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Chikungunya : le protocole de vigilance renforcé
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Chikungunya : le protocole de vigilance renforcé
Comme l’indique le Journal de l’île de la Réunion (JIR) dans son édition de mardi, “le virus (du chikungunya, NdlR) semble se plaire à la Réunion. Il y a posé ces valises il y a plus d’un an et ne semble pas prêt de repartir. Voilà l’avis qu’on peut se faire à la lecture du dernier point épidémiologique.”
Cette semaine en effet, on estime encore à 600 le nombre de nouveaux cas symptomatiques du chikungunya, soit 200 de plus que la semaine dernière. Du coup, l’épidémiologiste à la celluleinterrégionale d’épidémiologie Réunion (Cire), Jean-Louis Solet, reste prudent et préfère parler dans les colonnes du JIR de “stabilisation à un niveau légèrement supérieur. Ce n’est qu’une estimation. Il est difficile actuellement d’avoir des chiffres très solides.”
Au total, rapporte le JIR, le nombre de chikungunyés à la Réunion depuis le début de l’épidémie atteint les 266 000 et les décès 238. Le dernier en date remonte à la semaine dernière : il s’agit d’une femme âgée de 86 ans qui présentait déjà plusieurs pathologies et qui a contracté le virus en février dernier.
Le message de prudence est donc toujours d’actualité pour les autorités : “La lutte contre les gîtes larvaires doit être maintenue”, souligne Jean-Louis Solet. D’où la présentation du protocole de vigilance renforcé du préfet.
Quatre grands axes</B>
Au lieu de passer au protocole d’hiver austral, les troupes restent plus que jamais mobilisées. “Concrètement sur le terrain cette semaine, cela représentait 1 221 personnes engagées dans la lutte anti-vectorielle (LAV), 11 sites émergents traités à 100 %, 69 cimetières et 138 ravines traitées.”
“Le nouveau protocole s’articule autour de quatre grands axes : le renforcement de la surveillance entomologique et épidémiologique, la systématisation de la LAV dans les zones urbaines, de manière à impacter plus efficacement la population des moustiques qui colonise un nombre de gîtes larvaires plus limité en raison des conditions météorologiques de l’hiver austral, l’application d’une intervention ciblée et graduelle autour des cas pour prévenir la transmission de la maladie et le renforcement de la mobilisation sociale”, indique Marie Payrard, du JIR.
<B>Le Canal</B>
RAPPORT
<B>“Crise sanitaire d’une ampleur inégalée”</B>
■ L’épidémie de chikungunya à la Réunion et à Mayotte n’est pas terminée, souligne la mission d’information de l’Assemblée nationale qui préconise de rester d’une extrêmevigilance en renforçant notamment le dispositif de veille sanitaire. Dans son rapport présenté mardi, le président et rapporteur de la commission mise en place en mars, le député UMP de la Réunion Bertho Audifax, rappelle que le virus, qui a frappé la région de l’océan Indien, a provoqué “une crise sanitaire d’une ampleur inégalée”: 165 000 personnes ont été touchées à la Réunion et 40 000 à Mayotte, soitenviron 30 % de la population.
Il ajoute qu’après un premier pic épidémique limité au printemps 2005, l’épidémie a “explosé” à la Réunion de la fin décembre 2005 au début janvier 2006 et qu’au plus fort de la crise, en février, on estimait à 45 000 le nombre de nouveaux cas hebdomadaires.
La mission souligne que l’épidémie n’est “toujours pas terminée” à la Réunion et à Mayotte et que si l’épidémie à commencer “à stagner” à partir de la mi-mars, le nombre de nouveaux cas chaque semaine était de l’ordre de 1 200 à la fin mai à la Réunion et de 600 pour la semaine du 19 au 25 juin.
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