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La protection des enfants pèche par la prévention
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La protection des enfants pèche par la prévention
Anita Jolita, deux ans, violée et tuée le 3 juillet 2005. Anne-Jennia Arékion, quatre ans, morte de convulsions à la suite d?un choc. Anusha Banee, trois ans, morte de septicémie et de traumatismes multiples. Trois fillettes, trois morts suspectes. Le leader de l?opposition veut savoir ce qu?a fait le ministère de la Femme et du Développement de l?enfant et ce qu?il compte faire à l?avenir. C?était la Private Notice Question (PNQ) au Parlement, hier. Il y avait consensus : l?affaire est d?intérêt national.
La ministre Indira Seebun a beau évoquer les mesures prises par son ministère et son ?appel à la nation? de mercredi à la MBC, et Nando Bodha, de son côté, à revenir à la charge, il semble que le pays souffre d?une lacune au niveau des mesures préventives. La preuve : ce n?est qu?après la mort de ces trois fillettes que le ministère a été informé du problème. Tant ce dernier que ses départements peinent à détecter des cas d?abus et de maltraitance. Les mesures prises ont donc été de support et de suivi.
Le ministère de la Femme a donné du travail et un logement à la mère d?Anita Jolita, un support psychologique aux parents d?Anne-Jennia et a obtenu un protection order pour enlever le frère de la petite Anusha à la garde de sa mère et le mettre sous observation médicale.
Dans le cas d?Anita Jolita, les deux suspects, de 14 et 19 ans ont été inculpés après aveux. L?affaire sera entendue le 2 août. L?enquête policière est toujours en cours dans les deux autres affaires. Bien que quelques personnes aient été interrogées, la police n?a aucun suspect dans la mort d?Anne-Jennia Arékion, survenue le 6 juin. La mère d?Anusha Banee est en détention policière et son beau-père s?est suicidé. Pas d?autres suspects jusqu?ici.
<B>Support psychologique</B>
Indira Seebun affirme que dès que son ministère entend parler de cas de maltraitance, des officiers se rendent sur les lieux. Ils vérifient s?il y a d?autres enfants à risque, donnent un support psychologique si besoin est, enlèvent ces enfants aux parents abuseurs et les placent dans des abris. La ministre explique qu?autant que possible, les officiers essaient de ne pas déplacer l?enfant car cela peut provoquer un déséquilibre chez lui.
En ce qui concerne la prévention, la ministre semble penser que son appel à la nation, fait mercredi à la télévision, aura un effet positif. Elle affirme avoir pris contact avec les organisations non gouvernementales et qu?elle est ouverte aux suggestions concernant la prévention de la maltraitance et des abus des enfants.
La ministre parle du Child Mentoring Programme dans lequel des adultes sont formés pour aller visiter l?enfant dans sa maison et lui donner un support émotionnel et affectif, ainsi qu?à sa famille. Le ministère prévoit des campagnes de Community Child Protection et d?information et de communication. Il organisera un atelier de travail pour former et sensibiliser les enseignants à leur rôle dans la protection des enfants. Une trentaine de policiers de la brigade des mineurs sont aussi formés pour renforcer cette unité, explique Indira Seebun. La collecte d?informations dans des régions à risque sera aussi renforcée, de même que les patrouilles.
Nando Bodha a voulu savoir à quel point la réunion qu?a eue la ministre avec le commissaire de police, en août dernier, a été efficace. Indira Seebun réplique qu?elle a discuté du renforcement de la brigade des mineurs et de l?augmentation des patrouilles policières.
Puis, elle hausse la voix pour dire que mercredi, ?j?ai demandé à la masse et aux médias de rapporter tout ce qui peut sembler suspect. Une personne qui ne rapporte pas des informations qu?elle détient doit être condamnée d?une façon ou d?une autre?.
<B>?Moins de cas bientôt?</B>
Indira Seebun ne s?aventurera pas à répondre à l?interrogation de Bodha qui voulait savoir si le gouvernement avait l?intention d?amender la loi pour obliger les enseignants, les médecins et autres personnes à rapporter les cas suspects. Elle se dit ?stupéfaite? du peu de personnes qui dénoncent des cas suspects, et qui auraient dû savoir ce qui se passe dans leur environnement immédiat.
Bodha insiste et affirme que le problème concerne surtout l?éclatement de l?unité familiale. ?Ne croyez-vous pas qu?il faut être au chevet de la famille mauricienne ?? La ministre réplique que le 24 mai, elle avait organisé un atelier de travail pour demander la collaboration des parents. ?Je veux que les hommes aussi soient impliqués dans ce combat.?
Le député Alan Ganoo est d?avis qu?il est temps d?amender le Child Protection Act, datant de 1994, et d?y inclure l?obligation des tests ADN dans des cas sérieux. Le Premier ministre écoute attentivement. Le ministre de la Justice fait un signe d?approbation en murmurant ?pou fer sa?.
Indira Seebun affirme qu?effectivement, son ministère va bientôt présenter un tout nouveau Child Act qui prendra en considération tous les problèmes concernant l?enfant.
Leela Devi Dookun veut savoir comment le ministère détecte les cas suspects. Indira Seebun dit avoir sollicité l?aide des écoles, des associations parents-enseignants et des ONG. Elle ajoute que sans l?aide de toutes les personnes concernées, le ministère ne peut faire grand-chose. Elle est cependant positive : avec son Community Child Protection Programme, qui agira comme chien de garde, ?bientôt, il y aura moins de cas d?enfants à risque?. C?est la deuxième fois que la ministre affirme cet engagement de sa part. Elle avait déclaré, lors de sa prestation télévisée, que ?d?ici demain, il y aura moins de cas?.
C?était il y a une semaine.
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