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Ils sont dangereux...

26 juillet 2006, 00:00

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Remettons à leur place ces mandarins: ils n?ont pas le droit de faire ce qu?ils veulent tout simplement parce qu?ils ont été nommés par un gouvernement fort. Quand on dépense l?argent des contribuables, on a des comptes à rendre à la population.

Depuis qu?ils ont pris le commandement des institutions du pays, certains se considèrent comme les propriétaires des biens publics et estiment qu?ils n?ont aucun devoir de s?expliquer. Enivrés par l?arrogance du pouvoir, ils insultent les journalistes qui ne font que leur métier d?informer. Ils oublient que c?est le peuple qui est à l?origine du pouvoir qui leur est confié et que celui-ci a droit au respect et à la considération.

Le directeur général de Mauritius Telecom, se posant en seigneur (des ânons ?) fait partie de ces hommes du pouvoir qui ne daignent pas répondre aux questions que leur posent les citoyens par l?intermédiaire des journalistes. Interrogé par Patrick Hilbert sur les changements qui sont intervenus à MT (voir ?l?express? d?hier), Sarat Lallah répond avec un mépris royal : ?De quel droit vient-on me demander des explications ? Je fais mes explications à mon conseil d?administration et je m?en tiens à cela.? Puis, s?enfonçant un peu plus dans le ridicule, il demande : ?Je te téléphone, moi, lorsque ta compagnie fait une restructuration.? Bien sûr que non. D?abord parce que Sarat Lallah ne fait pas le même métier que le journaliste Hilbert. Ensuite parce que MT est une société dans laquelle l?Etat mauricien détient 60 % des actions, ce qui donne au contribuable un droit de regard sur la gestion de l?entreprise.

Certains potentats savent au moins esquiver les questions avec élégance et courtoisie. D?autres, plus rustres, ont un comportement qui n?est pas compatible avec les règles de civilité. Quand on lui demande des compléments d?information sur le communiqué de MT publié samedi dernier, le directeur général répond : ?Lis le communiqué. Je l?ai fait en français très simple. Si tu ne comprends pas, ça veut dire que t?as un grand problème.? Comment expliquer l?attitude de ce souverain autoproclamé qui se croit dépouillé de l'obligation de rendre compte ou de se justifier ? Du reste, son communiqué était illisible. On pouvait se demander s?il évoquait une épuration qui avait pour but d?évacuer ceux qui ne professent pas une allégeance aux travaillistes. Ou, au contraire, comme un licenciement des cadres peu performants, en étant tout de même stupéfait par l?absurdité de la révocation de Kresh Goomany, directeur exécutif de Cellplus, filiale la plus rentable de MT.

Ce n?est pas dans le même registre de l?arrogance, mais c?est avec le même esprit obtus que le directeur général de la MBC déclarait dans une interview publiée dans notre édition du samedi 24 juin que ?nous décidons de ce qu?ils vont voir de toutes les façons car c?est nous qui décidons de la programmation?. Faisant référence à une conférence de presse de Navin Ramgoolam diffusée simultanément sur les trois chaînes publiques, il affirme que ?nous avons décidé qu?il était temps que les gens réalisent ce qui se passe dans le pays?. Et puis le bouquet final : ?S?ils ne sont pas contents, ils peuvent éteindre la télévision.?

Grotesque fin de non-recevoir d?un côté et paternalisme condescendant de l?autre. Les effets de ces comportements peuvent être désastreux pour la majorité. On n?agresse pas l?opinion publique avec impunité.

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