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Ministres :Quelle performance ?
James Burty David,le stentor
La première mission que s?était donnée le ministre James Burty David après sa prestation de serment fut de « rétablir la démocratie régionale qui a été bafouée ». Dans un souci de profiter du dynamisme politique du moment, le ministre David a immédiatement été appelé au front pour la croisade qu?était l?amendement du Local Government Act. Mais l?organisation des élections municipales et celle des villageoises sont les seules actions notables qu?on retient de son ministère jusqu?ici.
Aussi louable que soit la virulente sortie du ministre David contre « le gaspillage » au sein des municipalités, on ne peut nier la teinte de règlements de compte entre opposants politiques, pendant la période précédant les dernières élections municipales.
Ainsi, restreindre les dépenses municipales semble être la seule solution du ministre pour parer au handicap ou à l?excuse d?être pénalisé au niveau des finances. Le ministre David choisit aussi d?évoluer dans la même structure administrative que son prédécesseur, n?alternant que ses proches collaborateurs.
Cet homme de lettres pousse ses interventions et activités au-devant de la scène de façon théâtrale. La presse est régulièrement appelée à être témoin de ses rencontres avec les représentants des différents conseils de l?île, mais la politique du long terme que chérit le ministre rend les médias timides en acclamations, car n?ayant pas grand-chose à se mettre sous la plume dans l?immédiat?
Dans l?arène médiatique, l?on retiendra surtout la sortie passionnée du ministre David contre l?histoire, imposant une motion à la municipalité de Port-Louis pour faire déplacer la statue d?Adrien D?Épinay. À présent, il veut savoir si le crâne de Ratsitatane repose bel et bien à l?Institut de Maurice.
Après l?Éducation, puis l?Environnement dans le premier gouvernement de Navin Ramgoolam, aujourd?hui l?histoire semble être un dossier auquel l?ancien recteur de collège, à la voix de stentor, semble s?intéresser au plus haut point...
Indira Seebun, la fougueuse
Indira Seebun n?a pas échappé au risque de maladresse qui, dans certains cas, ponctue les premiers pas des titulaires d?un poste ministériel. Dans son cas, c?est une maladresse provoquée plus par un désir débordant de bien faire qu?autre chose.
Cette mère de famille qui a dû prendre des responsabilités très tôt à la suite du décès de son époux n?a pas quitté son c?ur de femme et de mère à la maison sans pourtant être une féministe aveugle. Avec elle, le slogan « Put people first » n?est pas un vain mot. Son empressement et sa promptitude à trouver une solution immédiate à des problèmes ponctuels, comme c?était le cas après le décès de la petite Marie Anita Jolita, victime d?une agression mortelle, trahissent une tendance à privilégier le rôle de travailleur social au détriment deson rôle de ministre. Cette période d?apprentissage est maintenant chose du passé.
Indira Seebun ne fait pas partie de ceux qui, pour donner l?impression de bien faire, détruisent ce que leurs prédécesseurs ont fait. Avec elle, la continuité est garantie. À titre d?exemple, la stratégie visant à encourager l?esprit d?entreprise chez les femmes et à combattre la violence contre les femmes. Elle fait montre d?un esprit de collégialité. Elle consulte tant ses proches collaborateurs que ses techniciens.
Très sensible aux drames des familles, elle a marqué son empreinte par la présentation en mai du National Policy Paper sur la famille et l?introduction du concept de « family mentors ». Celui-ci consiste à désigner des personnes ayant des ressources et disposées à soutenir des familles à problèmes.
On lui reproche de trouver difficilement sa voie entre son droit légitime d?exercer ses prérogatives de « policy maker » et la nécessité d?agir dans le cadre des procédures administratives. Ce droit requiert bien souvent une volonté de bouleverser des habitudes qui font obstacles aux changements nécessaires. Sa peur alléguée de transgresser les procédures administratives l?emporterait sur cette énergie débordante qui constitue, dans son cas, un atout majeur pour marquer son passage dans ce ministère. Une peur qui découlerait d?une trop grande ouverture d?esprit à l?égard de ses plus proches collaborateurs. Cette peur finit par tuer l?esprit d?initiative.
On lui reproche d?être habitée par la crainte d?être perçue comme moins performante que ses autres collègues ministres. Même si son intervention a été déterminante pour désamorcer une menace de grève des boulangers au début de janvier, d?aucuns jugent que le département de la Protection des consommateurs pour gagner en efficience, devrait être détaché du ministère des Droits de la Femme, du Développement de l?Enfant et du Bien-Être de la famille.
Vasant Bunwaree, l?humaniste
Arriver à faire parler syndicalistes et patrons d?une seule voix, c?est quasiment impossible. Sauf quand on parle de Vasant Bunwaree, le ministre du Travail. Tandis qu?un syndicaliste loue son « côté plein d?humanisme et son sens de l?écoute », un représentant du patronat relève sa « maîtrise des dossiers ». Dont le principal depuis son entrée en fonction : la réforme de l?Industrial Relations Act.
C?est sans doute l?obsession du consensus que cultive Bunwaree qui lui vaut de figurer dans les bons cahiers des deux camps. Mais toute bonne chose a une fin. C?est avec une pointe d?inquiétude que les syndicalistes parlent ainsi de la perception selon laquelle ce n?est plus Vasant Bunwaree qui serait aux commandes des réformes de la loi du travail, mais plutôt Rama Sithanen et d?autres senior ministers du gouvernement. Ce qui fait même tiquer un représentant du patronat : « Les réformes des lois du travail doivent être discutées au ministère du Travail avec les partenaires sociaux et non pas par d?autres ministres. »
Selon certains interlocuteurs privilégiés du ministre, il n?aurait même pas été proprement informé de certaines mesures budgétaires liées aux lois du travail. Comme la refonte de l?Industrial Expansion Act gouvernant les conditions du travail dans la zone franche.
Pour avoir annoncé (par nostalgie ?) une mesure budgétaire, selon laquelle le gouvernement allait, dans le budget 2006-2007, tenir sa promesse électorale de ne plus faire payer de taxes à ceux touchant jusqu?à Rs 25 000, Vasant Bunwaree s?était fait taper sur les doigts au Conseil des ministres. Depuis il se montre très précautionneux dans ses déclarations publiques?
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