Distribué par The New York Times Syndicate.

AGRICULTURE

<B>Tricheries présumées sur les subventions</B>

■ L?OMC a dénoncé, avant-hier, la tendance de nombreux pays à tricher sur le montant des subventions qu?ils versent à tous les secteurs de leur économie, faussant ainsi les échanges mondiaux. Dans son ?Rapport sur le commerce mondial 2006?, le gendarme des échanges rappelle que ses 149 états membres doivent en principe lui notifier toute forme de subvention. ?Pourtant, peu respectent pleinement leurs obligations en matière de notification dans le cadre de l?OMC, ce qui fait que les renseignements sur l?utilisation et l?effet des subventions font gravement défaut et que la transparence dans ce domaine laisse à désirer?, déplorent les auteurs du rapport. D?après les estimations de l?étude, les pays du monde dépensent plus de 300 milliards en subventions chaque année. L?agriculture absorbe de loin la plus grosse part des aides d?état. Selon l?OCDE, les pays membres de cette organisation ont ainsi versé à leurs agriculteurs 284 milliards de dollars de subventions en 2005. L?OMC estime toutefois que les aides à l?agriculture sont désormais orientées à la baisse.

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