Publicité
ONG :les enfants d'abord
L?union fait la force, dit-on ! Six ONG, notamment l?Association des parents d?enfants inadaptés de Maurice (Apeim), le Centre d?éducation et de développement de l?enfant mauricien (Cedem), l?Organisation mondiale pour l?éducation préscolaire (Omep), le Mouvement pour le progrès de Roche-Bois (MPRB), la Young Men?s Christian Association (YMCA) et les SOS Children?s Village, se sont réunies pour parler d?une seule voix et agir de concert.
« Quand on travaille en réseau, on arrive à développer une synergie, une force, avec pour objectif le bien-être de l?enfant », déclare Somoo Valayden, représentant de l?Omep et président de Priorité Enfants. Ce collectif, qui s?apprête à recueillir les associations Adolescents Non-Formal Education Network (Anfen) et PILS, a été officiellement lancé le 8 juillet dernier.
Un premier pas pour avancer
À ce jour, le Mauritius Council of Social Service (Macoss) compte une affiliation d?une cinquantaine d?organisations défendant la cause des enfants. Mais dans la réalité, il y en a davantage. Les ONG sont légion. Pourquoi se forment-elles donc ?
« De plus en plus d?enfants subissent des abus sexuels et physiques et sont négligés. D?ailleurs les foyers recueillant les enfants à problème sont bondés et les cas divers ; ce qui peut aggraver la situation initiale », constate Dilshaad Chaumoo, Senior Social Worker de SOS Children?s Village et membre de Priorité Enfants. Elle ajoute que c?est dans le but de leur venir en aide que les ONG sont créées. La nature de cette assistance dépend de chaque association, qui traite d?un problème spécifique.
Par exemple, SOS Children?s Village prend en charge ceux qui sont abandonnés ou négligés par leurs parents, tandis que l?Apeim regroupe les parents des enfants inadaptés, sujets à des retards sur le développement, pour les encadrer. Quant à Cedem, il s?occupe des enfants maltraités, tandis que le MPRB se charge de ceux qui traînent les rues. D?autres ONG contribuent également à l?encadrement de ces jeunes pour contribuer à leur épanouissement et bien-être.
Que font-elles ? Peuvent-elles améliorer le sort de ces enfants ? Outre l?encadrement, Priorité Enfants démarre plusieurs projets, notamment l?évaluation du fonctionnement et la gestion interne des ONG dédiées aux enfants, la réalisation d?études sur les loisirs des petits, sur leurs révisions, la formation des personnes travaillant avec ces derniers. Il est également question de constituer une base de données sur les enfants ; ce qui serait un premier pas pour faire avancer les choses au niveau des autorités.
« Nous allons effectuer des enquêtes, voir pourquoi les enfants ne suivent pas les classes, échouent ou ne se rendent pas à l?école. Est-ce un problème au niveau de la famille ? Nous allons entrer dans certaines familles pour identifier les sources des problèmes auxquels ces enfants sont sujets à Maurice », indique Franchette Ah Yu, du MPRB. Un annuaire sera constitué avec les retombées des études menées de concert avec l?Observatoire des enfants.
« Mais cela va prendre du temps avant d?être effectif. Les résultats ne seront pas immédiats, mais seront visibles dans trois à quatre ans », ajoute le président du collectif, qui assure la formation des personnes travaillant avec les enfants. Pourquoi ce délai dans les actions ? La faute au manque de moyens financiers, indique notre interlocuteur. Ses propos sont réitérés par Komalsingh Rambaree, Lecturer in Social Policy à l?université de Maurice : « On a tendance à trop prendre les ONG comme une ?uvre charitable. Aussi les gens font le minimum pour apporter leur contribution. »
Le sujet requiert de l?expertise
Il ajoute que le manque de formation empiète aussi sur le travail de ces organisations. Car tout le monde ne peut travailler avec des enfants à problèmes. On peut avoir cette mission à c?ur, mais le sujet est sensible et requiert de l?expertise. « Il n?y a pas de véritable professionnalisation du travail social. Quand un proprié-taire de tabagie tient ses comptes, ça ne fait pas de lui un comptable. Il faut former davantage ces personnes qui veulent aider ces en-fants qui ont toujours été vulnérables. La société civile réalise davantage la situation », ajoute le Lecturer.
La non-régulation des ONG provoque un autre problème. Car beaucoup y voient une opportunité pour se créer une organisation lucrative ! « Il y a beaucoup de clubs et d?ONG fantômes qui sont fondées en vue de se faire de l?argent sur la tête des enfants qu?ils ne défendent même pas. Cela vient discréditer le travail accompli par les ONG qui elles travaillent réellement », souligne Franchette Ah Yu.
Pour Komalsingh Rambaree, il ne faut pas faire du social à des fins publicitaires, politiques ou personnelles. « Il faut que l?État marche de pair avec la société. Il doit y avoir un partage des responsabilités. L?enfant doit toujours être au centre des préoccupations de ces ONG, mais aussi des autorités concernées. »
Publicité
Publicité
Les plus récents