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Les priorités de la réforme divisent l?Etat et l?industrie sucrière
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Les priorités de la réforme divisent l?Etat et l?industrie sucrière
L?industrie sucrière et le gouvernement ne partagent pas les mêmes inquiétudes. Tandis que la première est préoccupée par le financement de la reforme et la politique énergétique, le second place au centre de ses priorités la participation des planteurs et travailleurs dans les nouvelles activités cannières.
C?est ce qui ressort des discours du ministre de l?Agro-Industrie, Arvin Boolell, et du président sortant de la Chambre d?Agriculture, Christian Foo Kune, lors de l?Assemblée générale de cette institution hier. D?emblée Christian Fook Yune devait évoquer les craintes de l?industrie sucrière par rapport à deux éléments cruciaux de la restructuration de l?industrie sucrière : l?un concerne le caractère indissociable de la centralisation et des projets énergétiques et l?autre le financement.
Le président sortant de la Chambre d?agriculture commence par rappeler que le plan multi-annuel pour la restructuration de l?industrie sucrière est le fruit d?une stratégie dégagée communément par le gouvernement et l?industrie sucrière pour permettre a cette dernière de survivre à la baisse de 36% du prix du sucre. Or, dans ce plan, la centralisation et les projets de production d?énergie électrique à partir de la bagasse vont de pair.
?L?effort ultime de centraliser toute l?industrie autour de seulement quatre usines d?ici 2010 n?est viable que si la valorisation de la bagasse en tant que source énergétique est optimisée... Sans cette possibilité de développer des centrales thermiques utilisant la bagasse et le charbon en période hors récolte, l?investissement additionnel en capacité de production de sucre n?est pas économiquement viable?, poursuit Christian Foo Kune. Pourtant l?industrie sucrière est toujours a la recherche de clarification sur la politique énergétique du gouvernement.
Un comité de haute instance a été mis sur pied pour étudier la question. ?Et nous attendons avec impatience la conclusion des travaux de ce comité et espérons que les recommandations finales de ce High Powered Committee viendront soutenir le développement et le maintien de notre industrie de la canne à sucre?, déclare Christian Foo Kune.
Dans son mémorandum pré-budgétaire, l?industrie sucrière s?était dit inquiète que le gouvernement avait donné son accord de principe à un opérateur malais pour la construction d?une centrale thermique brûlant uniquement du charbon.
Réfléchir différemment
Répondant à Christian Foo Kune, Arvin Boolell a dit comprendre ?les liens organiques entre la centralisation et la génération d?énergie électrique. Je sais que la centralisation est adossée aux projets de centrale electrique. Mais il nous faut veiller à ce que nous développions une approche participative afin de mitiger les pertes découlant de la baisse du prix du sucre. Mon appel est qu?il faut que toutes les parties prenantes soient on board. Il nous faut réfléchir différemment.?
Ce dernier exhorte l?industrie sucrière à accepter une participation des travailleurs et des planteurs dans le capital des sociétés qui seront appelés à développer les nouvelles activités autour de la canne telles que la production d?éthanol et la génération d?électricité à partir de la bagasse, entre autres.
Cet appel du ministre Boolell n?est pas innocent car on sait que la participation des planteurs et travailleurs dans les nouvelles activités de l?industrie cannière fait tiquer plus d?un à la Plantation House. Si ce n?est pas du arm twisting cela y ressemble. Le ministre de l?Agro-Industrie a fait comprendre qu?il souhaite qu?une partie des ressources financières qui seront obtenues de l?Union européenne aille en priorité aux planteurs et travailleurs de l?industrie sucrière afin de prévenir toute tension sociale, dit-il.
Rs 25 milliards pour réformer
Les premiers perdants seront les travailleurs et les planteurs, argue-t-il. Il y a, par exemple, 5 000 hectares de champs de cannes qui se trouvent en terrain difficile et 3 000 hectares auront à être convertis à d?autres fins.
Sur le plan du financement de la restructuration, l?industrie sucrière s?inquiète. Maurice ne bénéficiera que de 6,5 millions d?euros pour l?année 2006 alors que les investissements requis s?élèvent à 95 millions d?euros.
Même chose pour 2007 : l?aide promise tournerait autour de 25 millions d?euros tandis que les besoins s?élèvent à 125 millions d?euros. Au total, Maurice peut s?attendre à une aide de Rs 8 milliards. Ce qui ne représente qu?un tiers des besoins identifiés qui s?élèvent à Rs 25 milliards, s?inquiète Christian Foo Kune.
Le ministre Arvin Boolell se dit conscient de cette différence criante entre l?aide européenne et les besoins identifiés. Mais il se dit optimiste que le pays saura trouver les fonds nécessaires à travers les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux. Il rappelle que le ministre des Finances, Rama Sithanen, partira bientôt en tournée pour présenter un Country Strategy Paper afin de lever Rs 150 milliards pour financer la restructuration de l?économie sur les dix ans à venir. L?industrie sucrière espère que cette opération marchera.
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