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?Pa bliye nou rasinn?
Un peu réducteur, mais tellement vrai. Cette diaspora qui laisse à David Martial le souvenir de ?ceux qui nous demandent de ramener des boîtes de fromage Kraft et des ?mines? Apollo?.
Car après tout, que sont ces racines qu?ont cherché à ne pas oublier acteurs et participants du Symposium international ?Pa bliye nou rasinn?, qui s?est tenu une semaine durant à l?auditorium Octave Wiéhé ?
S?ils sont nombreux ceux qui ont tout fait pour dépasser le cliché, la caricature, voire le stéréotype du gâteau piment et et du séga, ces saveurs ont été trop souvent citées pour être ignorées ou balayées d?un revers de la main.
Alors que le débat sur le droit de vote de la diaspora mauricienne a attiré l?attention que mérite un sujet aussi sensible et important, d?autres considérations plus personnelles ont contribué à façonner l?identité parfois fugitive, parfois confuse, mais toujours riche des expatriés.
Nous en voulons pour exemple, la contribution de Soorya Gayan, intervenante principale à la session consacrée aux ?perspectives sociales? du symposium. D?emblée, c?est entre les fils barbelés de quatre termes opposés qu?elle a choisi d?évoluer.
Idée-forme, Forme-substance, Rêve-réalité, Prophétie-analyse. Un argumentaire placé sous le signe de la guérison. Des effets curatifs du retour au pays natal. Des bienfaits atteignables à une condition. Celle de ne pas ressasser le passé. Souvent hanté par des images douloureuses. Des blessures intimes pas encore cicatrisées malgré les années. Comment alors ne pas revenir sans cesse sur les raisons du départ ? Plus difficile à dire qu?à faire.
Et se concentrer sur l?essentiel : la (re)construction d?une identité par essence fragmentée. Frappée au coin de l?insularité. Explosée par les impératifs de l?adaptation. Voire les questions d?immigration clandestine.
Aller au-delà de ?l?horizon indépassable?. Et reconnaître, comme l?a fait Soorya Gayan, que les conditions pour rêver sont réunies. à condition que?
A condition que le rêve trouve sa source dans la réalité de ceux qui vivent ici, a fait ressortir l?intervenante. Avec énergie, elle a été rejointe en cela par Shakuntala Boolell, chargée de cours à la faculté des sciences sociales et humaines de l?université de Maurice. Stigmatisant les centres culturels, elle les a accusés d?avoir parcelliser l?identité mauricienne.
A condition de trouver les ingrédients du vivre-ensemble. Recette qui prendra certes plusieurs années à mitonner, raison de plus de s?y prendre dès maintenant. Une méthode nécessitant la transformation des mentalités, la capacité ( pour ne pas dire l?humilité) d?accepter ses limites. ?Nous ne devons pas prendre la diaspora pour un centre commercial?, a affirmé Soorya Gayan.
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