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Galana démantèle sa raffinerie
“Trop désuète et pas rentable, en réalité, la raffinerie nous faisait perdre de l’argent ”, souligne d’emblée Gérard Rajaonary, directeur général de la compagnie. D’après ses explications, la raffinerie de Toamasina, érigée en 1966, ne répond plus aux normes exigées malgré les quelques vingtaines de millions de dollars que Galana a injectés pour son entretien. Un rapport sorti en 2004 est d’ailleurs allé dans ce sens, accusant la compagnie de polluer l’environnement. Le gouvernement a alors intenté un procès à la société.
“Si ce risque existait, il aurait existé depuis maintenant 40 ans”, plaidait pourtant l’année dernière Me Philippe Goossens devant le tribunal de Toamasina. “En fait, il n’y a aucun risque dans la mesure où, durant le procès, sur le demi-million de personnes vivant à Toamasina, aucune personne n’est venue témoigner à l’audience, pour prouver, certificat médical à l’appui, qu’elle a été malade du fait d’une éventuelle pollution due à Galana”, avait-il soutenu. Mais apparemment, ce procès a eu raison de la raffinerie, dont les installations sont d’ailleurs jugées antédiluviennes par ses dirigeants.
Une raffinerie doit actuellement disposer d’une capacité de production de 10 millions de tonnes par an pour être rentable. Or, celle de Toamasina ne peut raffiner que 550 000 tonnes. “Même si Madagascar devient un pays producteur, la consommation interne annuelle ne justifierait jamais la construction d’une terminale d’une telle capacité”, explique le directeur général. La Grande île doit désormais importer des produits raffinés qui coûtent également plus cher, à moins qu’une autre compagnie ne daigne reprendre le flambeau. “Mais cela ne pourrait se faire que dans dix ans au plus tôt”, estime Gérard Rajaonary. Actuellement, la marge de raffinage avoisine en général 15 % du prix du litre d’essence à la pompe. Le coût de raffinage dépend en fait des types de produits à distiller, gasoil, super ou autres lubrifiants.
En réalité, la compagnie a déjà arrêté les machines depuis 2004. “Les installations seront démantelées progressivement et les matériaux mis en vente”, déclare un responsable de Galana raffinerie. D’ailleurs, la société est déjà à pied d’œuvre dans un autre projet qui consistera à étendre la capacité de stockage du terminal pétrole de Manangareza. “Nous y investirons jusqu’à 10 millions de dollars”, révèle Gérard Rajaonary. Galana pense rentabiliser cette somme en récoltant auprès des quatre compagnies distributrices un droit de passage de 12 dollars par mètre cube.
La compagnie a obtenu, au mois de février dernier, le permis environnemental sur ces extensions. De nombreuses améliorations prévoient ainsi la réception des tankers jusqu’au stockage des produits. “Ces investissements augmenteront la capacité de stockage”, affirme le directeur général qui reconnaît, cependant, le coût humain des travaux.“Chaque foyer sera relogé et indemniser comme il se doit”, rassure-t-il. En tout, 130 familles installées aux environs des pipelines devront migrer pour des raisons de sécurité. Une commission spéciale gère cette série d’expropriations qui a commencé en début d’année.
<B>Mamelasoa RAMIARINARIVO</B>
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