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Lorsque les éléphants se querellent...
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Lorsque les éléphants se querellent...
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Alors que Maurice et plusieurs États insulaires en développement font pression pour que les initiatives de ?aid for trade? (AFT) prennent forme, le cycle de Doha se voit suspendu. Les pays industrialisés et les grandes économies émergentes ne sont pas parvenus à résoudre leurs différences autour de l?agriculture.
La question d?aide au développement qui est censé être au c?ur du cycle des négociations entamées à Doha, au Qatar, en 2001, n?a jamais vraiment été une priorité, à la fois pour les pays développés que pour les grandes nations en développement. L?échec des négociations à l?Organisation mondiale du commerce (OMC) est une sérieuse indication que les intérêts des pays comme le nôtre risquent fort d?être lésés dans cette bataille entre éléphants.
Maurice et ses pairs avaient constitué le G90 lors de la réunion ministérielle de l?OMC à Cancun, en octobre 2003. Si le bloc a pu influencer les choses lors de cette conférence, l?on entend très peu parler de lui lors des dernières négociations critiques à Genève.
Les pays émergents (Brésil, Argentine, la Chine, l?Inde?), regroupés au sein du G20, tentent d?obtenir une baisse des subventions agricoles des pays riches. Ces subventions déforment le marché et pénalisent les agriculteurs des pays pauvres et ceux en développement. Le G20 milite également pour une baisse des droits de douane imposés par les pays riches aux produits agricoles en provenance du Sud.
L?Union européenne, les États-Unis et les grandes économies en développement s?accusent mutuellement de l?échec des négociations. Les États-Unis, selon les accusations européennes et celles du G20, n?ont pas fait assez pour réduire leurs subventions agricoles. Les Américains accusent les autres de ne pas ouvrir suffisamment leurs marchés à leurs produits agricoles.
L?organisation non gouvernementale britannique, Christian Aid, dénonçait en des termes très clairs ?l?intransigeance égoïste des États-Unis et de l?Europe qui a ôté toute chance de réussite à ces négociations commerciales qui étaient censées aider les pays en développement?. Entre les nations riches et les grands pays en développement, il y a des États comme le nôtre qui ont encore besoin soit des préférences commerciales, soit des aides au développement du genre AFT pour maintenir la croissance de leur économie. Si les protections commerciales sont appelées à disparaître dans la dynamique de la libéralisation, il faut des mesures d?accompagnement pour aider les pays affectés à s?ajuster.
Maurice a déjà subi les séquelles de la libéralisation commerciale dans deux de ses principales industries, à savoir le textile-habillement et le sucre. Les 25 000 pertes d?emplois dans le textile et plus de 10 000 départs à la retraite prématurée dans l?industrie sucrière enregistrés ces dernières années font craindre le pire quant à une ouverture des marchés sans garde-fous et supports nécessaires.
L?économie a besoin de soutiens financiers et techniques pour se diversifier et pour consolider ses capacités industrielles. Les grands pays ont le devoir moral et politique d?assister les pays qui essayent de s?ajuster aux nouvelles conditions du marché. Pour l?instant, il faut prier que la suspension des négociations n?entrave pas les revendications en faveur des AFT.
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